jeudi 9 avril 2026

L’Art de la Lessive et du «Rien Faire»

Maintenant que l’intérieur de ma carapace est rangé au millimètre et que sa robe de métal étincelle de nouveau, nous voici officiellement passés en mode «lézard». Enfin, presque... car le ciel, dans un caprice inattendu, a décidé de tirer sur lui une épaisse couverture de flanelle grise, nous privant des rayons d’or et faisant bouder le thermomètre.

Le mercure, timide, n’affiche plus que vingt petits degrés à l’abri. Phil, fidèle à lui-même, brave la fraîcheur sans changer de tenue. Quant à moi, la frileuse de service, j’ai sagement troqué mon short aux couleurs pétantes pour un leggings plus protecteur. On nous glisse pourtant à l’oreille de nous méfier : les UV, tapis derrière les nuages, restent féroces. Mais la «grenouille» locale se veut rassurante : la chaleur devrait faire son grand retour dès que l’orage de demain aura fini de gronder.

Dans mon petit village éphémère, c’est la valse des carapaces. Un ballet incessant où certaines tortues lèvent l’ancre vers de nouveaux horizons tandis que d’autres accostent, cherchant leur place sous les oliviers.

Nous, nous avons décrété que l’occupation principale serait de ne «rien faire». Phil s’évade entre les pages d’un livre, tandis que j'avale avec avidité des romans historiques. Je me laisse porter par le souffle des siècles passés, une source d'inspiration qui vient souvent nourrir ma propre plume tandis que je peaufine mes écrits, installée dans le parfum poudré des mimosas en fleurs.

Pourtant, ce «rien faire» est un bien grand mot : mon chauffeur, pris d’un zèle admirable, a vidé et récuré la soute de fond en comble. De mon côté, j’ai orchestré une grande lessive bigarrée qui, désormais, frissonne et claque sous la brise légère. Elle diffuse autour de moi ce parfum frais de «propre» et de savon d'autrefois, une fragrance familière qui se mêle délicieusement aux effluves sucrés des mimosas. Telle une rangée de drapeaux colorés, mon linge célèbre en silence cette propreté retrouvée.

Dans ce cocon, le son se fait discret. On imagine le bruissement soyeux du vent dans les palmes des dattiers et le petit cliquetis des feuilles sèches qui s’entrechoquent. Au loin, le chant d'un oiseau caché dans l'ombre d'un olivier répond au bourdonnement sourd des insectes butineurs, irrésistiblement attirés par les corolles colorées. C’est un silence habité, une parenthèse enchantée, bien loin du fracas métallique des moteurs du Tichka.

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«Il faut savoir perdre son temps pour en gagner.»

Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778), philosophe , musicien, compositeur, et botaniste passionné

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Vous aimez jouer ? Alors retrouvons-nous samedi 11 avril pour un nouveau quiz. Il y aura 13 indices et vous trouverez la réponse le 25 avril. Comme d'habitude, vous pouvez donner autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !

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Entendez-vous les oiseaux ?

Sous les mimosas

C'est un calme absolu

Nouvelles lectures pour chacun

Tu exagères, il ne fait pas froid quand même !

Je cherche des mots pour l'article de demain

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

mercredi 8 avril 2026

Escale Rouge et Conseil d’Administration

Nous voici enfin posés à Marrakech, cette Ville Rouge qui nous accueille comme de vieux amis. L’air y est déjà différent : il vibre du cliquetis des calèches et embaume ce mélange enivrant de jasmin, de poussière chaude et de menthe fraîche.

Nous retrouvons nos repères avec gourmandise : nous allons visiter d'autres lieux que nous connaissons déjà comme le bleu hypnotique du Jardin Majorelle, le silence feutré du musée du Patrimoine... En outre, nous retournerons sur l’incontournable place Jemaa el-Fna. C’est un opéra à ciel ouvert où les tambours des Gnaouas répondent aux flûtes des charmeurs de serpents, tandis que l’odeur des grillades s’élève dans le ciel bleu azur. Entre les acrobates et les tatoueurs au henné, le spectacle est total.

Trois mois sont passés comme un souffle, et puisque nos visas jouent les prolongations pour trois mois encore, nous savourons ce luxe : le temps. Mais avant de reprendre la piste, une pause s'impose pour entretenir notre «multinationale sur roues».

Pour ceux qui craindraient que l’ennui nous guette, voici un aperçu des hautes fonctions au sein de notre conseil d’administration :

Phil est notre «Directeur Technique & Esthétique» : Il passe ses journées à faire un gommage à la carrosserie pour qu'elle brille sous le soleil, pendant qu'il peaufine son propre bronzage. C’est aussi lui le Ministre des Fluides, chargé du dossier très glamour des vidanges, entre deux chapitres de son bouquin. Un vrai job de ministre, quoi ! Mais Phil est aussi un humanitaire du bitume : l'autre jour, il n'a pas pu s'empêcher de voler au secours d'une conductrice dont le bahut restait piteusement coincé sous les branches d'un mimosa. Ni une, ni deux, il a pris les clés pour décoincer le géant des sables avec une assurance de vieux baroudeur.

De mon côté, je suis «PDG de l’Intérieur et Ministre de la Communication». Je m’acharne à l'intérieur pour que la cuisine ne ressemble pas à un champ de bataille après un séisme, je harcèle ma famille au téléphone pour prouver qu'on est encore vivants, et je joue les copilotes de luxe en donnant des ordres au GPS. Ma vraie mission ? Dompter les mots pour mes articles, car l'écriture est ma drogue douce.

Notre conseil d'administration ? On le tient au-dessus d'une carte du Maroc, tentant désespérément d'en décrypter les tracés avant de se perdre pour de bon avec l'air très inspiré de deux explorateurs qui cherchent une oasis... ou juste le prochain endroit où on ne restera pas ensablés !

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«Un bon voyageur n'a pas de plans établis et n'a pas l'intention d'arriver.»

Lao-Tseu (604 av. J.-C. Ou 601 av. J.-C – vers 531 av. J.-C. Ou 479 av. J.-C), philosophe

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Vous aimez jouer ? Alors retrouvons-nous samedi 11 avril pour un nouveau quiz. Il y aura 13 indices et vous trouverez la réponse le 25 avril. Comme d'habitude, vous pouvez donner autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !

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Dans le tourbillon de mes récits, j'avais omis de glisser les cartes de nos étapes à Aït Ben Haddou, l’oasis de Fint ou Ouarzazate. Voici de quoi rétablir l'itinéraire de notre voyage jusqu'à Marrakech, où nous savourons enfin notre repos...

Aït Ben Addou

L'Oasis de Fint

Ouarzazate

Marrakech

Nettoie bien tout ce sable...

Ce travail...

Pour accompagner ce grand nettoyage de printemps dans la Ville Rouge, je ne résiste pas à l’envie de lancer un vieux disque d’Yves Montand. "C'est si bon"... d’être ici, de prendre son temps, et de laisser la poussière de la route s'envoler au rythme d’un refrain éternel.


À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

mardi 7 avril 2026

Entre Vertige et Refrains Préférés

Le week-end de Pâques s'est achevé doucement. Dans les maisons, l'agneau Pascal a réuni les tribus autour de tablées joyeuses. Pendant ce temps, les jardins ont résonné des rires des enfants, lancés dans une course effrénée, paniers en main, pour débusquer les trésors en chocolat semés par les cloches. Quel bonheur de voir les yeux pétiller et les mines barbouillées de cacao sous le regard complice des parents, architectes secrets de ces instants magiques ! Mais pour nous, hier, la plus belle des chasses au trésor se trouvait ailleurs : sur le ruban d'asphalte qui nous appelait vers l'horizon.

Le jour s’est levé dans une atmosphère irréelle : un ciel ensablé d’un jaune pâle et lourd où le soleil peinait à percer. Nous avons quitté Aït Ben Haddou pour nous attaquer aux géants de pierre du Haut Atlas. Très vite, la route est devenue un défi permanent, un serpent d’asphalte aux lacets interminables qui montent et descendent, plongeant dans des virages dangereux où le regard bascule inévitablement vers l’abîme.

Tout là-bas, de l’autre côté de la falaise, dans un creux vertigineux, j’apercevais une ligne fine et sinueuse qui serpentait au fond du canyon : c’était là que nous allions, un passage étroit entre deux mondes. Pour adoucir la tension des sommets, nous nous laissions bercer par des chansons, leurs mélodies s'entrelaçant au rythme des virages.

Soudain, le vent s’est engouffré dans les couloirs entre deux montagnes. Une tempête de poussière brutale est venue envahir le pare-brise de ma «carapace», effaçant le paysage en un instant. Dans ce chaos ocre, seul le ronronnement rassurant du moteur, ponctué par quelques accords de guitare s'échappant des haut-parleurs, et la main sûre de mon chauffeur bien attentionné maintenaient le cap.

Puis, la poussière s'est dissipée pour révéler un spectacle géologique d'une violence sublime. Les pans de montagnes sont apparus striés de toutes les couleurs : le rouge brique des oxydes de fer, le vert olive des schistes, le jaune soufre et le marron profond des coulées volcaniques. C’est une leçon de géographie à ciel ouvert, où des rochers entiers, arrachés par les pluies diluviennes et les neiges de l’hiver, gisent sur les bas-côtés comme des débris de bataille. Nous avons dû les contourner en empruntant l'ancienne route, chaotique et éprouvante, avant de retrouver enfin le ruban de la Nationale 9.

Plus haut encore, vers le col du Tizi n’Tichka à 2.260 mètres, la roche change de visage. La neige s'accroche encore aux sommets pointus, descendant le long des arêtes tranchantes comme une parure de dentelle glacée sur un corps de pierre.

L’air s’est rafraîchi, portant l’odeur minérale de la pierre humide et le parfum lointain des feux de bois des villages perchés. Entre les moteurs qui grondent dans l’effort, le sifflement du vent et nos refrains préférés, cette route vers Marrakech est une traversée où chaque virage est une promesse et chaque sommet une conquête.

Nous allons maintenant nous reposer ici, à Marrakech, pour quelques jours ou quelques semaines. Le temps de nettoyer et de remettre de l’ordre dans ma «carapace», mais surtout de préparer avec impatience les prochaines visites que je m'apprête à découvrir.

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«Ce n'est pas la montagne que nous conquérons, mais nous-mêmes.»

Sir Edmund Hillary (1919 – 2008), alpiniste et explorateur néo-zélandais

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Vous aimez jouer ? Alors retrouvons-nous vendredi 10 avril pour un nouveau quiz. Il y aura 13 indices et vous trouverez la réponse le 25 avril. Comme d'habitude, vous pouvez donner autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !

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Un spectacle géologique d'une violence sublime.

La neige s'accroche encore aux sommets pointus, descendant le long des arêtes tranchantes comme une parure de dentelle glacée sur un corps de pierre

Je suis au sommet !

Fais attention aux ravins !

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

lundi 6 avril 2026

De l’oasis de Fint à la star des Kasbahs

Nous avons fini par réintégrer ma «carapace», lessivés et transformés en véritables sculptures de poussière. Hier, après avoir bravé l’oued et goûté à la fraîcheur de l’oasis de Fint, Aït Ben Haddou ne devait être qu’une escale pour le lendemain. Mais voilà : l’élan du voyageur est imprévisible, et notre curiosité a pris le volant.

À peine arrivés, le choc ! On se serait crus aux portes du Pilat ou des Baux-de-Provence. Le parking, saturé de cars et de voitures, ressemblait à une tour de Babel mécanique : entre les moteurs qui ronflent, les portières qui claquent et les sifflets des guides, l'air vibrait. Les langues s’y croisaient dans un brouhaha indéchiffrable, tandis que s'élevaient les slogans des marchands : «C’est gratuit jusqu’à la caisse !», «Pour le plaisir des yeux !»… Leurs sourires sont aussi bien affûtés que leurs répliques.

Nous avons descendu l’allée de sable noir, une pente douce où l’on slalome entre les échoppes et la foule. Le froissement des tissus que l'on frôle et le cliquetis des breloques accompagnent nos pas alors que nous évitons les sacs à dos. C’est un festival pour les sens : l’odeur du cuir tanné se mêle au parfum discret des tapis de laine, tandis que les poteries et les bijoux étincellent sous un soleil de plomb. Puis vient le pont sur l’oued, où le vent s'amuse à vouloir voler mon chapeau que je retiens d'une main ; de l'autre, je m'accroche à mon appareil-photo. De l’autre côté, le chemin de pierre et de poussière reprend en montant. Sous mes semelles, des graviers crissent et roulent, tandis que le sentier continue de serpenter entre des étals aux couleurs si vives qu'elles semblent sorties d’un film de Technicolor.

Il faut dire que l’endroit connaît la chanson. Cette forteresse de pisé, érigée au XIXe siècle par un chef de clan pour surveiller les tribus, est devenue la star des réalisateurs. De Lawrence d’Arabie à Gladiator, la Kasbah a vu défiler plus de héros que de berbères ! C’est un décor de cinéma à ciel ouvert, classé à l’UNESCO, où chaque mur murmure une anecdote de plus de 80 tournages.

Pourtant, nous n’avons pas tenté l’ascension finale. Avec nos jambes transformées en coton hydrophile, le sommet nous paraissait aussi inaccessible que l'Everest. De loin, les touristes perchés là-haut ressemblaient à des lilliputiens égarés sur un château de sable géant. Nous nous sommes contentés de la vue imprenable sur l’oasis, là où l’ombre des murs en pisé danse dans les reflets de l’eau.

De retour, le sable craquant sous nos vêtements et la poussière nous servant de seconde peau, la douche, délicieusement glaciale, fut une épiphanie, prélude à un sommeil de plomb.

Ouarzazate, ses studios et son musée du cinéma attendront : nous les connaissons déjà trop bien. La route nous a fait signe dès l’aube ce matin… mais cette nouvelle page, je ne la tournerai avec vous que demain.

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«Voyager, c’est naître et mourir à chaque instant.»

Victor Hugo (1802 - 1885), poète, dramaturge, romancier et dessinateur français associé au romantisme.

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Vous aimez jouer ? Alors retrouvons-nous samedi 11 avril pour un nouveau quiz.

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Sur le sable poussiéreux, nous avançons

Serait-ce la fin du chemin ?
Grâce à Ahmed, mon traducteur privé :
"Le Ksar Aït Ben Addou vous souhaite la bienvenue.
L'accès aux champs est interdit.
Veuillez respecter la propreté du Ksar et de ses environs
."

Sa majesté

Je profite que la foule soit agglutinée
devant une boutique pour zoomer quelques passages

Il n'est vraiment pas sauvage, serait-ce sa cantine ?

Au dessus de l'oued, où le vent a voulu voler mon chapeau

Les marchands nous attendent aussi de l'autre côté

Des sacs, des tapis, des bijoux...

Je comprends pourquoi les cinéastes ont choisi cet endroit

Oh, mais ton sac me paraît lourd !

Attention, derrière nous, un peuple nous suit

Nos chaussures seront vraiment sales

Je veux bien une omelette berbère !

Ah oui, il va falloir crapahuter !


Cette poussière... Je vais être propre après


Gladiator :



Lawrence d'Arabie :

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

dimanche 5 avril 2026

L'Oasis aux Mille Récits

Nous étions passés plusieurs fois à côté, ignorants de ce secret de terre et de palmes. Aux portes de Ouarzazate, là où la route de Zagora s’étire comme un ruban de bitume surchauffé, le silence n’est pas un vide, c’est une présence. La chaleur, dès l’aurore, était déjà une bête mordante qui nous léchait le visage, malgré notre départ aux heures bleues du matin.

Puis, au détour d’une faille minérale, le miracle se produit. Au fond d’une vallée creusée entre d’imposantes montagnes aux nuances d’ocre et de pourpre, un oued serpente comme un reptile d’argent. Ses eaux, nées plus en amont dans les profondeurs du lac El-Manssour Ed-Dahbi, apportent ici le miracle de la vie. Elles irriguent des jardins suspendus d'où s'élancent, majestueux, des palmiers-dattiers, des abricotiers au parfum sucré et des grenadiers aux fruits éclatants. C’est le village de Fint, une oasis bienfaitrice nichée dans un écrin de silence.

Aujourd’hui, Fint ne ressemble plus tout à fait au jardin d'Éden des origines. Le temps, les caprices du ciel et les départs des hommes ont sculpté un nouveau visage à cette terre. Pourtant, derrière ses vieilles ruines qui semblent somnoler, l'oasis palpite d’une histoire inscrite dans la mémoire collective. C’est une fresque vivante, racontée par la voix plurielle de ses habitants. Une histoire où l’oralité tisse des ponts entre le réel, le légendaire et le mythique, où les récits s'entremêlent comme les racines des arbres pour dire au monde la survie de Fint.

Youssef, est l'un des gardiens du temple. Sa voix, imprégnée d’une nostalgie aux effluves de vieux cuir et de thé à la menthe, ressuscite la vie tribale d’autrefois. Selon lui, la plupart des familles ont afflué ici, fuyant la morsure de la sécheresse et les épidémies du Sud-Est marocain. Ils ont trouvé dans ce lieu enclavé, protégé par le roc de Tassegdelte, un asile rudimentaire mais salvateur.

L'histoire de l’oasis est aussi faite de mystères : on y murmure l’existence passée d’une famille berbère à la peau blanche, liée au saint Sidi M’hend Ou Moussa, qui aurait fini par quitter ce paradis pour une raison bassement matérielle : une invasion de moustiques aussi belliqueux qu’affamés. Comme quoi, même sous la protection des saints, on ne peut ignorer le bourdonnement des ailes !

Le récit se durcit lorsqu'on évoque l'époque du Protectorat. Sous l’ombre portée des Caïds Glaoua, Fint connaissait la rigueur des spoliations.

Ils raflaient tout ce qui était à la portée de leur main», se souvient-on : les bêtes, les burnous, et jusqu’aux poignards d’argent gravés.

La corvée était alors le pain quotidien des garçons de douze ans, enrôlés de force pour labourer les terres de leurs maîtres dans la poussière d'or du soir.

Pour nous, la découverte fut plus... acrobatique. Traverser l’oued en équilibre sur des rochers, alors que l’eau cascade joyeusement, exige une grâce que je n’ai pas. Je n’étais pas hardie, vous le savez, et ma carrière d’équilibriste s'est arrêtée avant de commencer. Heureusement, Youssef, notre guide, me tenait la main pour franchir ces gouffres qui, sous le regard rieur de Phil, me semblaient infranchissables.

En contournant les parcelles de blé, de maïs, de seigle, de carottes, de tomates et d'oignons plantées avec une économie sacrée, nous étions enveloppés par une symphonie naturelle : le chant des tourterelles se mêlait au croassement solennel des grenouilles et au murmure des feuillages. Certes, le tableau est parfois terni par les restes de pique-niques dominicaux traînant entre les roseaux, un triste folklore moderne que les guides, assis à l'ombre fraîche, pourraient effacer... ils le font, paraît-il.

Plus loin, des lavandières courbées sur leurs panières battaient le linge avec une force millénaire. Tremper, essorer, taper. Le bruit sec du tissu sur la pierre résonnait dans la vallée comme un battement de cœur. Ce n'était pas un décor de carte postale, mais la vie, brute et vibrante.

Je saisis alors pourquoi tant de cinéastes ont élu domicile dans ce décor de rêve, cherchant à capturer dans l'œil de leurs caméras un fragment de ce paradis terrestre.

Ainsi, derrière le rideau vert de ses palmiers, Fint ne se livre pas au premier venu. Elle se mérite. Elle nous laisse ce soir avec le poids de ses silences et l'écho de ses anciennes luttes, avant que nous ne reprenions la route vers une autre splendeur promise, emportant avec nous l’odeur de la terre mouillée et la lumière dorée d’une oasis qui refuse de s'éteindre.

***

«Ce qui embellit le désert, c'est qu'il cache un puits quelque part...»

Antoine de Saint-Exupéry (1900 - disparu en vol en 1944), écrivain, poète, aviateur et reporter français - (Le Petit Prince)

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Vous aviez les 7 indices du nouveau quiz :

  1. Je ne suis pas droit
  2. Je suis constitué de deux éléments
  3. J'interroge
  4. Je peux remplacer un ou une inconnu(e)
  5. Je peux insinuer un doute
  6. Je marque la fin d'une phrase
  7. Je suis un type écrit

Avez-vous trouver la solution ?

Je ne suis pas l'ombre, ni un angle, le mot -pourquoi-, pas plus que l'horizon. Ce n'était pas facile ! Et pourtant je suis bien le point d'interrogation ?

Bravo Ahmed, Francine, Brigitte, Blandine, Lysiane et toutes les personnes qui se reconnaîtront.

Le point d'interrogation (?) est un signe de ponctuation composé de deux éléments :

  • une courbe supérieure (déformation de la lettre «q» de quaestio)
  • un point inférieur, souvent considéré comme un « o » écrasé

Le point d’interrogation, jadis appelé «point interrogant», a pour fonction principale d’indiquer que l’on pose une question, en constituant même parfois la seule indication. Il se place généralement à la fin de la phrase, mais peut également, dans certains cas, se trouver à l’intérieur.

Le point d’interrogation existait déjà au XVIe siècle, époque à laquelle furent rédigés les premiers textes sur la ponctuation de la langue française. Bien qu’autrefois il fût souvent confondu avec le point d’exclamation (!), ce signe et ses emplois sont aujourd’hui bien connus. Quelles que soient la structure et la longueur de la phrase ou du segment concernés, le point d’interrogation signale la présence d’une question.

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Au milieu du désert

Derrière des rochers silencieux

Se cache...

... une oasis

Je ne suis pas équilibriste !

Devrais-je ajouter une légende

Les palmiers-dattiers

Les cinéastes ont élu domicile dans ce décor de rêve

Un cadre pour mieux zoomer sur la mosquée

Au milieu coule une rivière

Ce n'est pas du folklore 

Paradisiaque

Sous un soleil de plomb

L'eau est fraîche, tu m'aides à traverser ?

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

samedi 4 avril 2026

Portes de Terre et Routes de Lacets

Nous avons pris la route, portés par les vibrations nostalgiques de musiques des années 60 mêlées aux rythmes modernes qui saturaient l'habitacle de sons électriques, un mélange audacieux où Johnny Hallyday semblait tenter un duo improbable avec la flûte de pan, alors que le soleil se réveillait dans une explosion de rose et d’orangé. Vers l'Est, face à l'astre aveuglant, nous clignons des yeux. Mon conducteur restait aux aguets sur cette route dangereuse : les lacets serrés et le choc sourd des nids de poule, stigmates des inondations et des neiges de l'hiver, rythmaient notre progression. De temps à autre, je jetais un œil inquiet vers le fond de ma carcasse : je m'attendais presque à entendre le vacarme d'une cascade de métal, un joyeux cliquetis de cymbales improvisé, si la vaisselle venait à se briser ou si une porte s'ouvrait pour laisser choir les couverts dans un fracas de ferraille.

Lorsque le soleil s'est élevé dans un ciel bleu azur, pur et sans couture, le paysage est devenu magnifique. À travers la vitre ouverte, l’air chaud apportait le parfum musqué de la terre sèche et les effluves plus sucrés des étendues de cultures inconnues. Mes yeux balayaient les fleurs de rocailles : des taches de jaune vif comme du mimosa, le violet profond de la bruyère et le rouge éclatant des coquelicots.

Au loin s’étalaient les hautes montagnes. Leurs sommets, d’un blanc de neige immaculé, ressemblaient à du papier froissé déposé sur l’horizon. Je scrutais les cimes dans le silence d’altitude, mais aucune fumée de camp indien ne venait troubler la limpidité de l’air.

En dégringolant les pans vertigineux, nous croisions des camions poussifs au moteur haletant, rejetant une fumée âcre et grise dont l’odeur de gasoil nous parvenait par bouffées. Soudain, au détour d'un tournant, la fraîcheur verte d'une oasis nous sautait au visage. On entendait le murmure discret d'un oued où coulait un léger filet d'eau. La terre, d’un ocre brûlé, était si sèche qu'elle semblait avoir bu les pluies de l'hiver en un instant. À chaque changement de province, une porte d'un rouge terreux et puissant se dressait comme une sentinelle sur le bord du chemin.

Nous voici à Ouarzazate pour la journée. Demain, nous irons vers un endroit inconnu, une promesse de splendeur que j’ai hâte de confirmer demain soir !

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«La Beauté est tout ce qui s'approche le plus à la Nature.»

Nabil Alami, auteur

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Voici un nouveau quiz, avec le 7ème et dernier indice. Vous pouvez indiquer autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées ! La réponse sera en ligne demain.

  1. Je ne suis pas droit
  2. Je suis constitué de deux éléments
  3. J'interroge
  4. Je peux remplacer un ou une inconnu(e)
  5. Je peux insinuer un doute
  6. Je marque la fin d'une phrase
  7. Je suis un type écrit

***


Lorsque le soleil se lève

Une route vers l'Est

Nous sommes éblouis

Les sommets enneigés

Un filet d'eau 

Des cultures qui me sont inconnues

Changement de province

Dans les lacets vertigineux

Il n'y a pas de fumée d'un camp indien ?

Les camions poussifs dans les montées

Les nids de poule

La montagne est rude

Que fais-tu dans cette pâture ?


Nous sommes à Ouarzazate 

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

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