Nous
avons pris la route, portés par les vibrations nostalgiques de
musiques des années 60 mêlées aux rythmes modernes qui saturaient
l'habitacle de sons électriques, un mélange audacieux où Johnny
Hallyday semblait tenter un duo improbable avec la flûte de pan,
alors que le soleil se réveillait dans une explosion de rose et
d’orangé. Vers l'Est, face à l'astre aveuglant, nous clignons des
yeux. Mon conducteur restait aux aguets sur cette route dangereuse :
les lacets serrés et le choc sourd des nids de poule, stigmates des
inondations et des neiges de l'hiver, rythmaient notre progression.
De temps à autre, je jetais un œil inquiet vers le fond de ma
carcasse : je m'attendais presque à entendre le vacarme d'une
cascade de métal, un joyeux cliquetis de cymbales improvisé, si la
vaisselle venait à se briser ou si une porte s'ouvrait pour laisser
choir les couverts dans un fracas de ferraille.
Lorsque
le soleil s'est élevé dans un ciel bleu azur, pur et sans couture,
le paysage est devenu magnifique. À travers la vitre ouverte, l’air
chaud apportait le parfum musqué de la terre sèche et les effluves
plus sucrés des étendues de cultures inconnues. Mes yeux balayaient
les fleurs de rocailles : des taches de jaune vif comme du
mimosa, le violet profond de la bruyère et le rouge éclatant des
coquelicots.
Au
loin s’étalaient les hautes montagnes. Leurs sommets, d’un blanc
de neige immaculé, ressemblaient à du papier froissé déposé sur
l’horizon. Je scrutais les cimes dans le silence d’altitude, mais
aucune fumée de camp indien ne venait troubler la limpidité de
l’air.
En
dégringolant les pans vertigineux, nous croisions des camions
poussifs au moteur haletant, rejetant une fumée âcre et grise dont
l’odeur de gasoil nous parvenait par bouffées. Soudain, au détour
d'un tournant, la fraîcheur verte d'une oasis nous sautait au
visage. On entendait le murmure discret d'un oued où coulait un
léger filet d'eau. La terre, d’un ocre brûlé, était si sèche
qu'elle semblait avoir bu les pluies de l'hiver en un instant. À
chaque changement de province, une porte d'un rouge terreux et
puissant se dressait comme une sentinelle sur le bord du chemin.
Nous
voici à Ouarzazate pour la journée. Demain, nous irons vers un
endroit inconnu, une promesse de splendeur que j’ai hâte de
confirmer demain soir !
***
«La Beauté est tout
ce qui s'approche le plus à la Nature.»
Nabil Alami, auteur
***
Voici un nouveau quiz,
avec le 7ème et dernier indice. Vous pouvez indiquer autant de
solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées ! La
réponse sera en ligne demain.
Je ne suis pas droit
Je suis constitué
de deux éléments
J'interroge
Je peux remplacer un
ou une inconnu(e)
Je peux insinuer un
doute
Je marque la fin
d'une phrase
Je suis un type
écrit
***
Lorsque le soleil se lève
Une route vers l'Est
Nous sommes éblouis
Les sommets enneigés
Un filet d'eau
Des cultures qui me sont inconnues
Changement de province
Dans les lacets vertigineux
Il n'y a pas de fumée d'un camp indien ?
Les camions poussifs dans les montées
Les nids de poule
La montagne est rude
Que fais-tu dans cette pâture ?
Nous sommes à Ouarzazate
À demain, pour de nouvelles
aventures et découvertes !
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