lundi 27 avril 2026

L'Éveil des Cimes : Entre Vertige et Désillusions

Ce matin, dès l'aube, Marrakech n'était déjà plus qu'une silhouette ocre s'estompant avec nostalgie dans le rétroviseur. Nous avons quitté notre petit village, laissant derrière nous nos précieux gardiens de l'ombre et la chaleur des amis, avant que le soleil ne reprenne son assise de plomb. C’était une fuite nécessaire, un adieu à la fournaise pour offrir enfin à ma carapace le baiser frais et salvateur de l’air matinal.

Alors que les notes vibrantes de «L'avenir» suivies de celles, si opportunes, de «Voyageur» résonnaient dans l’habitacle comme un hymne à la liberté, nous avons dévoré les premiers kilomètres d’asphalte. Le cap était mis vers le Nord-Est, et avec lui, la promesse de découvertes inédites.

Juste avant d'affronter les contreforts montagneux, j'ai aperçu, suspendues dans la brume laiteuse, des montgolfières. Telles des bulles de silence, elles semblaient nous narguer. «Quelle chance !», me suis-je dit. Il me faudra pourtant patienter jusqu'à l'an prochain pour goûter à cette ivresse d'altitude ; après tout, chaque dizaine franchie est un présent qui s'apprécie au sol avant de s'envoler.

Le paysage s’offrait alors dans une splendeur exceptionnelle : un puzzle pharaonique de céréales aux teintes changeantes, bordé de champs de fleurs sauvages, des éclats violets, des touches d'or et le rouge sang des coquelicots. Un chef-d'œuvre éphémère, non signé, offert gratuitement au plaisir des yeux, que j'emporte avec moi comme un trésor dérobé au temps.

Mais la poésie a ses limites, souvent fixées par l'état de la chaussée. En voulant saluer le lac d’Aït El Bakoure, nous avons découvert une route capricieuse, truffée d'aspérités et de bosses. Par endroits, le ruban de bitume se faisait si étroit qu'il ne restait qu'une seule voie pour deux destins. Malgré mes prières, un titan des routes est apparu en sens inverse. Il a fallu jouer les équilibristes, frôlant le bas-côté dans une lenteur de métronome. Quelle ne fut pas notre surprise en atteignant le «camping» promis : une aire de terre battue, pelée, jonchée de scories, sans la moindre ombre salvatrice et avec une électricité fuyant à quarante mètres de là. Un bien grand mot pour un bien triste lieu !

Dans un quiproquo de direction, nous avons gravi la montagne pour mieux la dévaler, entamant malgré nous une circonvolution forcée autour du lac. Si la vue était imprenable, mon chauffeur, lui, était devenu insaisissable dans sa rouspétance ! Nous avons dévoré les lacets, enchaînant les courbes sur une piste que ma carapace aurait volontiers troquée contre un châssis de 4x4.

D’en haut, la perspective changeait de dimension : le monde semblait appartenir aux géants. Les villages, nichés au creux des vallées, apparaissaient minuscules comme des figurines de Playmobil, tandis que la route serpentait tel un fil de soie fragile, suspendu au-dessus du vide abyssal. L'air, plus vif, apportait avec lui l'odeur brute de la roche et de la terre remuée, contrastant avec le grondement sourd de notre moteur qui peinait dans l'ascension.

À Béni Mellal, nos souvenirs de la Gendarmerie Royale et de son parking accueillant ont été balayés par des barrières infranchissables. La ville nous a alors entraînés dans son labyrinthe. Mon lièvre au volant, multipliait les virages à droite et à gauche sous une chaleur redevenue souveraine. Un sauveur providentiel nous a finalement escortés jusqu'à un parc, pour nous apprendre que le repos y était interdit après minuit.

Dépités, mais l'esprit encore plein des images resplendissantes du lac et des parcelles cultivées, nous avons repris le ruban de l'asphalte en direction de Khénifra. C’est finalement sur le bitume anonyme d'une station-service que ma carapace a trouvé son repos pour la nuit. Le luxe est parfois simplement de s'arrêter, loin des précipices, pour laisser les images du jour décanter dans le silence de la nuit.

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«Voyager, c’est s’attendre à l'imprévu et l'accueillir comme un invité de passage.»

Anonyme

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Vous aimez jouer ? Alors retrouvons-nous le 30 avril pour un nouveau quiz, il y a aura 10 indices. Attention cette fois je me tairai sur vos réponses. Le résultat sera en ligne le 13 mai.

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Mes clichés pèle-mêle : 










Béni Mellal vue d'en haut





Dans la brume du matin

Nous sommes à Kasba Tadla

Il n'était pas content, mais surtout fatigué...


Que les paysages sont magnifiques...

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

dimanche 26 avril 2026

Entre Ciel et Terre : L'Odyssée Marrakchie

Avant de clore définitivement nos bagages, il me faut vous conter notre odyssée d’hier soir. Lovés dans la carapace de nos amis, bercés par les effluves mêlés de nos parfums, sillage élégant où le musc du Lièvre rencontrait les notes fleuries de nos hôtes, nous avons plongé tête baissée dans ce que j'appellerais «l'enfer des boulevards» de Marrakech.

Devant nous, la nuit s'illuminait d'un ruban de lumières rouges, procession de feux arrière défilant en un mouvement perpétuel. Mais c'est dans le sens inverse que la folie pure s’est révélée. Une marée de véhicules s'agglutinait avant chaque rond-point, là où les parterres de fleurs éclatantes semblaient ironiquement paisibles face au chaos. Au milieu de ce tumulte, des policiers, impeccables dans leurs uniformes sombres tranchant sur la blancheur de leurs chemises, s'agitaient pour réguler le trafic, tels des petits poussins courageux égarés dans une basse-cour en plein délire !

La raison de ce séisme urbain ? Le grand stade s'apprêtait à vibrer pour un duel de titans entre Marrakech et Casablanca. Entre les klaxons stridents, nous observions, ébahis, nos congénères entassés comme des sardines dans des bennes ou chevauchant des mobylettes à quatre ou cinq, voire plus, défiant toutes les lois de l'équilibre. Pourtant, sur les terre-pleins verdoyants, le calme régnait : des familles entières, fuyant la chaleur de leurs foyers sans climatisation, dînaient sereinement sur des couvertures à la belle étoile, indifférents au vacarme des moteurs.

Arrivés au cœur de Guéliz, notre chauffeur s'est engouffré dans les entrailles d'un parking souterrain. La descente en colimaçon, digne d'un manège de fête foraine, nous a arraché des rires d'enfants ! Nous visions les sommets : le Sky Bar de «La Renaissance», perché au 7ème étage. Si l'accueil fut décevant, la vue, elle, était absolument impériale.

En nous penchant au-dessus de la balustrade, nous avons été saisis par la perspective du grand boulevard qui s'étirait à nos pieds. L'horizon s'ouvrait sur une mer de toits ocre, ponctuée par la silhouette graphique d'un agave solitaire et les touches mauves des jacarandas en fleurs. Sous cette lumière rasante, les façades s'enflammaient d'un orangé incandescent, transformant la ville en un puzzle de terre cuite baigné d'or. Cette plongée vertigineuse me faisait irrésistiblement penser à la Place de l'Étoile vue du haut de l'Arc de Triomphe : un panorama à 360° où Marrakech semblait nous appartenir, juste avant que la réalité du service ne nous rattrape. Dans ce décor sans nappe, au service fantomatique, il fallut quémander chaque verre, tandis qu'un cendrier débordant de mégots nous servait de centre de table. Le comique de situation atteignit son comble lorsqu'un second serveur nous présenta une carte... pour nous annoncer que rien n'était disponible. Rien de rien.

Dépités mais hilares, nous avons repris notre manège souterrain pour ressortir au «Tire-Bouchon». Quel contraste ! Dès le seuil, la haute façade de verre, rythmée par de fines boiseries, nous a enveloppés de sa lumière ambrée. Les globes de cristal suspendus au plafond semblaient flotter dans l'entrée comme autant de petites lunes d'intérieur. C’est là qu'un portier à la peau sombre et au costume impeccable nous a accueillis. Son sourire, d'une blancheur éclatante, rivalisait avec celle des nappes qui nous attendaient à l'intérieur.

Le ballet des serveurs en noir était un régal de précision. Le premier enchantement vint avec l'entrée : mon avocat aux crevettes, une composition graphique où quatre pièces rosées semblaient danser sur un lit d'avocat onctueux, décoré d'arabesques de balsamique. Puis, l'apothéose arriva avec le plat principal : un filet de bar nacré, dont la peau dorée disparaissait sous une sauce onctueuse et parfumée. Il reposait à côté d'une mousseline de légumes d'une finesse absolue, escorté par un bouquet de légumes du marché, colorés et croquants. Un quartier de citron, tel un éclat de soleil, n'attendait que d'être pressé pour réveiller les saveurs marines. Entre l'œuf poché parfait de mes amis et le foie de veau persillé, ou le filet de bœuf de Phil, les mets étaient aussi succulents que les assiettes étaient copieusement dressées.

La soirée fut une apothéose d'amitié, savourée précieusement avant nos retrouvailles l'an prochain. Mais Marrakech nous réservait un dernier acte, plus sombre et électrique. Pour le retour, le défilé des véhicules avait changé de camp et la tension était montée d'un cran. Sous les éclats blancs des lampes incrustées dans la chaussée, les supporter hurlaient leur joie avec une ferveur paradoxale, car le score final était resté figé sur un nul, zéro à zéro. Ici et là, l'envers du décor nous rattrapait brutalement : les gyrophares des ambulances lacéraient l’air de leurs éclats saccadés, tandis que des policiers s'affairaient autour de tôles froissées et de mobylettes à terre. La ville, dans toute sa fureur, sa violence et sa splendeur, nous criait son dernier adieu.

Ce matin, l’heure n’est plus aux paillettes mais au pragmatisme du départ. Ma carapace se prépare à reprendre la route. Nous rangeons méthodiquement le salon de jardin et enroulons la banne protectrice. Phil, armé d'un seau et d'un balai, a courageusement gravi son échelle pour atteindre le toit ; il en efface le voile de sable déposé par le désert, rendant aux vitres leur horizon limpide. Quant au tapis qui a si bien accueilli nos pas, il est désormais roulé et solidement arrimé sur le porte-vélo, prêt à nous suivre dans nos nouvelles aventures.

J'effectue une dernière vérification dans les coffres pour m'assurer que tout est bien calé : le silence des objets immobiles est le signe du départ imminent. Pour clore cette escale en douceur, les fourneaux resteront éteints. Ce soir, nous nous attablerons une ultime fois au restaurant de notre petit village, savourant la quiétude du lieu avant le grand saut. Nous irons saluer une dernière fois la paillote, dont les lumières changeantes colorent la nuit, et nous imprégner du calme enfin retrouvé de la piscine, miroir immobile sous les étoiles. Phil et moi nous penchons maintenant sur la carte routière du Maroc et le GPS. Le tracé est précis, la direction est prise, mais je garde encore jalousement le secret de notre prochaine escale... à découvrir dans le prochain chapitre.

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«Le voyage, c’est d’aller de soi en soi en passant par les autres.»

Proverbe Touareg

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Vous aimez jouer ? Alors retrouvons-nous le 30 avril pour un nouveau quiz, il y a aura 10 indices. Attention cette fois je me tairai sur vos réponses. Le résultat sera en ligne le 13 mai.

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Le Sky Bar de «La Renaissance», perché au 7ème étage

En nous penchant au-dessus de la balustrade,
nous avons été saisis par la perspective du grand boulevard
qui s'étirait à nos pieds

Cette plongée vertigineuse me faisait irrésistiblement
penser à la Place de l'Étoile vue du haut de l'Arc de Triomphe

«Tire-Bouchon». Quel contraste !

...mon avocat aux crevettes...

Un filet de bar nacré...

Nouvelle lecture pour Phil

Nous allons faire la route ensemble !

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

samedi 25 avril 2026

L’Ultime Chant de Marrakech

C’est le dernier week-end sous l’ombre bienveillante des jardins de Marrakech. Derrière nous, une parenthèse enchantée où le temps a suspendu son vol, même si, je l’avoue, le thermomètre a parfois joué les apprentis sorciers. J’ai bien cru, lors de certains après-midi incandescents, que ma carapace finirait par fondre tel un caramel oublié au soleil ! Phil, mon lièvre de compagnon, a eu plus de chance : il lui suffisait de se terrer dans quelque recoin ombragé pour échapper à la morsure du jour. Désormais bronzé comme un Dieu antique, il abandonne non sans un pincement au cœur son fauteuil d'arbitre sur le terrain de pétanque, laissant les boules s'entrechoquer sans son verdict.

Je vous ai conté, au fil des jours, ce petit théâtre de la vie : l’odeur de la terre assoiffée qui exalte le parfum des fleurs après l'arrosage, la vapeur fumante d'un thé à la menthe dont les feuilles fraîches dansent dans le verre, et ce gazouillis incessant des oiseaux qui semble ponctuer le clapotis régulier de la piscine. Je garde en mémoire nos incursions dans le labyrinthe de la Médina, la splendeur du Musée de Marrakech ou encore les trésors du Musée du Patrimoine, témoins d'une histoire millénaire. Je revois aussi la cohue indescriptible du centre-ville, ce carrefour vibrant où la population mondiale semble s'être donné rendez-vous, se croisant et se bousculant dans un tourbillon de couleurs et de langues. Au milieu de ce tumulte humain, la valse des voitures dessinait une chorégraphie de carapaces d'acier où l'art de la conduite devenait une gymnastique de haute voltige. Mais je ne voudrais pas risquer l'ennui en vous proposant un medley trop long de nos aventures passées.

Nous emportons avec nous le souvenir précieux de nos «gardiens de l’invisible», ces ombres attentives qui veillent sur le repos des voyageurs. Un immense merci à toute l’équipe de notre petit village ; nous nous apprêtons à quitter un havre pour en rejoindre un autre, un peu plus loin, un peu plus frais. Mais ne nous cherchez pas de demeure fixe : cette fois, c’est l’itinérance qui nous appelle.

Nous abandonnons derrière nous le tapis d’or des mimosas, dont le parfum poudré embaume encore nos adieux. Nous laissons à regret les couleurs flamboyantes des bougainvilliers, la noblesse des rosiers et la silhouette immuable des palmiers et des oliviers qui ont bercé nos journées. Bientôt, le rose tendre des lauriers s'effacera pour laisser place au ruban noir et austère de l’asphalte. Quant à notre destination… je la garde encore précieusement à l’abri de ma coquille. Un peu de mystère est, après tout, le meilleur des bagages pour vous emmener, dès lundi, à la conquête de nouveaux paradis.

Mais avant de clore ce chapitre, une ultime veillée nous attend, comme un bouquet final à notre séjour. L'heure est déjà aux préparatifs. Phil a opté pour une élégance décontractée : un polo d'un blanc immaculé qui soulignera son teint hâlé, rehaussé par les détails subtils d'un col bleu marine. Sur son cœur, une petite ancre brodée semblera déjà lever l'ancre pour lundi, un symbole presque prophétique au-dessus de son jean classique.

Quant à moi, je me parerai d'un bleu infini, hommage royal au ciel marocain, avec un chemisier long au col officier raffiné. Il viendra sublimer une blancheur éclatante : ma jupe juponnée à volants, dont la dentelle délicate semblera avoir capturé la clarté du soleil. On imagine déjà cette fleur de coton onduler au rythme des mélodies d'Abeer Nehme, faisant ressortir l'éclat de ma «peau de bébé» retrouvée. C’est une tenue de «Reine de la Médina» pour cette dernière escale, un dernier éclat de rire partagé avant que nous ne pliions bagages, rangeant tapis, tables et chaises, demain, pour nous envoler vers de nouveaux horizons lundi... Je vous en conterai chaque détail dans mon prochain chapitre.

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«Le voyage est une espèce de porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.»

Guy de Maupassant (1850 – 1893), écrivain et journaliste littéraire français

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Vous aviez les 13 indices du quiz, avez-vous trouver la solution ? Je vous rappelle les indices :

  1. Je suis le doyen.
  2. Je suis une anomalie visuelle.
  3. Personne ne peut connaître mon âge.
  4. Je suis un réservoir vivant.
  5. Ma silhouette est en forme de «bouteille».
  6. Mes fleurs blanches ne s'ouvrent qu'à la tombée de la nuit pour être pollinisées par des chauves-souris.
  7. Je sers de lieu de justice et de réunion pour le village.
  8. Mon fruit est comestible et très nutritif est populairement appelé le «pain de singe».
  9. Aujourd'hui, certaines de mes espèces déclinent à cause de la consanguinité et du changement climatique.
  10. Mes origines sont de Madagascar.
  11. Mon surnom malgache est «Reny ala».
  12. Mon nom scientifique est Adansonia.
  13. Je suis une source de vie.

Je ne suis pas un accent circonflexe ^, ni la cataracte, ni le soleil, ni le temps, ni l'univers, ni l’œil, ni la terre, ni la mer, ni le chêne, ni le tilleul, pas plus l'orme ou encore de la vanille.

Mais, je suis bien le baobab

Bravo Brigitte, Ahmed, Francine, Amédée, Blandine, Lysiane et toutes les personnes qui se reconnaîtront.

Surnommé «l’arbre à l’envers» pour ses branches qui, à la saison sèche, semblent implorer le ciel comme des racines nues, le baobab (Adansonia digitata) est un titan millénaire. Véritable géant de l'Afrique et de Madagascar, ce monument végétal peut traverser les siècles jusqu’à 1.200 ans. Son histoire s’ancre dans la terre profonde il y a plus de 20 millions d’années, bien que ses racines génétiques remontent, selon les dernières études, à une lignée née il y a 41 millions d'années sur l’Île Rouge.

Sa silhouette, massive et insolite, cache un secret de survie : un tronc spongieux et fibreux, véritable éponge vivante capable d’emprisonner jusqu’à 120.000 litres d’eau. Cette réserve prodigieuse (environ 650 litres par mètre cube de bois) lui permet de défier les brûlures de l'aridité. Revêtu d’une écorce lisse aux reflets bleutés, son tronc en forme de bouteille peut atteindre 25 mètres de haut et plus de 20 mètres de circonférence. À ses pieds, ses racines s’étirent comme de longs bras invisibles jusqu’à 50 mètres du tronc, puisant la moindre rosée à fleur de terre.

Baptisé Adansonia par le botaniste Michel Adanson au XVIIIe siècle, il tire son nom vernaculaire de l’arabe «bu hibab», le fruit aux mille graines. À la nuit tombée, il déploie de grandes fleurs blanches pendantes, dont le nectar attire les chauves-souris, ses fidèles pollinisateurs nocturnes. Il offre ensuite le «pain de singe», une capsule à la pulpe généreuse et nutritive, trésor de bienfaits pour les populations locales.

Au-delà du végétal, le baobab est une âme. «Reny ala» (la mère de la forêt) pour les Malgaches, il est le pilier central du village africain : arbre à palabres, lieu de justice et de cohésion, il est vénéré comme un dieu protecteur, symbole d’une force immuable.

Pourtant, ce colosse est fragile. Si Madagascar est le berceau originel d'où les espèces ont migré vers l'Australie (A. gregorii) et l'Afrique (A. digitata), certaines souches comme A. suarezensis et A. grandidieri s'étiolent aujourd'hui. Menacées par le déclin génétique et les soubresauts du climat, ces sentinelles appellent désormais à notre protection pour ne pas s'effacer de l'horizon malgache.

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Vous aimez jouer ? Alors retrouvons-nous le 30 avril pour un nouveau quiz, il y a aura 10 indices.

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 Le lièvre délaisse ses boules de pétanque, la tortue sort de sa carapace...
Attention Marrakech, le duo de choc arrive !

Pour accompagner ce crépuscule, j'ai choisi les notes de "Lama Bada Yatathana" ("Quand elle s'est mise à onduler"). Interprété par la voix sublime d'Abeer Nehme, ce muwashshah andalou raconte la fascination éperdue d'un homme devant la grâce provocante d'une femme. Une mélodie millénaire qui semble ici faire écho à la splendeur éternelle de Marrakech. 

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

vendredi 24 avril 2026

Éclats d'Or et Peau de Soie

Hier soir, aux alentours de vingt heures trente, le ciel semblait hésiter entre la lourdeur du jour et la fraîcheur de la nuit. Un immense voile laiteux, d'un bleu pâle et vaporeux, recouvrait l'immensité, emprisonnant encore les derniers vestiges de la fournaise. Puis, soudain, le spectacle a commencé : à travers les déchirures d'une couverture cotonneuse, des rayons crépusculaires ont jailli en plusieurs points, tels des éclats d'or perçant la grisaille. Cette lumière incandescente, filtrée par les nuages, annonçait enfin la fin d'un long calvaire météorologique.

Car durant une interminable huitaine, le soleil s’était comporté comme un monarque tyrannique, transformant l’atmosphère de Marrakech en une chape de plomb. L’azur limpide de mes souvenirs avait capitulé, enseveli sous une couverture de sable saharien qui donnait au ciel des airs de parchemin poussiéreux. Ma pauvre carapace de tortue urbaine n’était plus qu’un four portatif ! Fort heureusement, le mercure a fini par daigner redescendre de son piédestal pour se stabiliser à un vingt-cinq degrés presque civilisé. Enfin, je pouvais respirer. Un répit de courte durée, hélas, car ma grenouille météo, cette petite prophétesse de malheur, coasse déjà que les jours à venir seront tout aussi harassants. C'est pourquoi, dès l'aube de la semaine prochaine, nous avons décidé de fuir cette fournaise. Nous reprendrons notre route vers le Nord, en quête de fraîcheur, impatients de débusquer de nouveaux paradis et de vous en conter les merveilles.

Sentant que ma «carrosserie» avait perdu de son lustre, j’ai décidé hier qu'un ravalement de façade s'imposait. Pour m'accompagner dans cette aventure, il me fallait mon alliée de toujours, cette amie dont la présence seule suffit à transformer une simple sortie en un moment de grâce. Ensemble, nous avons poussé la porte du hammam, ce sanctuaire de marbre où l’eau est reine. En franchissant le seuil, on plonge dans une institution séculaire, héritière des thermes romains et byzantins, que les conquérants arabes ont magnifiée dès le VIIe siècle pour en faire un lieu de purification du corps et de l'âme.

L’expérience fut tonique. Une tayaba aux poignets d’acier s’est emparée de mon sort. Armée de son gant de crin et d’un savon noir à l’odeur sombre et huileuse d’olive pressée, elle a entrepris de polir ma coquille avec une ferveur quasi archéologique. Entre deux jets d’eau qui s’écrasaient sur le marbre avec un fracas de cascade, je voyais passer des silhouettes vaporeuses, nimbées de brume, telles des nymphes perdues dans un brouillard d’eucalyptus. Après avoir poussé une porte vitrée embuée, la chaleur intense du sauna m'a saisie, achevant de dissoudre mes dernières tensions.

Une fois ma structure «lustrée» et mon esprit apaisé, mon amie et moi avons trouvé refuge à la terrasse d’un restaurant, abritées sous un large auvent protecteur. C’était un véritable jardin suspendu : entre les tables, une cascade de fleurs éclatantes et de plantes d’un vert luxuriant créait un cocon de fraîcheur végétale. Le charme de l’endroit tenait aussi à notre hôte : un jeune serveur marocain, au teint délicieusement basané, dont les yeux d’un vert clair magnétique semblaient avoir volé leurs nuances au feuillage environnant. Avec une grâce de danseur, il a déposé devant nous le réconfort pur : le parfum beurré d'une crêpe chaude et la fraîcheur vive d’un jus de concombre frappé.

Mais le plus beau cadeau de cette journée fut le regard de Phil, mon lièvre. En me découvrant ainsi, rayonnante et sereine, il n'a pu cacher son plaisir. Ma peau, retrouvant sa douceur de bébé sous sa main, témoignait de cette renaissance. Cette journée n'a pas seulement nettoyé mon corps ; elle a nourri mes liens les plus chers, laissant derrière elle un sillage de tendresse et de lumière.

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«Gardez bien en vous ce trésor, la gentillesse. Sachez donner sans hésitation, perdre sans regret, acquérir sans mesquinerie.»

George Sand , nom de plume d'Aurore Dupin ( 1804 – 1876), romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire, journaliste et peintre française

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Vous avez les 13 indices du quiz, avez-vous la solution ? Le résultat sera en ligne demain.

  1. Je suis le doyen.
  2. Je suis une anomalie visuelle.
  3. Personne ne peut connaître mon âge.
  4. Je suis un réservoir vivant.
  5. Ma silhouette est en forme de «bouteille».
  6. Mes fleurs blanches ne s'ouvrent qu'à la tombée de la nuit pour être pollinisées par des chauves-souris.
  7. Je sers de lieu de justice et de réunion pour le village.
  8. Mon fruit est comestible et très nutritif est populairement appelé le «pain de singe».
  9. Aujourd'hui, certaines de mes espèces déclinent à cause de la consanguinité et du changement climatique.
  10. Mes origines sont de Madagascar.
  11. Mon surnom malgache est «Reny ala».
  12. Mon nom scientifique est Adansonia.
  13. Je suis une source de vie.

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Le ciel semblait hésiter entre la lourdeur du jour et la fraîcheur de la nuit

Des rayons crépusculaires ont jailli en plusieurs points,
tels des éclats d'or perçant la grisaille.

Nous sommes resplendissantes avec ce hammam

Oh que tu es belle et douce !

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

jeudi 23 avril 2026

Les Gardiens de l'Invisible

Dans les allées de mon petit village, s’active une armée d'hommes et de femmes de l'ombre. Si je le voulais, je pourrais leur consacrer un livre entier, tant chaque geste qu'ils accomplissent est une ligne d'humanité. Mais mon carnet avance, et après l’artisan du vert et le précieux Ahmed, je ne pouvais reprendre la route sans saluer ceux qui veillent sur la mécanique de nos rêves, au cœur d'un décor où les bougainvilliers éclatent en cascades fuchsia et orangées, défiant la blancheur aveuglante du ciel.

Il y a d'abord Ali, le chef d'atelier. Sa gentillesse et sa disponibilité m’impressionnent face au travail incalculable qu’exige l’entretien des carapaces. Gérer la mécanique, les carrosseries et les peintures sous une chaleur qui exhale des odeurs de terre brûlée est une œuvre de longue haleine. Entre les vrombissements des moteurs lors des manœuvres délicates et le grincement sec des débrayages, il garde une patience extrême face aux lièvres et aux tortues. Phil et moi lui donnons toute notre confiance et je le remercie pour son impassibilité souveraine, véritable rempart contre le stress des départs.

Mais je ne pourrais refermer ce chapitre sans m'arrêter une dernière fois sur un employé que j'apprécie tout autant : Mustapha. J’aime son sourire en coin, son calme olympien qui semble apaiser jusqu'au brouhaha des clients s'échangeant des nouvelles dans une Babel de langues. Mustapha est, comme Ahmed, un virtuose du «touche-à-tout». Qu’il s’agisse d’électricité ou de plomberie, il agit au milieu d'une symphonie de sons familiers : le clapotis régulier de la piscine dont l'eau vibre, le chuintement de l'eau dans les robinets ou encore le cliquetis des verres et des assiettes sur la terrasse du restaurant, là où il court parfois faire les courses.

On le voit grimper avec une agilité de chat au-dessus des sanitaires pour soigner une chaufferie, indifférent aux cris joyeux des enfants ou aux aboiements lointains des chiens du village. Qu’un orage dévastateur foudroie les circuits ou qu’une pluie torrentielle vienne noyer les prises dans un nuage de poussière ocre, Mustapha est là. Je l'ai surpris un matin, à plat ventre sur la margelle, ranimant une lampe de piscine pour que la nuit venue, l'eau s'illumine magnifiquement.

Comment oublier leur présence indéfectible durant les mois de confinement du Covid-19 ? Alors que le monde s'arrêtait et que nous restions cloîtrés dans nos carapaces, ils furent nos sentinelles, nous servant avec une ferveur qui ne s'est jamais démentie. Pour ce dévouement lors de ces jours d'incertitude, nous leur devons une gratitude éternelle.

Mon aventure va continuer, mais j’en garde encore le secret... J'emporte dans mes bagages le souvenir précieux de ces artisans du cœur.

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«La véritable générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.»

Albert Camus, (1913 -1960), écrivain

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Vous aimez jouer ? Alors voici un nouveau quiz. Il y a 13 indices et le dernier aujourd'hui, et vous trouverez la réponse le 25 avril. Comme d'habitude, vous pouvez donner autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !

  1. Je suis le doyen.
  2. Je suis une anomalie visuelle.
  3. Personne ne peut connaître mon âge.
  4. Je suis un réservoir vivant.
  5. Ma silhouette est en forme de «bouteille».
  6. Mes fleurs blanches ne s'ouvrent qu'à la tombée de la nuit pour être pollinisées par des chauves-souris.
  7. Je sers de lieu de justice et de réunion pour le village.
  8. Mon fruit est comestible et très nutritif est populairement appelé le «pain de singe».
  9. Aujourd'hui, certaines de mes espèces déclinent à cause de la consanguinité et du changement climatique.
  10. Mes origines sont de Madagascar.
  11. Mon surnom malgache est «Reny ala».
  12. Mon nom scientifique est Adansonia.
  13. Je suis une source de vie.

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Il est électricien

Métreur

Prendre bien les mesures est important !

Plombier

Toujours électricien

Je te l'avais dit de ne pas toucher à l'électricité
appelle Mustapha !

Heureusement qu'il y a un plombier, il n'y avait plus d'eau....

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

mercredi 22 avril 2026

Le Métronome de la Bienveillance

J’avais promis de poser ma plume sur un destin particulier, celui d’un jeune homme dont la seule présence semble huiler les rouages de notre petit village. Ahmed est de ces êtres dont la carrure solide, moulée dans la sobriété d'un t-shirt gris et d'un jean d'azur, dégage une force tranquille, une allure de roc sur lequel on peut s'appuyer. Sa posture est un hymne à l'action, et pourtant, il possède ce don rare de savoir suspendre le temps pour offrir un regard franc et un sourire pudique à mon objectif.

Virtuose du quotidien, caméléon de la bienveillance, il est le fil d’Ariane qui relie chaque service de ce village avec une humilité désarmante. On le voit guider du geste le placement technique d'une lourde carapace d'acier, pour le retrouver l'instant d'après dans la fluidité du dehors, s’échappant pour prêter main-forte en cuisine ou affronter la brûlure du jardin. Entre deux tâches, il n’est pas rare qu’il s’accorde une halte près de Phil qui se promène. C’est alors une valse de mots simples, une de ces conversations suspendues où l’on discute de la pluie qui se fait attendre ou du beau temps qui s'installe avec un peu trop de zèle. Ces échanges cordiaux scellent une fraternité de passage, un respect mutuel entre l'homme qui conduit ma carapace et celui qui veille sur le jardin.

Mais c’est dès l’aurore que le spectacle commence. J’ai passé une partie de cette matinée à ses côtés, tapie dans un coin de la boutique, pour capturer ses gestes et confier mes impressions à mon carnet vert. Sous mes yeux, le petit comptoir devient le théâtre d’un curieux défilé. On y voit des tortues et des lièvres au regard encore embrumé, mais dont l'humeur est déjà en surchauffe. Bien que leurs carapaces soient tranquillement stationnées, ils arrivent avec cette étrange fièvre du «tout de suite», exigeant leur pain avec une urgence que rien ne justifie. Dans ce brouhaha de demandes impatientes, Ahmed reste immuable : le roc au milieu du torrent.

Dans la lumière encore douce de l'aube, il se tient derrière son comptoir de verre, véritable vitrine aux trésors baignée d'une couleur terre battue. Sous la vitre, les célèbres pains marocains ronds, à la croûte dorée et généreuse, sont empilés comme la tour de Pise. À leurs côtés, quelques baguettes croustillantes semblent encore fumer de leur expédition matinale au restaurant. Quant aux croissants, ils ont déjà disparu, engloutis par les lièvres et les tortues les plus matinaux, ne laissant derrière eux qu'un parfum de beurre et de regret pour les retardataires. Ces pains sont bien plus que de la nourriture : ils sont la promesse d'un petit-déjeuner réussi sous les oliviers.

Ahmed s'affaire avec une précision délicate. Ses mains enveloppent une baguette avec une précaution presque maternelle ; ce n'est pas un simple acte de vente, c'est un don. Une fois la monnaie rendue, vient le moment sacré du carnet. Face à la main tendue d'un client pressé, Ahmed oppose sa patience de cèdre. Il s'empare de son stylo à bille bleu et note, d'une écriture régulière que rien ne presse, le détail de la vente. Chaque trait de plume est une leçon de calme ; il n'enregistre pas seulement des chiffres, il consigne les battements de cœur de notre matinée.

Derrière lui, les étagères racontent sa rigueur : les alvéoles d'œufs sont soigneusement rangées et les bouteilles d'eau attendent la soif du jour. La couleur ocre du mur réchauffe la scène, créant un écrin protecteur contre la fraîcheur de l'aurore. Ahmed ne vend pas seulement du pain, il distribue de la sérénité. Dans ses mains, la baguette devient un trait d'union entre la cuisine du restaurant et notre table.

Le service touche à sa fin. Armé d'un chiffon, il essuie le sommet de sa vitrine, effaçant avec un soin méticuleux les traces des échanges matinaux. Sous la vitre, le stock a fondu ; il ne reste plus qu'une poignée de pains dorés, tels des galets précieux, et une solitaire baguette attendant son dernier voyage.

Ahmed s'apprête déjà à quitter son rôle de boutiquier pour endosser celui de jardinier et multi-tâches. Sur l’instant que je lui ai «volé», il apparaît alors tel un artisan du vivant. Tenant son tuyau d'arrosage orange comme on tient une promesse, il se penche avec une concentration presque sacrée sur le pied d'un laurier-rose. Dans le chuintement régulier de l'eau qui vient désaltérer la terre ocre et assoiffée, une odeur de terre mouillée s’élève, cette fragrance primitive qui annonce la vie. Autour de lui, les grappes de fleurs d'un rose vibrant semblent s’épanouir sous sa main, le remerciant de cette ondée providentielle.

Debout sur le gravier, au milieu des oliviers argentés et des palmiers fiers, Ahmed laisse derrière lui un espace impeccable, incarnant cette disponibilité sans faille qui fait de lui un homme d'exception. Nous apprécions cette droiture, ce calme qui répond au sien. C'est une leçon de bonté offerte sous le soleil de Marrakech, une rencontre d’humanité qui, au moment de reprendre la route, restera gravée dans nos mémoires comme une note de pure fraternité.

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«Il n'y a pas de métier plus noble que celui qui consiste à cultiver la bonté en même temps que la terre.»

Anonyme

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Vous aimez jouer ? Alors voici un nouveau quiz. Il y a 13 indices et vous trouverez la réponse le 25 avril. Comme d'habitude, vous pouvez donner autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !

  1. Je suis le doyen.
  2. Je suis une anomalie visuelle.
  3. Personne ne peut connaître mon âge.
  4. Je suis un réservoir vivant.
  5. Ma silhouette est en forme de «bouteille».
  6. Mes fleurs blanches ne s'ouvrent qu'à la tombée de la nuit pour être pollinisées par des chauves-souris.
  7. Je sers de lieu de justice et de réunion pour le village.
  8. Mon fruit est comestible et très nutritif est populairement appelé le «pain de singe».
  9. Aujourd'hui, certaines de mes espèces déclinent à cause de la consanguinité et du changement climatique.
  10. Mes origines sont de Madagascar.
  11. Mon surnom malgache est «Reny ala».
  12. Mon nom scientifique est Adansonia.

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Il tient son tuyau d'arrosage orange comme on tient une promesse


...Quelques baguettes croustillantes semblent
encore fumer de leur expédition matinale au restaurant

Une fois la monnaie rendue, vient le moment sacré du carnet

il possède ce don rare de savoir suspendre le temps
pour offrir un regard franc et un sourire pudique.

Ses mains enveloppent une baguette avec une précaution presque maternelle.

Le service touche à sa fin. Armé d'un chiffon,
il essuie le sommet de sa vitrine, effaçant avec un soin méticuleux
les traces des échanges matinaux.

Tu penses remplacer Ahmed ?

Je t'écoute attentivement Ahmed

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

mardi 21 avril 2026

L’Oasis des Saveurs et le Sourire d'Ahmed

Hier, l'atmosphère était d'une lourdeur presque indécente. L'air, figé, pesait sur les épaules comme une chape de plomb, et le mercure grimpait avec une insolence digne des mois de braise. Sous les rayons piquants, je craignais sincèrement que ma carapace ne finisse par fondre, se liquéfiant sur le sol de Marrakech. L'orage menaçait, l'épuisement était total. Pourtant, à la tombée de la nuit, le ciel s'est mué en un chef-d'œuvre multicolore, une toile qu'un artiste peintre contemporain aurait signée d'un geste d'or : des bleus électriques télescopaient des roses poudrés, des rouges sang et des verts improbables. Je suis restée dépitée, trop harassée pour courir chercher mon appareil photo. Ce matin, le tableau avait déjà été «vendu» par le temps et, avait disparu.

Mais aujourd'hui, le miracle a eu lieu : 20 degrés au compteur et un vent salvateur qui permet enfin de gonfler les poumons. Chaque matin, sauf le vendredi, jour sacré, le village s'éveille au rythme du primeur. Son pick-up, véritable vaisseau bigarré, remplace désormais la vieille charrette et son étalon parti galoper au paradis des chevaux. Dès son arrivée, c’est le branle-bas de combat. Les tortues et les lièvres quittent leurs abris pour se regrouper autour de la caisse bringuebalante. C’est un véritable mélange linguistique : les «Salam» se mêlent aux «Guten Morgen», aux «Buen día», aux «Good morning» et aux «Bonjour», dans un brouhaha joyeux que les oiseaux peinent à couvrir de leurs gazouillis.

Je saisis ma panière, noblement tachée par le sable, et j'entre dans la danse. Ici, le commerce est une affaire de confiance. Mon œil est d’abord captivé par l’éclat des citrons dont l’écorce semble avoir emprisonné la lumière de l’Astre. Juste en dessous, les fraises charnues diffusent un parfum sucré qui vient titiller les narines. Sur les flancs du véhicule le décor devient forestier : des haricots verts souples voisinent avec une montagne de poivrons d’un vert profond. Un régime de bananes, moucheté de brun, pend comme un trophée à l’entrée de cet étal ambulant.

Le regard s’égare ensuite vers les armées de pommes : l'or pâle à gauche, le rubis vibrant à droite. Les oranges, avec leurs feuilles d'un vert verni, crient leur fraîcheur, tandis que les ananas, sentinelles hérissées, apportent une note d'exotisme. Dans ce joyeux inventaire à la Prévert, les carottes flamboyantes côtoient les navets d'ivoire, les nèfles jaune orangé et les prunes pourpres.

Dans ma panière, j'ai déposé mon butin : des bananes, des tomates, des oranges, une mangue à la saveur introuvable dans mon pays et une sucrine bien pommée. Le primeur, d'une patience d'ange, pèse le tout en appliquant une moyenne fraternelle, à l'exception de la mangue importée, comptée à la pièce. Contre quelques dirhams, j'emporte ce trésor vers ma carapace, avec une petite pensée pour notre ami Ahmed, notre primeur attitré de Sidi-Ifni, dont le souvenir voyage avec nous.

Pour ce midi, point de plat de résistance. La chaleur impose sa loi de légèreté. Je prépare ma salade «Fraîcheur de la Palmeraie» : des tomates rougeoyantes mariées à l'onctuosité de l'avocat, coupés en menus morceaux à la mode marocaine, agrémentés de quelques feuilles de sucrine et d'un brin de menthe. Un filet d'huile d'olive dorée, du sel et un trait de citron solaire réveillent l'ensemble. Pour le dessert, ce seront des oranges pelées à vif, sans une once de cannelle, que je déteste !, et savourées à l'abri des mouches dans ma carapace. J'ai d'ailleurs décidé d'acquérir une nouvelle lampe bleue, car l'actuelle ne sert que d'ambiance de boîte de nuit à ces insectes qui me croquent avec délectation.

Sur le chemin du retour, j'admire les parterres de fleurs, les bougainvilliers et les oliviers entretenus avec ferveur. C'est là que j'ai croisé Ahmed. Phil et moi apprécions cet homme multi-services dont la silhouette joviale hante les allées, qu'il place les groupes de camping-cars, arrose les rosiers ou s'active en cuisine. Le matin, on le retrouve à la boutique, là où flotte l'odeur irrésistible du pain chaud et des viennoiseries dorées. Mais de lui, je ne vous en dirai pas plus aujourd'hui. C'est un homme bien, et il mérite qu'on lui consacre toute la plume de demain.

Ma bouteille d'eau précieuse près de moi, je vais maintenant poser ma plume pour quitter le Maroc du XXIe siècle et m'envoler vers la Nouvelle-Zélande du XIXe.

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«La gourmandise commence quand on n'a plus faim.»

Alphonse Daudet (1840 – 1897), à Paris, écrivain et auteur dramatique français

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Vous aimez jouer ? Alors voici un nouveau quiz. Il y aura 13 indices et vous trouverez la réponse le 25 avril. Comme d'habitude, vous pouvez donner autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !

  1. Je suis le doyen.
  2. Je suis une anomalie visuelle.
  3. Personne ne peut connaître mon âge.
  4. Je suis un réservoir vivant.
  5. Ma silhouette est en forme de «bouteille».
  6. Mes fleurs blanches ne s'ouvrent qu'à la tombée de la nuit pour être pollinisées par des chauves-souris.
  7. Je sers de lieu de justice et de réunion pour le village.
  8. Mon fruit est comestible et très nutritif est populairement appelé le «pain de singe».
  9. Aujourd'hui, certaines de mes espèces déclinent à cause de la consanguinité et du changement climatique.
  10. Mes origines sont de Madagascar.
  11. Mon surnom malgache est «Reny ala».

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La danse des fruits et des légumes





C'est bien d'avoir acheter des carottes mais les
autres légumes et les fruits où sont-ils ?

J'adore zoomer et d'écrire ensuite

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

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