L'orage est arrivé
après plusieurs jours de chaleur écrasante. La pluie tombe par
intermittence, redonnant à l'herbe un vert éclatant tandis que
l'odeur de terre humide remonte du sol. Entre deux averses, les
feuilles secouées par le vent laissent tomber leurs gouttes d'eau et
le coucou continue de chanter comme si de rien n'était.
Cette météo semble accompagner notre humeur du
moment. Demain, nous quitterons la Charente-Maritime pour poursuivre
notre remontée vers la Bretagne.
Mon lièvre, toujours aussi prévoyant, a déjà
tout rangé avant que la pluie ne s'installe. Les serviettes de plage
sont au fond d'un coffre, à côté de quelques trésors rapportés
du Maroc : du miel de caroubier, quelques souvenirs et des
cadeaux qui seront bientôt offerts.
À mon doigt, une bague en argent sertie d'un onyx
me rappelle Assilah. C'est le dernier souvenir que mon lièvre m'a
offert avant notre retour. Chaque fois que je la regarde, je revois
les ruelles blanches de la ville, nos derniers dirhams et les
derniers instants passés sur cette terre marocaine que nous avons
tant aimée.
Le voyage touche doucement à sa fin, même s'il
nous reste encore une étape avant de retrouver notre famille puis
notre maison.
Demain, ma carapace reprendra donc la route vers le
nord. Mes bagages ne sont pas encore défaits, et mon carnet vert n'a
pas encore écrit son dernier mot.
***
«...Il y a la
montagne à gravir et les étapes pour arriver au sommet. Ces étapes
sont votre quotidien.»
Yannick Noah, chanteur
et ancien joueur de tennis franco-camerounais
***
😏
La grenouille me l'avait dit !
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Ce
n'est pas toujours facile de reprendre son souffle après une journée
de transition. Hier, la fête des Mères occupait les pensées et les
conversations. Mon carnet vert reposait sur la table, obstinément
fermé. L'inspiration semblait avoir pris congé.
Et
pourtant, il suffisait de peu. Il suffisait de lever les yeux, de
glisser mon carnet vert sous le bras et d'enfiler mes sabots blancs
marocains, ces fidèles «Crocs» achetées au royaume du soleil. Il
suffisait de partir marcher autour du lac de la Boutonne sous un ciel
bleu pâle lavé par la lumière de juin.
À
peine avais-je quitté ma carapace que les premières marguerites
levaient déjà le nez dans l'herbe tendre, comme de petites
conseillères blanches aux cœurs jaunes venues me rappeler que les
histoires ne sont jamais bien loin. Peu à peu, je sentais mon
imagination se remettre en marche. Le parc était en effervescence.
À
l'ombre des grands arbres, des familles entières semblaient avoir
répondu à un mystérieux appel dominical. Autour de longues tables
de bois ou sur des couvertures étalées dans l'herbe fraîchement
tondue, les générations se mélangeaient dans un joyeux désordre.
Les glacières bleues et jaunes côtoyaient les paniers d'osier
débordant de victuailles. Les plus anciens refaisaient le monde
tandis que les plus jeunes, le regard souvent happé par leurs écrans
lumineux, semblaient partager leur attention entre le réel et le
virtuel. Je m'amusais à imaginer les conversations qui
s'entrecroisaient comme autant de fils invisibles.
Un
peu plus loin, la guinguette étalait sa bonne humeur sur une pelouse
d'un vert presque insolent. Sous un patio ombragé, un pianiste et
une chanteuse faisaient danser les notes connues dans l'air tiède.
Quelques couples avaient déjà investi une piste improvisée,
oubliant l'âge et les douleurs du quotidien. Je m'arrêtai sous un
Albizia dont les fleurs roses tombaient doucement sur le sol comme
une pluie de confettis. Le parfum léger des fleurs se mêlait aux
odeurs de cuisine et au bruissement des conversations. Sans même
m'en rendre compte, je marquais la cadence du pied. La vie
poursuivait son spectacle.
Sur
une aire dégagée, un homme torse nu et une jeune femme en tenue
légère échangeaient quelques paniers de basket avec l'énergie
insouciante des beaux jours. Plus loin encore, l'aire de jeux
résonnait des éclats de rire des enfants. Les structures colorées
semblaient avoir été construites pour fabriquer du bonheur. Les
plus téméraires bondissaient dans un château gonflable qui
ondulait comme un navire pris dans une mer joyeuse laissant devant
son entrée un petit désordre de sandales et de chaussures d'été
bigarrées.
Mais
comme toujours, la Tortue finit par chercher le calme.
Je
quittai peu à peu le tumulte pour rejoindre mon lièvre assis sur un
banc, tranquille sous un sapin, et les abords du lac. Là, deux
enfants, probablement frère et sœur, jouaient dans l'eau fraîche
qui s'échappait du trop-plein. Leurs cheveux crépus brillaient sous
le soleil et la fillette portait une magnifique tresse africaine qui
lui descendait jusqu'au bas des reins, s'amusaient dans l'eau fraîche
qui s'échappait du trop-plein. Ils lançaient des pierres avec un
enthousiasme admirable mais une technique encore perfectible. Je
souris en constatant qu'ils ignoraient manifestement l'art délicat
des ricochets, lequel exige des pierres plates, un geste précis et
une bonne dose de patience.
Plus
loin encore, la foule s'effaçait. Les odeurs chaudes de l'herbe
séchée par le soleil cédaient la place à la fraîcheur humide du
plan d'eau où quelques canards se frayaient un chemin en essayant
d'attraper les morceaux de pain lancés depuis la berge. Sous un
grand sapin, un homme en pantalon beige et chemisette claire était
assis sur un banc de bois. Les jambes croisées, plongé dans son
livre de poche, il semblait avoir disparu du monde. Même nos pas ne
parvinrent pas à troubler son voyage immobile.
Nous
avons poursuivi notre promenade en silence.
Nous
sommes désormais sur le chemin du retour. Le Maroc s'éloigne
doucement dans mon rétroviseur intérieur et je me demande parfois
comment terminer ce roman de voyage. Faut-il déjà songer à un
épilogue ?
Je
ne le crois pas. Car
l'aventure n'est pas tout à fait achevée. Il reste encore quelques
jours à vivre ici, à Saint-Jean-d'Angély. D'autres chemins nous
attendent encore avant que je ne vide définitivement ma carapace et
ne referme mon carnet vert.
Alors,
si le cœur vous en dit, continuez simplement à tourner les pages
avec moi. Le jour où vous refermerez la couverture de ce carnet, mes
souvenirs auront trouvé leur place. Mais pour l'instant, la Tortue
n'a pas encore terminé sa route.
***
«À chaque promenade
dans la nature, on reçoit bien plus que ce que l'on cherche. Le
soleil ne brille pas sur nous, mais en nous.»
John Muir (1838 –
1914), écrivain américain
***
J'ignorai que tu étais si agile, attends je vais te décrire sur dans mon carnet vert
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Aujourd’hui est un jour
très particulier. Un jour qui n’appartient ni aux paysages, ni aux
voyages, ni aux découvertes. Un jour dédié à toutes les mamans du
monde.
Pour une fois, je ne vous
parlerai ni de la météo, ni d’une route sinueuse, ni d’un
village au détour d’une montagne. Je pose mon carnet de voyage
pour ouvrir celui de mon cœur. Ce chapitre est pour toi, maman.
Neuf mois d’attente
pour me donner la vie, puis des années de présence discrète, de
sacrifices silencieux et d’amour inconditionnel. Quand je repense à
mon enfance, je revois cette petite fenêtre laissant entrer une
lumière douce sur ta machine à coudre. Combien d’heures as-tu
passées à confectionner mes vêtements avec patience et minutie ?
À l’époque, je ne mesurais pas la valeur de ces gestes.
Aujourd’hui, je comprends qu’ils étaient tissés d’amour.
Je me souviens de tes
mains posées sur mes genoux écorchés, de tes mots qui calmaient
les larmes. Les petits bobos d’enfant paraissent immenses lorsque
l’on est petit, et tu savais toujours transformer les peurs en
courage et les chagrins en sourires.
Je me souviens aussi de
ton écoute, même lorsque la fatigue alourdissait tes journées. Tu
trouvais toujours le temps d’accueillir mes histoires, mes rêves,
mes joies et mes inquiétudes. Ce temps offert était précieux.
Une maman, nous n’en
avons qu’une. Elle est notre premier refuge, notre première voix,
notre première main. Même lorsque les années passent et que les
chemins s’éloignent, son amour demeure, discret et fidèle, comme
une lumière qui ne s’éteint jamais.
Aujourd’hui, maman, je
veux simplement te dire merci. Merci pour ta patience, ton courage,
et tous ces gestes simples devenus immenses avec le temps.
Je te souhaite la plus
belle des fêtes des mères, celle que tu mérites depuis toujours.
Que cette journée soit douce, tendre et lumineuse, à ton image.
Avec tout mon amour.
***
«Le cœur d'une mère
est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon.»
Honoré de Balzac (1799
– 1850), écrivain français
***
Pour maman
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Aujourd'hui, c'est jour
de marché à Saint-Jean-d'Angély. Sous un soleil plus discret qu'à
l'accoutumée, les étals colorés animent les rues et offrent à la
ville un agréable parfum de vacances. Habitants, touristes et
voyageurs se croisent dans une joyeuse effervescence.
Les odeurs de la
rôtisserie se mêlent à celles des plats cuisinés tandis que les
boulangeries exposent pains artisanaux, viennoiseries dorées et
tartelettes aux fraises. À la veille de la fête des Mères, le
fleuriste attire une foule nombreuse. Les roses, alignées en un
élégant dégradé du rouge carmin au rose le plus tendre, côtoient
tulipes, œillets et glaïeuls. Un véritable festival de couleurs.
En quittant le marché,
nous flânons dans les ruelles pavées du centre historique. Les
vitrines rivalisent d'originalité. Derrière celle d'un fromager,
deux vaches grandeur nature installées autour d'une petite table
offrent une scène pleine d'humour qui ne manque pas de faire sourire
les passants.
Aux terrasses des cafés,
les conversations accompagnent le parfum du café fraîchement moulu.
Ici, le temps semble ralentir. Pourtant, quelques rues plus loin,
certaines devantures fermées et maisons assoupies rappellent que les
centres-villes évoluent au fil des années.
Au détour de la rue
Grosse-Horloge, une magnifique maison à pans de bois du XVIᵉ
siècle attire le regard. Classée Monument Historique, elle demeure
l'un des plus beaux témoins du riche passé médiéval de
Saint-Jean-d'Angély.
La promenade s'achève
sous les platanes où chantent les oiseaux. Dans quelques jours, la
route nous appellera de nouveau, mais pour l'heure, nous savourons
encore la douceur de cette ville charentaise qui sait si bien retenir
ses visiteurs.
***
«La vie est une rose
dont chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité.»
Alfred de Musset (1810 -
1857), poète, dramaturge et écrivain français de la période
romantique
***
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Nous devions reprendre la
route demain… mais finalement, nous avons le temps. Encore quelques
jours près du quai de Bernouet où la Boutonne coule paisiblement
sous les rayons déjà brûlants de l’astre solaire.
Installée dans mon
transat, le carnet vert posé non loin de moi, j’écoute le
gazouillement des oiseaux dans les platanes. Sur l’herbe
fraîchement taillée, de petites marguerites blanches balancent
leurs cœurs jaunes sous la brise légère. Puis j’entends le
coucou. Son chant annonce le retour des beaux jours et des couleurs
éclatantes de la nature. Pourtant, cet oiseau n’est pas si
innocent : il confie ses œufs aux autres oiseaux, laissant les
petits passereaux élever sa progéniture à sa place.
Plus tard, je pars
marcher le long de la Boutonne. Assise sur un banc désert, j’ouvre
mon carnet pour capturer ce paysage paisible : les arbres se
reflètent doucement dans l’eau calme et l’arche rouille du pont
semble flotter sur la rivière comme dans un miroir.
En levant les yeux,
j’observe le ciel bleu de Charente. Un bleu doux, presque effacé
par endroits. Rien à voir avec l’incroyable bleu gitane du Maroc
qui reste gravé dans ma mémoire.
Pendant ce temps, mon
lièvre se repose lui aussi. Et il a raison… nous avons le temps.
Oui, le temps.
***
«Il y a dans la lenteur
une grâce qui n’appartient qu’au temps.»
Christian Bobin (1951-
2022), écrivain et poète français.
***
Je voulais, aussi, partager ce tableau
Nous sommes à St Jean d'Angély
Nous te voyons quand même !
Que c'est paisible cet endroit !
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
À vingt-trois heures
hier soir, le thermomètre affichait encore vingt-neuf degrés. Même
après une douche fraîche, nos corps continuaient de transpirer.
Alors je suis sortie marcher un peu sur le parking déserté
d’humains. Les autres carapaces avaient leurs fenêtres grandes
ouvertes et les moteurs de climatisation ronronnaient dans la nuit.
Dans le ciel bleu nuit,
une seule étoile brillait : l’étoile polaire. La même que
ma famille pouvait contempler au même instant.
La nuit fut courte. Dès
l’aube, nous avons préféré reprendre la route avant que la
chaleur ne devienne étouffante. Mon lièvre avait déjà tout plié
la veille avec son efficacité habituelle.
Très vite, la campagne
nous a enveloppés. La route traversait un véritable tunnel de
verdure formé par les arbres feuillus. Puis sont apparues les
longues vignes alignées à perte de vue : nous étions
désormais au pays du Pineau et du Cognac.
Un peu plus loin, des
pommiers protégés sous des filets m’ont presque donné
l’impression de traverser la Normandie, même si ici, ce n’est ni
le royaume du cidre ni celui du jus de pomme.
Les champs dessinaient un
immense patchwork de verts et de jaunes sous la lumière du matin.
Pendant tout le trajet, je n’ai cessé de saisir ces petits
tableaux dans mon carnet vert posé sur mes genoux.
Cette portion de voyage
fut paisible, silencieuse presque, et propice à la contemplation du
monde.
***
«Le bonheur est parfois
caché dans l’inconnu.»
Victor Hugo (1802
-1885), dramaturge, romancier et dessinateur français
***
Que je suis bien dans l'eau par cette chaleur !
La belle étoile polaire
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Ce matin, alors que le
soleil me croque déjà les épaules, je retourne dans le bourg à la
recherche de quelques provisions fraîches. Pendant ce temps, mon
lièvre prépare sa cuisse de dinde dans notre mini-four installé
dehors, car dans ma carapace, nous cuirions avant même le repas.
Devant la mairie, les
abeilles butinent paisiblement les rosiers d’une grande jardinière
de pierre. Les fleurs rouges, blanches et rosées diffusent un parfum
mêlé de fruits mûrs et d’épices rappelant le clou de girofle.
Mais le véritable
spectacle se trouve un peu plus loin. La devanture d’un fleuriste
déborde jusque sur le trottoir : pots, paniers, arbres
d’ornement et fleurs aux couleurs éclatantes composent un
véritable jardin à ciel ouvert. Derrière la vitrine, un étrange
mannequin vêtu d’un jean semble lui-même fleurir sous les
bouquets qui jaillissent de sa taille.
À la supérette presque
vide, je trouve tout de même un melon, quelques tomates allongées
et des brugnons au parfum sucré. Ce sera bien suffisant pour mon
déjeuner… accompagné, naturellement, d’un morceau de comté.
L’après-midi s’étire
ensuite dans le calme pendant que Phil fait la sieste et que je
corrige quelques pages de mon carnet vert. Demain, nous reprendrons
la route vers le Nord.
***
«On ne voit bien qu’avec
le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.»
Antoine de Saint-Exupéry
(1900 – 1944), écrivain, poète, aviateur et reporter français
***
Devant la mairie
L'église de St-Genis-de-Saintonge
Ces fleurs sont magnifiques
Je vais me régaler
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
La chaleur continue de
s’abattre lourdement sur nos journées. Pourtant, de retour du
Maroc, nous pensions être habitués au soleil… mais celui-ci est
différent, plus sec, presque immobile.
Sous mon chapeau acheté
à Essaouira, vêtue de ma robe à rayures jaunes et blanches, je
suis partie marcher sur un petit chemin bordé d’un ruisseau aux
herbes sauvages. L’air embaumait la végétation tiède, la paille
chauffée au soleil et la terre sèche des champs encore blondis de
céréales.
Autour de moi, les
oiseaux chantaient tandis que des papillons blancs voltigeaient
paresseusement dans la lumière. Mon Lièvre, lui, avait préféré
rester à l’ombre, écrasé par cette chaleur de plomb.
Au loin pourtant, la
civilisation rappelait sa présence : des rires d’enfants, une
musique venant sans doute d’une piscine cachée derrière les
haies, puis le grondement régulier de la route que nous reprendrons
bientôt.
Je suis finalement
arrivée dans un vieux village silencieux, aux volets clos sous le
soleil de quatorze heures. Devant l’église
Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception, portes fermées, j’ai
imaginé les générations passées ayant trouvé refuge entre ces
murs de pierre fraîche.
De retour près de ma
carapace chauffée à blanc, j’ai ouvert mon carnet vert pour y
déposer cette promenade de mai, entre chaleur, silence et envie déjà
grandissante de retrouver les miens.
Mais le voyage, lui,
n’est pas encore terminé…
***
«Il y a dans la marche
quelque chose qui anime et avive mes idées.»
Jean-Jacques Rousseau
(1712 – 1778), écrivain, philosophe et musicien
***
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !
Parfois, l’inspiration
se cache juste devant nous. Il suffit de lever la tête de son carnet
vert pour la voir apparaître doucement.
Aujourd’hui, ma
carapace repose dans un écrin de verdure à
Saint-Genis-de-Saintonge. Sous les peupliers, la rivière glisse
paisiblement entre les hautes herbes pendant que les ombres dansent
sur le gazon encore frais de la nuit. Je me suis installée à une
table de pique-nique, quelque part entre soleil et fraîcheur, avec
pour compagnie le chant des oiseaux et quelques notes de flûte de
pan.
Au loin, la «Place de la
Pétanque» attend ses joueurs sous un ciel bleu sans nuages. Les
martinets tournent en poussant leurs cris aigus, les merles
sautillent dans l’herbe, et des papillons blancs traversent l’air
tiède comme de petits morceaux de lumière.
Hier, le thermomètre
affichait quarante degrés dans ma carapace transformée en four
solaire. Aujourd’hui encore, même à l’ombre des peupliers, les
trente-cinq degrés pèsent lourd sur l’aire de service. Mon Lièvre
a donc choisi la sagesse : longues oreilles au repos et sieste
au frais, pendant que moi, petite tortue obstinée, je continue
d’écrire et de regarder le monde passer.
Mais bientôt, nous
reprendrons la route vers d’autres paysages et d’autres petits
morceaux de vie à partager avec vous.
***
«La chaleur du soleil
est souvent la meilleure des compagnies.»
Proverbe
***
À demain, pour de
nouvelles aventures et découvertes !