mercredi 11 février 2026

Épuisés

3 heures 30 pour faire à peine 200 kilomètres ; des travaux, des bosses, des creux, déviation sur la voie de gauche et retour sur celle de droite et encore, puis encore ma coquille slalomait... Limitation à 100 km/h puis 80, 40, 60, retour à 100 et ainsi de suite... J'étais ballottée dans tous les sens. Et, la chaleur qui nous attendait. Oh nous avions espéré le soleil, toutefois cette hausse de température soudaine, cette route sur laquelle de nombreuses jumelles nous scrutaient, nous ont épuisés. Au moins, nous avons été récompensés de ce périple. Le calme, la verdure, une belle piscine, des petits commerces juxtaposés dans la même rue que mon petit village. Des tortues ? Il y en a un peu moins ici, nous avons de bons emplacements à l'abri des oliviers. Mais ça, je vous en parlerais plus tard ! Aujourd'hui, nous récupérons.

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«La fatigue engendre les plus séduisantes grimaces.»

Jacques Rigaut (1898 -1929), écrivain dadaïste français.

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Vous aviez les 12 indices du quizz. Avez-vous trouvé la réponse ?

Je ne suis ni du café, ni un des premiers hommes de l'antiquité, ni de la vaisselle ou des assiettes précisément, ni le journal, ni un livre de manuscrits, ni celui de mille et une nuit, ou des manuscrits de l'Abbaye de Citeaux, ni le Codex, ni la Bible, ni des textes religieux, ni le premier livre écrit par Guttemberg, pas plus que le livre de Job. Je vous laisse chercher...

Je vous rappelle les indices :

  1. Dans l'antiquité j'étais réservé à une population privilégiée.
  2. J'étais un mélange de bois ou d'argile.
  3. Au fil du temps je suis composé de papyrus ou de parchemin.
  4. J'étais aussi composé d'un alliage de plomb, d'étain et d'antimoine.
  5. À Rome, en 377 j'étais dans l'une des vingt-huit armoires.
  6. Grâce au papier je m'améliore.
  7. J'ai été souvent censuré.
  8. Au Moyen-Age, les monastères ont participé à ma conservation.
  9. Je suis né en France en 1953 dans une collection d'après l'idée d'Henri Filipacchi.
  10. Depuis je suis abordable et accessible à un large public.
  11. Aujourd'hui, je suis facile à transporter.
  12. Je suis, je suis...

Et oui, je suis bien un livre de poche

Bravo Ahmed, Francine, Karen, Brigitte, Blandine, Lysiane, Sylvie et toutes les personnes qui se reconnaîtront.

Il fallait bien attendre le 9ème indice pour trouver la solution. Bonne lecture !

«Sans l'écriture, le livre n'aurait pas pu exister. C'est l'invention de celle-là qui conditionne l'invention de celui-ci.

L'écriture s'est élaborée entre le IXème et le IVème millénaire avant Jésus-Christ. Il s'agissait d'abord d'images, sur la base de rébus ; et, par simplification successives, sont nés des alphabets, héritiers des signes phonétiques symbolisant des sons.

L'écriture a dû, pour se diffuser et s'éterniser, se matérialiser sur des supports. Le premier d'entre eux semble être la pierre ; mais l'objet «livre» a pris corps avec le bois, sous la forme de tablette à écrire. Ainsi, biblos et liber signifient écorce intérieure d'un arbre.

En Mésopotamie s'est développée la tablette d'argile, autour du IIIème millénaire avant Jésus-Christ. Le calame, un morceau de roseau, servit à façonner les lettres dans l'argile molle ; puis on cuisait les tablettes pour leur solidification.

Les tablettes furent, durant l'Antiquité et sous l'impulsion de l’Égypte, remplacées par les volumina, qui étaient des rouleaux de papyrus.

Le papyrus, plante égyptienne, voyait sa tige moelle extraite des tiges, et après une suite d'opérations, on obtenait le support adéquat pour l'écriture. On y écrivait avec un calame ou des plumes d'oiseau.

Le livre en papyrus est une forme de rouleau qui est constitué de plusieurs feuilles collées entre elles. Les plus grands mesuraient jusqu'à quarante mètres, mais la taille moyenne était de dix mètres.

En Grèce et à Rome, le rouleau de papyrus s'appelle le volumen, mot latin qui signifie mouvement circulaire, enroulement, spirale, tourbillon, révolution.

Il est enroulé autour de deux axes verticaux en bois. Mais cette manière ne permet qu'une lecture séquentielle : il était impossible d'accéder à un endroit précis, et la lecture devait se faire dans l'ordre d'apparition du texte, selon le déroulement du rouleau.

Dans l'Antiquité, les auteurs n'avaient aucun droit sur leurs livres. Chacun pouvait faire recopier un livre, et modifier son contenu sans aucun problème.

Les éditeurs gagnaient de l'argent, mais pas les auteurs, qui n'y gagnaient que la gloire. L'édition du livre se développa à Rome à partir du Ier siècle avant J-C, époque durant laquelle les latins furent influencés par les Grecs.

Rome comptait vingt-huit bibliothèques en 377 et on sait que le commerce du livre favorisait l'apparition de librairies dans toutes les villes de l'Empire.

Mais les livres furent aussi très tôt censurés. En 303, par exemple, l'empereur Dioclétien ordonna de brûler tous les livres chrétiens.

Progressivement, à partir du IIIème siècle avant J-C, le parchemin remplaça le papyrus. Ce fut là le support le plus répandu durant le Moyen-Age. Il est constitué de peaux animales (mouton, veau, etc.) et permet une meilleure conservation dans le temps.

En outre, il est plus solide et offre d'effacer le texte. Mais son principal inconvénient est son prix, en raison de la rareté de la matière et le temps que nécessite sa réalisation. Pour cette raison, la quantité de livres en circulation est restreinte et la lecture est réservée à une population privilégiée.

À la fin de l'Antiquité, entre les IIème et IVème siècles après J-C, le codex va remplacer le volumen.

Ainsi, le livre n'est plus un rouleau continu, mais un ensemble de feuillets reliés au dos, sur le mode que nous connaissons aujourd'hui. Désormais, il est possible d'accéder à un endroit précis du texte et la prise de note est possible pendant la lecture.

Sa forme permet également la séparation des mots, l'apparition de majuscules et le développement de la ponctuation.

Le papier remplacera bientôt le parchemin : son moindre coût de production permet une diffusion plus grande de livre.

Au Moyen-Age, les monastères participent de la conservation des livres. Deux raisons l'expliquent :

la lecture était une activité importante des moines, et il fallait à ce titre réaliser des copies de certaines œuvres. Des scriptorium s'occupaient de copier et de décorer les manuscrits présents dans les armoires.

il incombait aux moines de comprendre les textes religieux, à l'aide du savoir des antiques. Mais cela signifie que certaines œuvres, jugées dangereuses pour la religion chrétienne, ne furent pas recopiées, voire détruites.

Malgré tout, les monastères de l'Orient et de l'Occident ont permis la conservation d’œuvres profanes par la création de bibliothèques. Les livres y étaient néanmoins soumis aux aléas de la température ambiante, comme des luttes idéologiques successives.

Au XIIème siècle, les mutations des villes, qui deviennent de foisonnants lieux d'échanges de toutes sortes, favorisent la diffusion du livre. Leur production n'est plus réservée aux seuls moines, tandis que la renaissance intellectuelle de l'époque promeut une vision un peu plus «laïque» du savoir.

L'essor des villes produit une nouvelle demande, avec une clientèle qui réclame des livres en langue vernaculaire, c'est-à-dire les langues parlées et régionales (le latin étant la langue exclusive des textes religieux).

Le développement du commerce autant que des universités provoque l'apparition d'ouvrages de savoir de référence. En même temps se développent la littérature, avec la poésie courtoise ou les romans de chevalerie. Les libraires et leurs librairies gagnent alors en importance.

Tout cela est avant tout permis par l'arrivée du papier, au XIVème siècle. Celui-ci a été apporté par la civilisation arabe, elle-même initiée par la Chine.

Le livre existe en Chine depuis le IIème millénaire. D'abord élaboré avec des os, du bois ou de la soie, les Chinois inventent le papier vers le Ier siècle après J-C.

Il exista plusieurs formes de livres en papier : en rouleau, livres tourbillons, collage de feuilles par la tranche, livres papillons, etc.

En 1041, Bi Sheng invente les caractères mobiles d'argile, qui permettent une impression à petite échelle. Ce système sera amélioré par Wang Zhen en 1298, avec l'argile qui remplace le bois, et un système de tablettes rotatives. Ces inventions permettront à Gutenberg d'élaborer l'imprimerie qu'on connaît.

Il s'agit de lamelles de feuilles de palmier superposées, percées d'un ou de plusieurs trous pour être reliées par une petite corde.

Les musulmans apprirent des Chinois la fabrication du papier dès le VIIIème siècle. Cela leur permit de remplir d'immenses bibliothèques.

Ils furent ceux qui transmirent les œuvres grecques en Europe, avec notamment la redécouverte des œuvres d'Aristote.

Le roi Alphonse X de Castille favorisa la diffusion du savoir en créant l'école de traducteurs de Tolède : là, les trois cultures (islam, chrétienté, judaïsme) furent croisées et entre-nourries.

Gutenberg, eut l'idée, vers 1440, d'utiliser un procédé analogue à la xylographie (gravure sur bois), déjà en vogue à l'époque : l'usage des caractères mobiles en plomb. Si on attribue à Gutenberg la naissance de la typographie moderne, cette dernière existait déjà en Corée.

Gutenberg, l'inventeur des caractères mobiles, réserva à la Bible latine de Jérôme l'honneur d'être le premier livre imprimé (1456), à hauteur de 180 exemplaires. C'est avec la bible que commence la révolution du savoir. Les humanistes vont comparer des bibles identiques qui sont rédigées en langues différentes.

De fait, Gutenberg apporte trois innovations centrales :

  • - des encres à base d'huile, plus durables que les encres à base d'eau jusqu'alors utilisées,
  • - les polices de caractère sont plus solides, émanant d'un alliage de plomb, d'étain et d'antimoine,
  • - Il s'inspire du pressoir à raisins pour élaborer le pressoir pour son imprimerie.

Le livre conserve son format de codex, mais c'est désormais le papier qui fait office de pages, ensuite reliées entre elles.

De cette évolution, on retiendra deux types de livres. Les incunables, livres de l'ère pré-Gutenberg édités entre 1450 et 1500, et les livres dits modernes, issus de la typographie et des techniques plus modernes telles que l'impression offre.

L'imprimerie reste longtemps au stade du petit artisanat : les salaires sont faibles mais le travail est prestigieux. Le livre est encore un objet rare et le typographe vit en permanence au contact des lettrés, ce qui le distingue. Privilège important : il a droit au port de l'épée.

Un atelier emploie en moyenne, en plus du maître qui s'occupe des corrections, quelques compositeurs qui assemblent les types, ainsi que quelques pressiers. L'apprenti est l'homme à tout faire : il doit savoir lire et écrire le latin et le grec, et va faire son apprentissage durant deux à cinq ans au service du maître. Après son apprentissage, devenu compagnon, il fera son «tour de France», pour parfaire son métier avant de s'établir, comme c'est le cas dans tous les compagnonnages depuis le Moyen Âge.

Les imprimeurs signent leurs œuvres et on retrouve leur nom sur les livres qu'ils ont imprimés. La marque d'un maître peut être «blasonnée» et constituer ainsi une sorte d'héraldique de métier, comme ce fut le cas pour les compagnons passant tailleurs de pierre.

Les marques d'imprimeur comportent des lettres : la lettre X (qui évoque le chrisme), V, S, ainsi que l'alpha et l'omega. Elle peut faire figurer des symboles comme le globe et la croix. Elle utilise aussi massivement le fameux «Quatre de Chiffre», marque mystérieuse et profondément christique, qui n'a pas encore livré tous ses secrets.

L'impression d'une œuvre nécessite beaucoup d'attention et beaucoup de travail. Ainsi chaque imprimeur-éditeur avait à son services des protes (chef d'atelier dans une imprimerie). Les fonctions du prote incluaient également, jusqu'au début du XIXe siècle, la lecture et la correction des épreuves.

Le choix des livres n'est pas anodin, puisque les imprimeurs vivent de la vente des livres. Il est donc normal qu'ils préfèrent publier des livres dits «sûres», des œuvres bénéficiant d'ores et déjà d'une bonne renommée (par exemple : la bible). De nombreux auteurs tel que Erasme n'auraient jamais pu publier et diffuser leurs œuvres sans l'aide d'éditeurs humanistes.

Le livre devient ainsi le premier facteur de la construction européenne. En effet nombreux sont les voyages des humanistes, de sorte que les livres circulent parallèlement avec eux et favorise la diffusion des idées.

Les premiers livres imprimés sont tout de suite dans le domaine public, sauf s'ils sont protégés par un privilège délivré par une autorité politique ou religieuse. Ce système perdurera en France jusqu'à la Révolution.

Le dépôt légal est l'obligation légale ou l'incitation faite aux producteurs ou aux diffuseurs de déposer dans la bibliothèque nationale du pays ou dans d'autres institutions désignées, un ou plusieurs exemplaires des documents qu'ils produisent ou diffusent. Il vise à assurer le contrôle bibliographique universel et permet l'élaboration et la diffusion de bibliographies nationales.

Le dépôt légal a été conçu en France par l'ordonnance royale du 28 décembre 1537, prise par François Ier. Supprimé sous la Révolution française au nom de la liberté, le 21 juillet 1790, il est rétabli facultativement le 19 juillet 1793 pour protéger la propriété littéraire. Réorganisé en 1810 et rendu à nouveau obligatoire pour surveiller l'imprimerie, il est encore modifié par la loi du 19 mai 1925, qui a institué un double dépôt légal, pour les imprimeurs et les éditeurs. Cela nous permet de retrouver la plupart des livres du XVIe et XVIIe siècles. Cela dit, certains sont tombés sous la censure ou ont été propagés par le biais du marché noir, ce qui a empêché leur enregistrement.

Jusqu'à la fin du XVIIème, l'auteur ne touche aucun revenu sur la vente. Il ne doit compter que sur ses ressources ou le financement par des puissances diverses (ce qu'on appelle le mécénat).

En 1662, l'Angleterre impose le Licensing Act, ce qui permet aux éditeurs de s'unir pour rémunérer, à terme, les auteurs. En France, il faudra attendre la fondation de la Société des gens de lettres en 1777, sous l'impulsion du dramaturge Beaumarchais.

Le début du siècle, sous Louis-Philippe, est marqué en France par «l'entente cordiale», soit une forte période d'échanges culturels et économiques entre Anglais et Français.

L'édition de livres à visée pédagogique est en plein essor, notamment ceux destinés à l'éducation des jeunes protestants. En parallèle se développe l'édition de petits recueils de poésie, appelés «Beaux-Livres», ou «gift-books» en anglais. On assiste également à la naissance des ouvrages topographiques, qui fait état des connaissances géographiques de l'époque.

Les révolutions du livre de l'époque romantique sont moins la conséquence de révolutions techniques que la manifestation d'une envie croissante d'accéder au savoir. Les éditeurs étaient bien souvent, outre leurs activités de libraire, des marchand d'art de toutes sortes.

C'est en 1795 que Lord Charles Stanhope invente la première presse typographique métallique, dite aussi «presse à coup» : elle vient remplacer la presse en bois et fait gagner du temps lors de l'impression, puisqu'elle exerce une pression plus forte.

En 1843, Richard March Hoe, aux États-Unis, innove avec sa propre presse. D'abord alimentée par des feuilles simples, William Bullock introduira enfin l'alimentation «Web» : les images à imprimer sont enroulées autour de cylindres rotatifs.

Le livre de poche existait depuis le XVIème siècle, et correspondait parfaitement aux livres de colportage.

Mais le format moderne apparaît en 1930. C'est la maison d'édition allemand Albatross Books qui crée la première collection moderne de livres de poche, moins chers à produire et donc moins chers à l'achat.

En France, la collection littéraire «le Livre de poche» naît en 1953 d'après l'idée d'Henri Filipacchi, secrétaire général de la Librairie Hachette. Son invention permet la désacralisation et la démocratisation du livre.

Durant les années 1960, le projet Gutenberg a donné naissance aux premiers e-books. Ils avaient d'abord pour but d'archiver numériquement les œuvres tombées dans le domaine public.

C'est au XXIème siècle que le premier livre au format e-book destiné à la vente a vu le jour : il s'est agit du roman Riding the Bullet, de Stephen King, publié en 2000.

Depuis, Amazon a sorti sa première liseuse Kindle (en 2007), et les livres numériques sont très répandus, bien que le livre imprimé subsiste

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Vous aimez jouer, alors retrouvons-nous le 15 février pour un nouveau quiz, il y aura 14 indices. Vous allez pouvoir indiquer autant de solutions que vous souhaitez, elles ne seront pas limitées ! La solution sera en ligne le 7 mars

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Le livre de poche

Épuisée, j'étais hier.
 

As-tu mis ton maillot de bain ?

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

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