À quatre heures trente ce matin, le Muezzin a laissé s'envoler son premier appel, un murmure sacré en sourdine qui flottait sur la ville endormie. Dans le silence de velours, l'aboiement d'un chien solitaire a surgi, trouvant aussitôt son écho dans les lointains, comme un dialogue secret entre les ombres.
Un hibou s'est alors éveillé, déchirant la tranquillité nocturne de ses cris aigus et saccadés, véritables griffures sonores dans le calme profond. À mes côtés, je percevais à peine le souffle régulier de Phil, paisiblement égaré dans les bras de Morphée. Je ne voulais pour rien au monde interrompre son songe enchanteur. Je me suis donc extraite de ma carapace avec des précautions de voleuse, glissant vers le salon pour allumer un néon discret. Mais le calme fut de courte durée : une mouche, bientôt rejointe par ses comparses, a entrepris une danse obsessionnelle autour de mes orbites.
Leur bourdonnement exaspérant m'a forcée à délaisser mon crayon et mon carnet vert, déjà bien barbouillé de pensées, pour empoigner le «fusil» à insectes. La traque fut mémorable. D'un geste vif et précis, j'ai vu quatre, puis cinq, et enfin six de ces importunes rejoindre leur complice au fond de la poubelle. Victorieuse de ce duel matinal, j'ai enfin pu reprendre la plume dans un silence retrouvé, sans avoir troublé d'un seul bruit le sommeil de mon « Lièvre ».
Il faut dire que la veille avait été d'une tout autre lumière. Le miroir m’avait adressé de cruels avertissements : des fils d'argent, traîtres et persistants, s’étaient invités dans ma chevelure. Ma crinière encerclait mon visage d'un nuage indiscipliné ; je ressemblais à une pomme bien ronde égarée dans un verger sauvage !
Dans l'atmosphère ouatée du salon privé, assise dans un fauteuil crapaud recouvert d'une couverture crème, entre les effluves chimiques et fleuries et le souffle chaud du séchoir, la métamorphose s'est opérée devant une psyché. Quel enchantement ! De fines mèches blondes, telles des fils de soie, dansent désormais sur une base ambrée aux reflets de miel chaud. Avec un maquillage subtil, le miroir ne reflète plus une baroudeuse, mais une mine radieuse. Je suis redevenue une jeune femme pomponnée et raffinée. Se respecter, c'est offrir le respect aux autres.
Pendant ce temps, Phil vibrait au rythme des impacts sourds et des clameurs des stades. Il a vu les Françaises dompter l'Italie (40-7), puis Toulon l'emporter sur Glasgow (22-19). Pour ma part, l'alchimie de ce jeu m'échappe totalement ; pourquoi ces colosses ne disposent-ils pas chacun de leur propre balle ? Cela épargnerait bien des mêlées poussiéreuses !
En me voyant revenir, Phil a délaissé ses rêves de Grand Chelem. Un regard chargé d'un émerveillement complice a illuminé son visage. Sa joie était palpable : voir sa tortue ainsi rajeunie, parée de nuances solaires, a semblé le combler plus que n'importe quel essai transformé. Le Lièvre délaisse d'ordinaire la lucarne magique, mais le sport lui offrait une parenthèse dans son emploi du temps de ministre, entre le savonnage de ma carcasse au jet d'eau pétillant et le peaufinage de son bronzage aux nuances congolaises.
Ainsi s’est achevée cette journée de contrastes, où le temps a suspendu son vol. Tandis que Phil savoure encore l'écho des victoires, je caresse mes reflets ambrées avec un plaisir secret. Le lièvre a ses ballons, la tortue a ses reflets, et sous le ciel de Marrakech, nos deux mondes s'accordent enfin dans une même sérénité. Car après tout, qu'il s'agisse de transformer un essai ou de réussir un brushing, l'essentiel est de savoir, chacun à sa manière, embellir le voyage.
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«Prendre soin de soi, c'est se donner les moyens d'être aux autres.»
Anonyme
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Vous aimez jouer ? Alors voici un nouveau quiz. Il y aura 13 indices et vous trouverez la réponse le 25 avril. Comme d'habitude, vous pouvez donner autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées !
- Je suis le doyen.
- Je suis une anomalie visuelle.
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| Je te rappelle que nous ne sommes pas en Afrique du Sud mais au Maroc et de plus, tu regardes les matchs à la TV tu n'es pas sur le terrain... |
| Chez le coiffeur, on bouquine, on boit une boisson |
À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !
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