Hier soir, notre petite
carapace s’est remplie de rires et d’odeurs d’apéritif. Nos
invités étaient arrivés chacun avec leur chaise sous le bras,
comme dans ces soirées simples où l’on apporte un peu de soi avec
le reste.
Phil avait préparé
quelques amuse-bouches : pizza rouge et luisante aux herbes de
Provence, olives marocaines aux parfums salés, anchois nacrés et
petits cubes de fromage. Sous les lampes jaunes du soir, les verres
tintaient doucement pendant que les anecdotes de voyage défilaient
autour de la table.
L’un de nos invités
connaissait le Maroc presque comme sa poche ; alors les souvenirs se
mêlaient aux éclats de rire avec cette chaleur des soirées que
l’on aimerait retenir un peu plus longtemps. À vingt-trois heures,
personne n’avait encore envie de partir.
Mais ce matin, dès sept
heures, il faut déjà lever le camp. Après avoir rangé tables,
bols, tapis et auvent dans ma fidèle carapace, nous reprenons la
route.
Traverser Bordeaux reste
toujours une petite épreuve pour mes nerfs de tortue, mais la
circulation est restée étonnamment fluide. Peu à peu, l’autoroute
laisse place aux départementales bordées de pins. L’air sent
alors la résine, l’herbe chauffée par le soleil et le printemps
qui s’installe doucement.
Sous la voûte verte des
arbres, seuls quelques chants d’oiseaux et le frottement des pneus
sur l’asphalte accompagnent notre avancée tranquille.
Nous voici finalement
arrivés à Saint-Genis-de-Saintonge, petit bourg traversé autrefois
par les voyageurs de Saint-Jacques-de-Compostelle. Pourtant, ce n’est
pas Compostelle que nous cherchons aujourd’hui, mais simplement
quelques jours de repos au bord du paisible ruisseau des Laignes,
avant de reprendre un peu plus tard le fil de notre lente aventure.
***
« Le bonheur n’est
réel que lorsqu’il est partagé.»
Christopher Johnson
McCandless dit «Alexander Supertramp» (1968 – 1992), aventurier
américain
***
Les grosses carapaces françaises restent sur les parkings
La Dordogne
Les vignobles bordelais
Les forêts
Enfin des routes départementales
Nous voici à Saint-Genis-de-Saintonge
Il y a de la circulation aujourd'hui !
Je préfère ne pas regarder...
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
La nuit a été
terriblement chaude. Les fenêtres de ma carapace sont restées
ouvertes jusqu’à l’aube, laissant entrer un air tiède chargé
de sable et d’été. Même les moustiques semblaient voler au
ralenti sous cette chaleur écrasante.
Heureusement, un léger
vent s’est levé ce matin le long du Boudigau. Malgré les
vingt-sept degrés annoncés par la grenouille météo, l’air
devenait presque agréable pour rejoindre le marché de Capbreton.
À peine arrivé, le
Lièvre s’est mis à gambader entre les étals avec l’enthousiasme
d’un jeune lapin lâché dans un potager. Sous les parasols blancs,
les espadrilles colorées débordaient des caisses en bois :
rayures marines, tissus fleuris, rouge, turquoise ou jaune soleil…
tout respirait les vacances.
Autour de nous, le marché
chantait. Les commerçants interpellaient les passants, les paniers
roulants claquaient sur les pavés et un bébé tortue en tricycle
s’est même fait gronder après avoir roulé sur les pieds d’un
pauvre monsieur scandalisé.
Par moments, je
retrouvais les marchés de mon enfance, ceux où mes parents
m’emmenaient pendant les vacances. Les mêmes odeurs de tissu neuf,
de soleil et de gourmandise semblaient flotter sous les halles.
À l’intérieur du
marché couvert, les parfums devenaient encore plus irrésistibles :
poulets rôtis, jambon grillé dans la graisse de canard, fromages
puissants, miel doré et pâtisseries tièdes. Le Lièvre, les
moustaches frémissantes, ne savait plus où donner des oreilles. Il
a d’ailleurs acheté beaucoup… vraiment beaucoup de fromage pour
notre apéritif dînatoire de ce soir, car un couple de voisins
ensablés et un couple d’amis viendront partager avec nous une
dernière soirée avant les départs.
Demain, ma carapace
retrouvera pourtant l’asphalte en direction du nord.
Alors aujourd’hui, j’ai
simplement pris le temps de regarder les étoffes danser dans le
vent, les bijoux briller au soleil et les visages heureux se croiser
sous les platanes.
Mon carnet vert, lui,
attend déjà de recueillir tous ces petits souvenirs avant qu’ils
ne s’effacent comme des traces de pas sur le sable.
***
«Les souvenirs sont
des îles qui flottent dans le brouillard du temps.»
Christian Bobin (1951 –
2022), écrivain et poète
***
Vous aviez
le 8 indices du dernier quiz. Avez-vous trouvez la bonne réponse ?
Je vous rappelle les indices :
Rare en
Europe, on me trouve de façon industrielle en Suède ou en
Finlande, et historiquement en Espagne.
Je suis si
malléable qu'une infime quantité de ma matière peut être étirée
en un fil de plusieurs kilomètres.
Ma
structure atomique me rend quasi indestructible : je suis
inoxydable et je résiste à presque tous les acides.
J'ai
longtemps servi de «langage silencieux» pour marquer
l'appartenance aux classes sociales les plus privilégiées.
Je nais
dans les filons de quartz profonds avant d'être libéré par les
mouvements tectoniques et l'érosion.
Considéré
comme la «chair des dieux», j'étais sculpté en masques
funéraires pour garantir l'immortalité des rois.
Ma densité
très élevée permet de me piéger au fond d'un récipient en me
séparant du sable par lavage.
Métal
jaune inaltérable, je suis la matière reine des alliances et du
prestige depuis des millénaires.
Je ne suis
pas du Tungstène, du cuivre, du fer, du mercure, du cinabre, du
platine ou de l'inox. Mais je suis bien l'Or
Bravo Ahmed,
Brigitte, Francine, Lysiane, Blandine et toutes les personnes qui se
reconnaîtront.
Merci à
tous les participants de ce dernier quiz. Depuis décembre, vous
avancez à nos côtés avec une fidélité qui me touche
profondément, que ce soit sur les routes ou simplement à travers
mes mots.
Mais
rassurez-vous : seul le quiz referme aujourd’hui sa petite
parenthèse. Le Lièvre gambade encore, ma carapace poursuit sa
route, et l’aventure est loin d’avoir atteint l’horizon.
***
Depuis des
millénaires, l’or occupe une place unique dans l’histoire de
l’humanité. Aucun autre métal précieux n’a suscité autant de
fascination et de convoitise. Associé à la richesse, au pouvoir, à
l’amour et à l’éternité, l’or traverse les civilisations et
les époques sans jamais perdre de son prestige. Aujourd’hui
encore, il demeure la matière noble par excellence dans l’univers
du bijou, incarnant à la fois la tradition et l’excellence.
L’une des
particularités les plus remarquables de l’or est qu’il peut être
trouvé à l’état brut (or natif) directement dans la nature, sans
transformation chimique préalable. Cette caractéristique explique
pourquoi il fut l’un des premiers métaux découverts par l’homme.
Bien avant l’invention des outils complexes, l’or attirait déjà
le regard par sa couleur jaune éclatante et son éclat
inaltérable.
Les
gisements d’or sont le résultat de phénomènes géologiques
anciens. Formé dans les profondeurs de la Terre, l’or a été
transporté vers la surface par des mouvements tectoniques, des
éruptions volcaniques et l’érosion.
Les
premières utilisations connues de l’or remontent à environ 4.500
ans avant notre ère, comme le montrent des objets découverts en
Europe de l’Est. L’or a sans doute été remarqué très tôt car
on peut le trouver naturellement dans les rivières sous forme de
petites pépites. Il a ensuite été utilisé par plusieurs grandes
civilisations anciennes, comme l’Égypte et la Mésopotamie vers
3.000 av. J-C, la vallée de l’Indus, la Chine un peu plus tard, et
certaines cultures d’Amérique du Sud.
Dès ces
premières découvertes, l’or est immédiatement associé au sacré
et au divin. Sa rareté et sa beauté naturelle en font un métal
précieux à part, perçu comme un don de la terre. Cette origine
naturelle explique pourquoi l’or reste rare, limité et toujours
aussi précieux, que ce soit pour l’investissement, l’industrie
ou la création de bijoux en or intemporels.
Très tôt,
l’or est utilisé pour fabriquer des objets décoratifs et
symboliques. Sa malléabilité exceptionnelle permet de le façonner
facilement, même avec des techniques primaires. Les premières
sociétés humaines créent ainsi des bijoux en or, des ornements
corporels et des objets rituels destinés aux cérémonies ou aux
divinités.
Dans
l’Égypte antique, l’or est considéré comme la matière des
dieux. Les pharaons sont enterrés avec des bijoux en or, des
amulettes et des masques funéraires destinés à les accompagner
dans l’au-delà. L’or devient un symbole d’immortalité et
d’intemporalité, une symbolique qui perdure encore aujourd’hui
dans la bijouterie, notamment à travers les alliances et les bagues
en or.
Le célèbre
masque en or de Toutankhamon, pharaon égyptien du XIVe siècle av.
J-C., trouvé dans sa tombe dans la Vallée des Rois.
En
parallèle, d’autres civilisations utilisent l’or comme marqueur
de pouvoir politique et social. Porter un bijou en or signifiait
appartenir à une classe privilégiée, un langage silencieux que
l’or continue de véhiculer dans la joaillerie contemporaine.
Au cours de
l’histoire, l’or ne se limite plus à un usage décoratif ou
religieux. Il devient progressivement un instrument économique
majeur. Vers le VIIᵉ siècle avant J-C, les premières pièces de
monnaie en or apparaissent. Cette innovation transforme durablement
les échanges commerciaux et renforce la place de l’or comme valeur
universelle.
Durant
l’Empire romain, puis tout au long du Moyen Âge, l’or est au
cœur des systèmes monétaires et du pouvoir des royaumes. Il sert à
financer les guerres, les constructions monumentales et le
développement des arts. Les bijoux en or gagnent en sophistication
grâce aux progrès de l’orfèvrerie et à l’apparition de
techniques de sertissage de pierres précieuses.
À la
Renaissance, l’or devient une véritable œuvre d’art. Les
artisans joailliers repoussent les limites de la créativité,
donnant naissance à des bijoux en or d’une grande finesse, souvent
porteurs de messages symboliques ou amoureux.
L’or reste
un métal universellement précieux, présent sur tous les
continents. Certains pays abritent les gisements les plus riches et
sont à la pointe de la production mondiale. La Chine est aujourd’hui
le plus grand producteur d’or au monde, suivie par des nations
comme l’Australie, la Russie, le Canada ou encore les États-Unis,
où l’or est exploité dans des mines à ciel ouvert ou
souterraines.
L’Afrique
joue également un rôle central dans l’industrie aurifère.
L’Afrique du Sud, historiquement célèbre pour ses mines
légendaires, continue de produire d’importantes quantités d’or,
tandis que des pays comme le Ghana, le Mali et le Burkina Faso se
positionnent parmi les principaux producteurs du continent. La
République démocratique du Congo, quant à elle, possède
d’importants gisements dans l’est du pays. Bien que
l’exploitation industrielle reste limitée dans certaines régions,
ces gisements contribuent au potentiel aurifère considérable de
l’Afrique centrale.
En Europe,
la production d’or reste modeste mais historique. La Suède et la
Finlande disposent de mines industrielles actives, tandis que
l’Espagne et le Portugal possèdent des gisements exploités depuis
l’Antiquité. En France, l’or est rare mais présent, notamment
en Guyane avec l’or alluvial (présent dans les rivières), ainsi
que dans les montagnes des Vosges et du Jura, où des traces
historiques témoignent des anciennes exploitations.
L’extraction
de l’or a considérablement évolué au fil du temps. Pendant des
siècles, elle a été pratiquée de manière artisanale, notamment
par l’orpaillage. Cette méthode traditionnelle consiste à
rechercher l’or dans les lits des rivières, où il se dépose
naturellement sous forme de paillettes ou de petites pépites. Grâce
à sa densité élevée, l’or peut être séparé du sable et des
graviers par simple lavage. L’orpaillage reste encore pratiqué
aujourd’hui dans certaines régions du monde, comme en Afrique, en
Amérique du Sud ou en Guyane française.
Avec le
temps, l’extraction de l’or s’est largement industrialisée.
Les techniques modernes permettent désormais d’exploiter des
gisements situés dans la roche, à travers des mines à ciel ouvert
ou souterraines. L’or est ensuite fondu et purifié afin d’obtenir
de l’or fin.
Une fois
extrait, l’or est affiné pour atteindre différents niveaux de
pureté. En bijouterie, l’or pur, aussi appelé or 24 carats, est
trop malléable pour un usage quotidien. Il est donc allié à
d’autres métaux afin d’améliorer sa résistance. C’est ainsi
que naissent les différents carats de l’or, comme l’or 18
carats, référence incontournable dans la création de bijoux en or
de qualité, mais aussi l’or 14 carats ou 9 carats, selon le
pourcentage d’or contenu dans l’alliage.
L’or
occupe une place centrale dans l’univers de la bijouterie depuis
des milliers d’années. Sa capacité à traverser le temps sans
s’altérer en fait un matériau idéal pour la création de bijoux
durables, destinés à être portés et transmis.
Selon les
alliages utilisés, l’or se décline en différentes couleurs. L’or
jaune incarne la tradition et l’authenticité, l’or blanc séduit
par son élégance contemporaine, tandis que l’or rose apporte une
touche de douceur et de modernité. Ces variations permettent de
créer des bijoux en or adaptés à tous les styles et à toutes les
générations.
Si l’or
est toujours aussi prisé aujourd’hui, c’est parce qu’il
possède des propriétés exceptionnelles. Il ne s’oxyde pas, ne
rouille pas et conserve son éclat au fil du temps. Il est également
rare, ce qui garantit sa valeur sur le long terme.
Les bijoux
en or sont souvent chargés d’émotion, associés à des moments de
vie importants comme une naissance, un mariage ou un anniversaire.
Cette dimension symbolique renforce encore la valeur de l’or, bien
au-delà de son prix.
De sa
découverte dans la nature à sa transformation en bijoux en or
raffinés, l’or incarne une histoire millénaire faite de
savoir-faire, de symboles et d’émotions. Métal précieux par
excellence, il traverse les époques sans jamais perdre de sa valeur
ni de sa beauté.
***
Sur le marché de Capbreton
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Depuis hier, la chaleur
écrase tout. Même à vingt-trois heures, l’air reste brûlant, et
je préfère ne pas imaginer la température à l’intérieur de ma
carapace.
Heureusement, mon lièvre
et moi avons trouvé refuge sous un grand chêne des marais.
L’après-midi, nous nous abandonnons à l’ombre des branches qui
craquent doucement pendant que le petit linge sèche presque aussitôt
étendu.
Demain, nous irons flâner
dans les allées du marché de Capbreton. Rien qu’en y pensant,
j’entends déjà les voix des commerçants, le roulis des paniers
sur les pavés et les toiles qui claquent dans le vent.
Je devine aussi les
odeurs : pâtisseries encore tièdes, poulets dorés, jambon
grillé dans la graisse de canard… Les marchés ont toujours un
parfum de vacances et de gourmandise.
Mais cela… je vous le
raconterai demain.
En attendant, nous
préparons doucement le départ vers le Nord. Mon carnet vert
retrouvera sa place habituelle, en équilibre sur mes genoux, pendant
que nous tenterons de contourner Bordeaux, dimanche, presque seuls au
monde.
Et ça, croyez-moi, tient
déjà du miracle.
***
«Les souvenirs sont
les parfums de l’âme.»
George Sand, (1804 -
1876), romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire,
journaliste et peintre française
***
Voici le
dernier quiz, vous avez le 8 indices. Vous pouvez indiquer autant de
solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !
Attention, je me tairai sur vos réponses. Le résultat sera en ligne demain.
Rare en
Europe, on me trouve de façon industrielle en Suède ou en
Finlande, et historiquement en Espagne.
Je suis si
malléable qu'une infime quantité de ma matière peut être étirée
en un fil de plusieurs kilomètres.
Ma
structure atomique me rend quasi indestructible : je suis
inoxydable et je résiste à presque tous les acides.
J'ai
longtemps servi de «langage silencieux» pour marquer
l'appartenance aux classes sociales les plus privilégiées.
Je nais
dans les filons de quartz profonds avant d'être libéré par les
mouvements tectoniques et l'érosion.
Considéré
comme la «chair des dieux», j'étais sculpté en masques
funéraires pour garantir l'immortalité des rois.
Ma densité
très élevée permet de me piéger au fond d'un récipient en me
séparant du sable par lavage.
Métal
jaune inaltérable, je suis la matière reine des alliances et du
prestige depuis des millénaires.
***
À l'ombre des chênes marais
Tu cherches une place à l'ombre ?
Il va vite sécher avec ce soleil
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Aujourd’hui, le soleil
a cette insolence douce des jours déjà pleins de lumière.
Mon lièvre sommeille à
l’ombre d’un sapin, abandonné à un transat trop confortable,
tandis que le linge, fraîchement lavé, bat au vent comme une
joyeuse rumeur de vacances.
Dans la salle des
machines, les hublots dessinent des mondes en rotation lente. Le
linge y voyage comme de petites embarcations ballottées dans une eau
savonneuse, accompagnées par ce grondement sourd et rassurant que
connaissent bien les voyageurs de la route.
À proximité, d’autres
rythmes s’entremêlent : une voix qui compte, des pas qui
s’ajustent, des éclats d’enfance qui apprennent à flotter entre
deux consignes. La vie, simplement, dans ses gestes répétés.
Plus tard, sur le chemin
du retour, les couleurs sèchent au soleil, rouges, bleues, fleuries,
suspendues entre ciel et terre comme une parenthèse lumineuse.
La journée, elle, se
déploie sans urgence.
Des voyageurs, hier, ont
croisé notre route. Leur maison roulante s’était laissée
surprendre par le sable. Phil et moi avons prêté main forte à ce
léger désordre du chemin, comme on le fait sans y penser, entre
deux haltes.
En échange, une
invitation nous a été offerte pour le soir. J’y répondrai avec
simplicité, fidèle à mes habitudes silencieuses.
Quant à moi, entre deux
pages d’un autre temps, Singapour, 1942, je poursuis mon propre
récit dans le carnet vert qui ne me quitte jamais.
Et cette pensée revient,
douce et insistante :le voyage demande-t-il vraiment plus de
pages… ou seulement plus de temps ?
***
«Il faut du temps
pour apprécier les choses simples.»
Marguerite Duras, nom de
plume de Marguerite Donnadieu (1914 – 1996),
écrivaine, dramaturge,
scénariste et réalisatrice française
***
Voici le
dernier quiz, il y a 8 indices. Vous pouvez indiquer autant de
solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !
Attention, je me tairai sur vos réponses. Le résultat sera en ligne
le 23 mai, samedi.
Rare en
Europe, on me trouve de façon industrielle en Suède ou en
Finlande, et historiquement en Espagne.
Je suis si
malléable qu'une infime quantité de ma matière peut être étirée
en un fil de plusieurs kilomètres.
Ma
structure atomique me rend quasi indestructible : je suis
inoxydable et je résiste à presque tous les acides.
J'ai
longtemps servi de «langage silencieux» pour marquer
l'appartenance aux classes sociales les plus privilégiées.
Je nais
dans les filons de quartz profonds avant d'être libéré par les
mouvements tectoniques et l'érosion.
Considéré
comme la «chair des dieux», j'étais sculpté en masques
funéraires pour garantir l'immortalité des rois.
Ma densité
très élevée permet de me piéger au fond d'un récipient en me
séparant du sable par lavage.
***
Mon précieux carnet
Chut !
Ah c'est bientôt fini...
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Capbreton est réputée
pour ses séjours iodés entre océan et pins maritimes, mais cette
fois nous n’y faisons qu’une courte halte. Il faut dire que nous
connaissons déjà bien la région pour l’avoir tant de fois
parcourue à vélo à l’automne, les mollets chauffés par les
longues pistes landaises et le parfum résineux des forêts nous
accompagnant à chaque détour.
Quel bonheur pourtant de
retrouver ici une chose toute simple : parler sans chercher ses
mots au fond d’un dictionnaire invisible. Après des mois passés à
jongler avec les langues étrangères, entendre autour de soi des
conversations familières ressemble presque à des vacances.
Et puis il y a les amis
de passage. Eux descendent vers le Sud pendant que nous remontons
obstinément vers le Nord, comme deux courants migrateurs se croisant
le temps d’une marée. Pendant que nous parlions lectures, écriture
et souvenirs de voyage, les hommes faisaient s’entrechoquer leurs
boules de pétanque dans un joyeux concert métallique sous le soleil
landais.
Pour rejoindre le
restaurant, il nous fallait franchir le Boudigau. Comme souvent, je
me suis arrêtée quelques instants. Impossible de résister à cette
rivière paisible glissant entre les pins et les herbes folles. Son
eau sombre reflétait le ciel pâle tandis que quelques rides de vent
froissaient doucement sa surface. Mon lièvre, lui, hésitait entre
contempler le paysage et rejoindre rapidement le restaurant. Mais
chez les lièvres, l’appel de l’estomac finit souvent par gagner
la course.
Dans les rues de
Capbreton, les vitrines lumineuses succédaient aux odeurs chaudes de
boulangerie. Je n’ai d’ailleurs pas résisté à un petit haut
bleu marine aperçu dans une boutique avant de rejoindre nos amis au
restaurant «La Place».
Pendant que les garçons
savouraient leur bœuf façon thaï et que mon amie dégustait des
chipirons, je me régalais d’un filet de merlu accompagné d’une purée de pommes de terre délicieuse. Quant au fondant au chocolat dont je rêvais… des
gourmands étaient passés avant moi. Je me suis donc consolée avec
une généreuse gaufre nappée de chocolat.
Autour de nous, les
verres tintaient, les conversations se mêlaient au frottement des
chaises sur la terrasse ensoleillée, tandis que la jeune serveuse
virevoltait entre les tables avec une gentillesse naturelle qui
rendait l’instant encore plus agréable.
Finalement, ce déjeuner
avait surtout le goût des retrouvailles et de ces moments simples
que seuls les vrais amis savent encore offrir.
Nous resterons ici
quelques jours encore, sous les pins et les cris des mouettes.
Puis dimanche, ma
carapace reprendra doucement la route.
***
«Voyager est un
triple plaisir : l’attente, l’éblouissement et le souvenir.»
Ilka Chase (1905 –
1978), actrice
***
Voici le
dernier quiz, il y a 8 indices. Vous pouvez indiquer autant de
solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !
Attention, je me tairai sur vos réponses. Le résultat sera en ligne
le 23 mai.
Rare en
Europe, on me trouve de façon industrielle en Suède ou en
Finlande, et historiquement en Espagne.
Je suis si
malléable qu'une infime quantité de ma matière peut être étirée
en un fil de plusieurs kilomètres.
Ma
structure atomique me rend quasi indestructible : je suis
inoxydable et je résiste à presque tous les acides.
J'ai
longtemps servi de «langage silencieux» pour marquer
l'appartenance aux classes sociales les plus privilégiées.
Je nais
dans les filons de quartz profonds avant d'être libéré par les
mouvements tectoniques et l'érosion.
Considéré
comme la «chair des dieux», j'étais sculpté en masques
funéraires pour garantir l'immortalité des rois.
***
Dans les rues de Capbreton
Une belle vitrine
Le Boudigau
Mon filet de poisson sur un lit de purée de pommes de terre
Plus de fondant au chocolat !
Tu pointes ou tu tires ?
Regarde, j'ai vraiment aimé ce livre.
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Il était à peine huit
heures lorsque ma carapace a repris le ruban noir de l’autoroute,
toujours vers le Nord.
La nuit n’avait pas été
très paisible. Entre les entrepôts et les hangars commerciaux, ma
carapace a somnolé au son des poids lourds. Dès l’aube, les
chariots élévateurs entamaient leur danse métallique sous les
néons blafards, déchargeant déjà les marchandises qui, quelques
heures plus tard, attendraient bien sagement dans les rayons des
supermarchés.
Les yeux encore chargés
de sommeil, j’avais programmé le GPS avec la précision d’une
vieille horloge suisse : direction Capbreton. La France.
Et puis, il faut bien
l’avouer, l’autoroute ménage davantage les forces de ma
carapace. Avec le prix du carburant qui grimpe plus vite qu’un
lièvre apeuré, elle préfère désormais les longues lignes droites
aux détours trop gourmands.
Mon précieux carnet vert
posé sur les genoux, un crayon de bois serré entre les doigts, je
regardais défiler le paysage derrière le pare-brise. Je guettais
les panneaux afin de confirmer à mon lièvre que le GPS ne nous
égarait pas.
L’autoroute, toujours
l’autoroute… Des camions. Encore des camions. Certains si
immenses que ma carapace semblait soudain minuscule à côté d’eux.
Les pneus ronflaient sur le goudron déjà tiède et cette odeur
d’asphalte chaud annonçait les longs kilomètres de voyage.
Puis les Pyrénées sont
apparues. Immenses. Boisées. Presque irréelles sous le ciel pâle.
L’autoroute serpentait entre les montagnes, suspendue parfois sur
de hauts viaducs, comme une fragile cicatrice tracée par l’homme
au cœur de la roche.
Et moi, petite tortue
derrière ma vitre, je regardais ce spectacle avec les yeux
émerveillés d’un enfant.
Enfin, un panneau
surgit : «Francia». Je crois que mon cœur a battu un peu plus
fort.
Quelques kilomètres plus
loin, les Landes nous accueillirent avec leur odeur reconnaissable
entre mille : celle des pins chauffés par le soleil, des
vacances et des longues promenades sous les aiguilles sèches. La
route s’enfonçait désormais sous une cathédrale de verdure où
la lumière jouait avec les feuillages.
Et nous voici enfin
arrivés à Capbreton, dans les Landes.
Ma carapace va pouvoir se
reposer quelques jours sous les pins en écoutant le bruissement des
vagues qui me manquaient tant, pendant que moi, fidèle tortue au
carnet vert, je continuerai de remplir mes pages d’odeurs, de
lumière, de souvenirs… et de petites aventures à venir.
Mais tout cela n’est
encore qu’une esquisse. Une simple toile préparatoire seulement.
Car la véritable galerie prendra vie plus tard, dans mon roman… Je
ne vais tout de même pas dévoiler toutes mes couleurs dès
aujourd’hui.
***
«Le vrai voyageur ne
sait pas où il va.»
Paul Morand (1888 –
1976), écrivain, diplomate et académicien français.
***
Voici le
dernier quiz, il y a 8 indices. Vous pouvez indiquer autant de
solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !
Attention, je me tairai sur vos réponses. Le résultat sera en ligne
le 23 mai.
Rare en
Europe, on me trouve de façon industrielle en Suède ou en
Finlande, et historiquement en Espagne.
Je suis si
malléable qu'une infime quantité de ma matière peut être étirée
en un fil de plusieurs kilomètres.
Ma
structure atomique me rend quasi indestructible : je suis
inoxydable et je résiste à presque tous les acides.
J'ai
longtemps servi de «langage silencieux» pour marquer
l'appartenance aux classes sociales les plus privilégiées.
Je nais
dans les filons de quartz profonds avant d'être libéré par les
mouvements tectoniques et l'érosion.
***
Enfin, la France !
Oh Paris est encore loin. Mais... Je n'habite pas la capitale.
Les Landes
Nous sommes à Capbreton
La route est longue pour traverser l'Espagne
Mais où vas-tu ainsi, tu ne gardes pas des moutons...
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Bien reposés, ma
carapace parfaitement refroidie après la route de la veille, nous
reprenions l’autovía espagnole toujours en direction du Nord. La
France semble désormais presque à portée de roues.
Et la route continuait de
dérouler son long ruban gris sous nos yeux. Moi, fidèle tortue
curieuse, je passais mon temps à regarder partout à la fois :
à droite par la fenêtre, à gauche derrière les glissières, puis
droit devant à travers le pare-brise, de peur de laisser s’échapper
la moindre belle image.
Il faut dire que j’ai
une confiance absolue en mon lièvre chauffeur. Avant même le
départ, j’avais déjà réglé le GPS avec le sérieux d’un
capitaine préparant sa traversée. Je pouvais donc me distraire sans
inquiétude, levant à peine parfois les yeux de mon précieux carnet
vert où je griffonnais les souvenirs du voyage pendant que les
paysages défilaient comme des pages tournées par le vent.
Par endroits, les ceps de
vigne s’alignaient au cordeau comme de petits soldats disciplinés
sous le ciel d’hiver. Ces sarments noueux donneront bientôt le
grenache, ce raisin généreux capable d’offrir des vins rouges
puissants, colorés et chaleureux, presque aussi bavards que les
Espagnols croisés sur les places des villages.
Au centre de la voie
rapide, des bouquets de genêts jaunes dansaient sous le souffle des
véhicules. À chaque passage de camion ou de voiture, leurs branches
frémissaient comme si ces fleurs sauvages nous saluaient poliment au
bord du chemin pour nous souhaiter buena ruta.
À Nava del Rey, de
grands arroseurs déployaient leurs longs bras métalliques au-dessus
des cultures récemment plantées. L’eau jaillissait en pluie fine
dans un léger cliquetis régulier, et durant quelques secondes
j’imaginais presque ma carapace traversant cette douche géante
comme une tortue trop curieuse passant sous un orage volontaire.
À l’entrée de Burgos,
de vastes garages automobiles étalaient des rangées entières de
véhicules brillants sur leurs parkings. Vue de ma hauteur, cette
accumulation de voitures miniatures me ramènait brusquement des
années en arrière : on aurait dit le garage de mon petit frère
lorsqu’il alignait soigneusement ses voitures en plastique sur la
moquette du salon avant de provoquer un gigantesque accident
imaginaire.
Puis la nature a repris
doucement ses droits. Nous longions un moment le canal de Castille
dont les eaux calmes glissaient silencieusement entre les herbes
sauvages. L’air semblait soudain plus frais, presque humide, chargé
d’une légère odeur de terre et de mousse.
Dans les champs déjà
moissonnés, les agriculteurs ont laissé derrière eux d’énormes
ballots de paille enrubannés de blanc. Éparpillés dans les
plaines, ils ressemblaient à de gigantesques champignons poussés
pendant la nuit sous la rosée espagnole.
Et peu à peu, au loin,
les montagnes apparaissaient enfin. Les Pyrénées.
Sous un ciel couleur
d’acier, des nuages blancs reposaient sur les sommets comme de la
laine oubliée par le vent. Les pentes verdoyantes semblaient
couvertes d’un velours épais où venaient s’accrocher des
plaques de lumière pâle.
Soudain, sur le bas-côté,
une semi-remorque couchée sur le flanc surgissait dans notre champ
de vision. Dans cette position étrange, elle paraissait démesurée,
presque irréelle. Le silence s’installait quelques secondes dans
l’habitacle. J’espèrais seulement que son chauffeur s’en est
sorti sans blessure.
La route devenait alors
plus sinueuse et s’enfonçait au cœur d’un paysage montagneux
spectaculaire. D’immenses falaises grises, striées de jaune ocre
et de rouille, encadraient désormais notre chemin. Par endroits, des
arbustes courageux et des herbes sauvages s’accrochaient dans les
fissures de la roche comme pour empêcher la montagne de s’effondrer
dans le vide.
Deux tunnels perçaient
soudain la masse rocheuse, l’un pour chaque sens de circulation.
Nous nous sommes engouffrés dans le nôtre. Pendant quelques
instants, la lumière du jour a disparu, remplacée par les lueurs
pâles des lampes suspendues au plafond et le grondement sourd des
pneus résonnant contre les parois sombres.
Puis la lumière a
réapparu brusquement. La circulation est devenue plus dense. Des
camions immatriculés de tous les pays valsaient entre voitures,
poids-lourds et carapaces voyageuses comme la mienne. Nous sommes
lundi, après un long week-end de l’Ascension, il faut dire que le
travail a repris.
Et déjà, Miranda de
Ebro nous a accueillis pour une nouvelle halte. Une pause. Une nuit
de repos encore.
Demain, ma carapace
franchira la frontière française.
***
«Voyager, c’est
donner un sens au hasard.»
Nicolas Bouvier (1929 -
1998) ,écrivain, photographe, iconographe et voyageur suisse
***
Voici le
dernier quiz, il y a 8 indices. Vous pouvez indiquer autant de
solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !
Attention, je me tairai sur vos réponses. Le résultat sera en ligne
le 23 mai.
Rare en
Europe, on me trouve de façon industrielle en Suède ou en
Finlande, et historiquement en Espagne.
Je suis si
malléable qu'une infime quantité de ma matière peut être étirée
en un fil de plusieurs kilomètres.
Ma
structure atomique me rend quasi indestructible : je suis
inoxydable et je résiste à presque tous les acides.
J'ai
longtemps servi de «langage silencieux» pour marquer
l'appartenance aux classes sociales les plus privilégiées.
***
Nous voici à Miranda de Ebro
Nouvelle lecture pour chacun
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !