Maintenant que l’intérieur de ma carapace est rangé au millimètre et que sa robe de métal étincelle de nouveau, nous voici officiellement passés en mode «lézard». Enfin, presque... car le ciel, dans un caprice inattendu, a décidé de tirer sur lui une épaisse couverture de flanelle grise, nous privant des rayons d’or et faisant bouder le thermomètre.
Le mercure, timide, n’affiche plus que vingt petits degrés à l’abri. Phil, fidèle à lui-même, brave la fraîcheur sans changer de tenue. Quant à moi, la frileuse de service, j’ai sagement troqué mon short aux couleurs pétantes pour un leggings plus protecteur. On nous glisse pourtant à l’oreille de nous méfier : les UV, tapis derrière les nuages, restent féroces. Mais la «grenouille» locale se veut rassurante : la chaleur devrait faire son grand retour dès que l’orage de demain aura fini de gronder.
Dans mon petit village éphémère, c’est la valse des carapaces. Un ballet incessant où certaines tortues lèvent l’ancre vers de nouveaux horizons tandis que d’autres accostent, cherchant leur place sous les oliviers.
Nous, nous avons décrété que l’occupation principale serait de ne «rien faire». Phil s’évade entre les pages d’un livre, tandis que j'avale avec avidité des romans historiques. Je me laisse porter par le souffle des siècles passés, une source d'inspiration qui vient souvent nourrir ma propre plume tandis que je peaufine mes écrits, installée dans le parfum poudré des mimosas en fleurs.
Pourtant, ce «rien faire» est un bien grand mot : mon chauffeur, pris d’un zèle admirable, a vidé et récuré la soute de fond en comble. De mon côté, j’ai orchestré une grande lessive bigarrée qui, désormais, frissonne et claque sous la brise légère. Elle diffuse autour de moi ce parfum frais de «propre» et de savon d'autrefois, une fragrance familière qui se mêle délicieusement aux effluves sucrés des mimosas. Telle une rangée de drapeaux colorés, mon linge célèbre en silence cette propreté retrouvée.
Dans ce cocon, le son se fait discret. On imagine le bruissement soyeux du vent dans les palmes des dattiers et le petit cliquetis des feuilles sèches qui s’entrechoquent. Au loin, le chant d'un oiseau caché dans l'ombre d'un olivier répond au bourdonnement sourd des insectes butineurs, irrésistiblement attirés par les corolles colorées. C’est un silence habité, une parenthèse enchantée, bien loin du fracas métallique des moteurs du Tichka.
***
«Il faut savoir perdre son temps pour en gagner.»
Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778), philosophe , musicien, compositeur, et botaniste passionné
***
Vous aimez jouer ? Alors retrouvons-nous samedi 11 avril pour un nouveau quiz. Il y aura 13 indices et vous trouverez la réponse le 25 avril. Comme d'habitude, vous pouvez donner autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !
***
![]() |
| Entendez-vous les oiseaux ? |
![]() |
| Sous les mimosas |
![]() |
| C'est un calme absolu |
![]() |
| Nouvelles lectures pour chacun |
| Tu exagères, il ne fait pas froid quand même ! |
| Je cherche des mots pour l'article de demain |
À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire