jeudi 4 juin 2026

Avant de fermer mon carnet

Je profite de cette dernière journée le long du Thouet. Le vent fait frissonner les arbres, le chant du coucou m'accompagne encore et les canards glissent paisiblement sur l'eau. Tout semble m'inviter à ralentir avant le retour.

Le Maroc est désormais loin derrière nous. Pourtant, il reste encore très présent dans mes pensées. Après six mois de voyage, je me surprends à revoir les ruelles blanches d'Assilah, les remparts d'Essaouira, la plage de Sidi Ifni ou encore le ciel bleu de Marrakech.

Pendant tout ce périple, mon fidèle carnet vert ne m'a jamais quittée. Chaque jour, il recueillait mes observations, mes rencontres, mes émerveillements et parfois mes interrogations. Aujourd'hui, ses pages sont bien remplies, mais les souvenirs le sont davantage encore.

Les retrouvailles familiales approchent. Dans ma carapace, je commence déjà à ranger, trier et préparer le retour à la maison. Celle qui possède un vrai toit.

Mais les voyages ne s'achèvent jamais vraiment le jour où l'on rentre. Ils continuent longtemps encore à vivre dans nos souvenirs.

Avant de refermer cette page, je souhaite adresser un immense merci à toutes celles et tous ceux qui m'ont accompagnée tout au long de cette aventure. Merci pour votre fidélité, vos messages, vos encouragements et votre bienveillance. Merci également à tous les participants du quiz qui ont joué le jeu avec enthousiasme au fil des étapes de ce voyage.

Savoir que vous étiez là, de l'autre côté de l'écran, à suivre les pas de la tortue, du lièvre et de leur carapace a donné encore plus de saveur à cette belle aventure.


L'histoire n'est pas tout à fait terminée, mais déjà, du fond du cœur : merci.

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«Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.»

Marcel Proust (1871 – 1922), écrivain français

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À bientôt, pour de nouvelles aventures et découvertes !

mercredi 3 juin 2026

Une dernière étape

Nous avons repris la route. La Bretagne est encore à trois cents kilomètres, mais nous prenons notre temps. Comme le dit le proverbe : «Qui veut voyager loin ménage sa monture.»

Derrière nous, la Boutonne continue de couler paisiblement tandis que les canards, les pies et le coucou poursuivent leur concert matinal. Dans ma carapace, les musiques de flûte de pan accompagnent notre progression. Mon fidèle lièvre est au volant et moi, petite tortue copilote, je veille sur le GPS, mon carnet vert toujours posé sur les genoux.

J'aime ces routes départementales qui serpentent à travers la campagne. Les champs de céréales, les prairies et les haies dessinent un immense patchwork de verts et de blonds sous un ciel changeant.

Notre dernière étape avant les retrouvailles familiales nous conduit à Parthenay, dans les Deux-Sèvres. Nous connaissons déjà cette jolie cité médiévale et choisissons aujourd'hui le repos. Ma carapace s'est installée près du Thouet, où le vent fait frissonner les arbres tandis que les oiseaux s'activent dans les haies fleuries.

Le ciel reste menaçant. De gros nuages gris défilent lentement sans encore laisser tomber la pluie. Mais la grenouille météo est catégorique : l'orage n'est plus très loin.

En attendant, nous préparons les prochains jours et faisons l'inventaire des souvenirs et cadeaux rapportés du Maroc. Bientôt viendra le temps des retrouvailles. Et, plus que les présents, ce sont surtout les embrassades que nous avons hâte d'offrir.

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«Demain, et demain, et demain ! C'est ainsi que, à petits pas, nous nous glissons de jour en jour jusqu'à la dernière syllabe du temps inscrit sur le livre de notre destinée.»

William Shakespeare (1564 – 1616), dramaturge, poète et écrivain anglais

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Les petites routes départementales

Nous voici à Parthenay



À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

mardi 2 juin 2026

Le ciel n'est pas content aujourd'hui.

L'orage est arrivé après plusieurs jours de chaleur écrasante. La pluie tombe par intermittence, redonnant à l'herbe un vert éclatant tandis que l'odeur de terre humide remonte du sol. Entre deux averses, les feuilles secouées par le vent laissent tomber leurs gouttes d'eau et le coucou continue de chanter comme si de rien n'était.

Cette météo semble accompagner notre humeur du moment. Demain, nous quitterons la Charente-Maritime pour poursuivre notre remontée vers la Bretagne.

Mon lièvre, toujours aussi prévoyant, a déjà tout rangé avant que la pluie ne s'installe. Les serviettes de plage sont au fond d'un coffre, à côté de quelques trésors rapportés du Maroc : du miel de caroubier, quelques souvenirs et des cadeaux qui seront bientôt offerts.

À mon doigt, une bague en argent sertie d'un onyx me rappelle Assilah. C'est le dernier souvenir que mon lièvre m'a offert avant notre retour. Chaque fois que je la regarde, je revois les ruelles blanches de la ville, nos derniers dirhams et les derniers instants passés sur cette terre marocaine que nous avons tant aimée.

Le voyage touche doucement à sa fin, même s'il nous reste encore une étape avant de retrouver notre famille puis notre maison.

Demain, ma carapace reprendra donc la route vers le nord. Mes bagages ne sont pas encore défaits, et mon carnet vert n'a pas encore écrit son dernier mot.

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«...Il y a la montagne à gravir et les étapes pour arriver au sommet. Ces étapes sont votre quotidien.»

Yannick Noah, chanteur et ancien joueur de tennis franco-camerounais

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La grenouille me l'avait dit !

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

lundi 1 juin 2026

Promenade dans le parc

Ce n'est pas toujours facile de reprendre son souffle après une journée de transition. Hier, la fête des Mères occupait les pensées et les conversations. Mon carnet vert reposait sur la table, obstinément fermé. L'inspiration semblait avoir pris congé.

Et pourtant, il suffisait de peu. Il suffisait de lever les yeux, de glisser mon carnet vert sous le bras et d'enfiler mes sabots blancs marocains, ces fidèles «Crocs» achetées au royaume du soleil. Il suffisait de partir marcher autour du lac de la Boutonne sous un ciel bleu pâle lavé par la lumière de juin.

À peine avais-je quitté ma carapace que les premières marguerites levaient déjà le nez dans l'herbe tendre, comme de petites conseillères blanches aux cœurs jaunes venues me rappeler que les histoires ne sont jamais bien loin. Peu à peu, je sentais mon imagination se remettre en marche. Le parc était en effervescence.

À l'ombre des grands arbres, des familles entières semblaient avoir répondu à un mystérieux appel dominical. Autour de longues tables de bois ou sur des couvertures étalées dans l'herbe fraîchement tondue, les générations se mélangeaient dans un joyeux désordre. Les glacières bleues et jaunes côtoyaient les paniers d'osier débordant de victuailles. Les plus anciens refaisaient le monde tandis que les plus jeunes, le regard souvent happé par leurs écrans lumineux, semblaient partager leur attention entre le réel et le virtuel. Je m'amusais à imaginer les conversations qui s'entrecroisaient comme autant de fils invisibles.

Un peu plus loin, la guinguette étalait sa bonne humeur sur une pelouse d'un vert presque insolent. Sous un patio ombragé, un pianiste et une chanteuse faisaient danser les notes connues dans l'air tiède. Quelques couples avaient déjà investi une piste improvisée, oubliant l'âge et les douleurs du quotidien. Je m'arrêtai sous un Albizia dont les fleurs roses tombaient doucement sur le sol comme une pluie de confettis. Le parfum léger des fleurs se mêlait aux odeurs de cuisine et au bruissement des conversations. Sans même m'en rendre compte, je marquais la cadence du pied. La vie poursuivait son spectacle.

Sur une aire dégagée, un homme torse nu et une jeune femme en tenue légère échangeaient quelques paniers de basket avec l'énergie insouciante des beaux jours. Plus loin encore, l'aire de jeux résonnait des éclats de rire des enfants. Les structures colorées semblaient avoir été construites pour fabriquer du bonheur. Les plus téméraires bondissaient dans un château gonflable qui ondulait comme un navire pris dans une mer joyeuse laissant devant son entrée un petit désordre de sandales et de chaussures d'été bigarrées.

Mais comme toujours, la Tortue finit par chercher le calme.

Je quittai peu à peu le tumulte pour rejoindre mon lièvre assis sur un banc, tranquille sous un sapin, et les abords du lac. Là, deux enfants, probablement frère et sœur, jouaient dans l'eau fraîche qui s'échappait du trop-plein. Leurs cheveux crépus brillaient sous le soleil et la fillette portait une magnifique tresse africaine qui lui descendait jusqu'au bas des reins, s'amusaient dans l'eau fraîche qui s'échappait du trop-plein. Ils lançaient des pierres avec un enthousiasme admirable mais une technique encore perfectible. Je souris en constatant qu'ils ignoraient manifestement l'art délicat des ricochets, lequel exige des pierres plates, un geste précis et une bonne dose de patience.

Plus loin encore, la foule s'effaçait. Les odeurs chaudes de l'herbe séchée par le soleil cédaient la place à la fraîcheur humide du plan d'eau où quelques canards se frayaient un chemin en essayant d'attraper les morceaux de pain lancés depuis la berge. Sous un grand sapin, un homme en pantalon beige et chemisette claire était assis sur un banc de bois. Les jambes croisées, plongé dans son livre de poche, il semblait avoir disparu du monde. Même nos pas ne parvinrent pas à troubler son voyage immobile.

Nous avons poursuivi notre promenade en silence.

Nous sommes désormais sur le chemin du retour. Le Maroc s'éloigne doucement dans mon rétroviseur intérieur et je me demande parfois comment terminer ce roman de voyage. Faut-il déjà songer à un épilogue ?

Je ne le crois pas. Car l'aventure n'est pas tout à fait achevée. Il reste encore quelques jours à vivre ici, à Saint-Jean-d'Angély. D'autres chemins nous attendent encore avant que je ne vide définitivement ma carapace et ne referme mon carnet vert.

Alors, si le cœur vous en dit, continuez simplement à tourner les pages avec moi. Le jour où vous refermerez la couverture de ce carnet, mes souvenirs auront trouvé leur place. Mais pour l'instant, la Tortue n'a pas encore terminé sa route.

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«À chaque promenade dans la nature, on reçoit bien plus que ce que l'on cherche. Le soleil ne brille pas sur nous, mais en nous.»

John Muir (1838 – 1914), écrivain américain

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J'ignorai que tu étais si agile, attends je vais te décrire
sur dans mon carnet vert


À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

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