dimanche 5 juin 2022

Fin d’une pérégrination

Je remercie toutes et tous ceux qui m’ont suivie lors cette évasion vendéenne. À travers mes écrits journaliers, afin de vous mentionner la météo et surtout vous donner de nos nouvelles, j’ai essayé de vous faire visualiser certains lieux, vous faire rentrer dans l’espace où j’étais comme si vous me suiviez. La famille, les ami(e)s sont toujours dans mes pensées...

«Ne regrette jamais d’avoir connu une personne dans ta vie ! Car les bonnes personnes te donnent du bonheur… Les mauvaises personnes te donnent de l’expérience… Et les plus méchantes personnes te donnent des leçons ! Dans tous les cas, tu gagnes quelque chose....»

Citation de Fly

Même si nous avons «échappé» à l’orage, celui-ci n’était pas loin, nous avons souvent entendus la sirènes des pompiers.

Face à la mer...

Un dernier regard sur l'Océan vendéen

Mais je te retrouverais un peu plus au Nord



Ah sœurette ! nous pensons fort à toi dans ce restaurant !

En terrasse juste en face de la plage

Les moules marinières 

Pour un dernier jour nous nous sommes laissés tenter par une assiette de profiteroles 

Pendant que nos bicyclettes attendaient sagement

Plus de sacoches sur mon vélo = départ !

Papa, je te passerai cette série de 3 tomes écrites sur les vignes
californiennes et tourangelles, tu vas te régaler !

À bientôtcertainement en fin d’année, pour de longues aventures et découvertes ! 

samedi 4 juin 2022

Les bourrines

Nous avions l’intention de rentrer à la fin de la semaine prochaine afin d’accomplir notre devoir de citoyen, toutefois, le temps devient incertain pour quelques jours. Si bien que nous allons plier demain.

Néanmoins, il serait regrettable de ne pas écrire un article sur la bourrine vendéenne (chaumière), cette maison bâtie en terre et couverte en roseaux. Faisant appel, dans sa mise en œuvre, à des techniques issues de pratiques anciennes, la bourrine étonne par l’ingéniosité qu’ont su développer ses constructeurs pour s’adapter à un milieu hostile. Habiter dans le marais de Monts revenait à subir les intempéries hivernales et les inondations qui, jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, isolaient le marais durant plusieurs mois.

On ne peut évoquer la construction des bourrines sans porter un regard sur leurs couvertures végétales. Cependant l’examen des murs en terre crue révèle un mode constructif original dans le marais qui serait à rapprocher des techniques de construction en bauge observées, entre autres, dans la région de Rennes et dans les marais du Cotentin et du Bessin.

Depuis le XVIIe siècle, le terme bauge est utilisé pour décrire une technique spécifique de construction en terre qui est distincte de celle du pisé, de l’adobe et du torchis. À l’examen des constructions présentes dans l’ouest de la France et des mentions dans la littérature, on peut définir la bauge comme une technique d’apprêt de la terre crue qui, mélangée à de l’eau et des fibres végétales, acquiert d’indéniables qualités plastiques ; sa mise en œuvre s’effectue par assises successives sans l’aide de coffrage ni d’aucun autre support. C’est la technique dite du bigôt.

Le sol du marais de Monts est constitué de bri (terre argilo-sableuse de couleur bleu-gris). Prélevée sous la couche de terre arable, la terre à construire était disposée en tas à l’emplacement même du chantier, à proximité d’un fossé pour les besoins d’approvisionnement en eau. Mais également, dans bien des cas, les bâtisseurs récupéraient les matériaux d’une bourrine effondrée, tant la bauge que les pièces de charpente. Une fois détrempée, la terre était foulée aux pieds par les hommes eux-mêmes ou par des animaux (bovins), puis retournée régulièrement à l’aide d’une fourche ou d’une fraïe (pelle) jusqu’à obtenir une matière homogène. Au cours de cette opération, l’ajout de sable prélevé dans les dunes avoisinantes permettait d’alléger la terre, réduisant ainsi le retrait provoqué au séchage. La préparation obtenue devait être suffisamment souple pour y inclure des fibres végétales : foin, paille et rouche (roseau du marais), destinées à armer et stabiliser le mélange. Cette dernière opération permettait alors de façonner, à l’aide de la fourche à bigôter, des moellons de terre, les bigôts, éléments de base servant à édifier les murs. Ces derniers étaient alors assemblés en assises, les levées, qui mesuraient au plus cinquante centimètres de haut et environ soixante centimètres de large. La première assise était généralement disposée à même le sol. L’excédent de terre provoqué par le tassement des levées était récupéré à l’aide de la fourche et placé au sommet du mur à la fin de la journée de travail.

Après quelques jours, nécessaires au séchage, les constructeurs préparaient à nouveau la terre afin de répéter l’opération. Les gouttereaux étaient ainsi élevés jusqu’à une hauteur approximative d’un mètre quatre-vingts, tandis que pignons et murs de refends peuvaient atteindre une hauteur de quatre mètres. Les encadrements des portes et fenêtres étaient posés au fur et à mesure que s’élevaient les murs, dans lesquels on effectuait des réserves comprenant appuis et linteaux. La pièce commune recevait généralement deux portes pleines et une fenêtre à quatre carreaux. Les huisseries étaient simplement montées sur pivots. La famille et les proches participaient aux travaux, tandis qu’une seule personne était chargée d’élever les murs. Une journée de travail suffisait pour mettre en forme une levée qui concerne l’ensemble des murs du bâtiment : gouttereaux, pignons et murs de refends, de manière à assurer une meilleure cohésion entre eux. La construction des murs s’étalait ainsi durant un mois ; généralement entrepris au printemps, elle bénéficiait de conditions climatiques optimales pour le séchage de la terre. Les murs des bourrines étaient pour la plupart posés à même le sol, sans fondations ni soubassements. Parfois les constructeurs creusaient une tranchée d’une vingtaine de centimètres dans laquelle ils plaçaient la première levée de bigôts.

Dans les bourrines élevées aux abords de secteurs plus riches en pierre, on a su tirer parti de cette proximité. On observe en effet, sur quelques maisons et dépendances, des solins appareillés en moellons de calcaire ou en galets provenant de la plage. Ces derniers dépassent rarement 40 cm de hauteur, mais ils permettent sans aucun doute d’isoler le mur en bauge des remontées, par capillarité, de l’humidité du sol si préjudiciable aux murs en terre.

Il était nécessaire de protéger les murs du vent et de la pluie, dont les effets d’érosion étaient accentués du fait de l’absence d’arbres dans certaines parties du marais de Monts. Aussi avait-t-on pris autrefois l’habitude de placer des claies de roseau, les fretis, sur les parois les plus exposées. On appliquait aussi un enduit de terre et de sable sur les faces intérieure et extérieure des murs recevant un chaulage. Bien que pratiqué depuis fort longtemps à l’intérieur de la pièce habitable, le chaulage des murs extérieurs semble n’avoir été pratiqué que depuis le début du siècle.

L’élément indispensable de la pièce habitable sont la cheminée, elle aussi, construite en terre, adossée à un des murs-pignons, la hotte est faite d’un mélange de terre et de foin appliqué sur une armature en branches, l’ensemble est recouvert d’un enduit et chaulé tout comme les murs de la pièce. Et, le four comprend une masse, construite en bigôts, qui supporte la sole, elle-même couverte par la voûte. La sole, initialement en bauge, fut progressivement remplacée par des carreaux de terre cuite, moins fragiles, la voûte est constituée de bigôts de terre et foin, façonnés à la main sur un moule en sable. Son extrados est protégé par un toit de roseau que porte un mur de bauge ou de simples poteaux de bois, le four à pain, adossé au mur-pignon sur lequel s’élève la cheminée, est accessible depuis la pièce habitable.

Le bois étant quasi inexistant dans le marais, les éléments de charpente provennaient le plus souvent de remplois divers ou de bosquets d’ormes, de saules et de peupliers. Plus tard, la forêt de Monts, plantée au milieu du XIXe siècle sur les dunes des communes littorales, permit un approvisionnement plus aisé en bois (pin maritime). La charpente était posée sur les murs en terre qui en supportaient tout le poids. Les constructeurs n’utilisaient pas de sablières censées en répartir les charges. Les chevrons étaient pris dans la bauge lors d’une opération de remplissage entre murs et charpente appelée arasure. Seule la pièce la plus importante, la ferme, repose parfois sur un poteau de bois placé dans la maçonnerie lors de l’édification des murs.

L’entrait, généralement incurvé, facilitait le passage des habitants au centre de la pièce. Le tirant, les arbalétriers également courbes dans la plupart des cas observés et le poinçon étaient assemblés de manière rudimentaire à tenons et mortaises. Cette opération était généralement confiée à un charpentier. Les pannes, chevrons et liteaux, simples branches et troncs écorcés, étaient assemblés par le propriétaire qui liait ces pièces grâce à des liens de bois (saules ou jeunes pousses d’orme). Une croupe placée sur le pignon ouest offrait une meilleure résistance aux intempéries et permettait le plus souvent d’organiser l’étable autour d’un poteau central qui, en forme de fourche dans sa partie supérieure, recevait la panne faîtière.

Souvent interdit à cause des risques d’incendie en milieu urbain et freiné par la mécanisation de l’agriculture, l’usage du chaume avait progressivement diminué. Considéré comme la couverture la plus courante depuis les Gaulois jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le chaume a perduré dans les zones de marais et marécages où l’exploitation de la matière première a été possible plus longtemps qu’ailleurs.

Les espèces végétales utilisées dans le marais pour couvrir les bourrines diffèrent selon la localisation de la construction. On utiliserait volontiers des végétaux tels que le phragmite et la massette dans le marais doux, le scirpe maritime dans le marais saumâtre. Le roseau ou phragmite commun se récolte sur les bords des canaux et dans les roselières du marais doux. Sa tige, terminée par une panicule, était utilisée pour sa rigidité et sa longueur entre de 1 à 3 mètres. Il est présent dans la majorité des couvertures des bourrines du marais de Monts.

Prélevés dans des roselières, d’anciens marais salants ou sur les bords des principaux canaux et fossés, les végétaux étaient récoltés à l’aide d’une faucille, puis nettoyés et posés au sol en javelles pour former gerbes. Il convenait par la suite de les mettre en gerbes et de les assembler en piles, sortes de meules coniques destinées au stockage, ou bien de les acheminer à proximité du chantier, assemblées en mouches. Récolté le plus souvent par l’habitant lui-même, le roseau pouvait également faire l’objet d’un commerce.

La pose de la couverture des bourrines était confiée à un spécialiste. D’abord reconnu pour son savoir-faire, le bourrinour est devenu à partir du début du XXe siècle un artisan spécialisé. Travaillant seul, il œuvrait à partir du mois d’octobre jusqu’au printemps, le commanditaire fournissant la matière première. Ce dernier pouvait également participer aux travaux en procédant à l’approvisionnement du chantier. Le savoir-faire nécessaire à la bonne exécution de ce mode de couverture se reflétait dans la spécificité de l’outillage. Un débordant de 15 centimètres environ du mur de bauge, le chevron permet de fixer sur un liteau placé à l’extérieur du mur une menoïlle liée qui enfourche ce dernier. Ce montage est appelé la goubleture. La saillie ainsi obtenue en posant les premiers roseaux sur la goubleture, est d’environ vingt centimètres, ce qui permettait de diriger le ruissellement loin du pied de mur.

Dans le marais, la bourrine était principalement implantée le long des voies de communication et notamment sur les délaissés de charrauds. Son constructeur veillait à choisir un endroit plus ou moins surélevé afin de limiter les inconvénients des inondations. Les Maraîchins prenaient soin d’orienter leurs maisons de manière à bénéficier de l’ensoleillement de la façade, mais aussi de limiter les dégradations occasionnées par le vent ; la disposition de la croupe généralement dirigée vers l’ouest en est un témoignage.


Avant la grêle, huile sur toile, Charles Milcendeau, 1917
© Musée Vendéen de Fontenay-le-Comte (Photo du Net)



La bourrine vendéenne (par VICTORSERGE) (photo du Net)

« Le bonheur, c'est une maison riante au toit de chaume couvert de mousse et d'iris en fleurs.»

-Les femmes (1853)- Jean Baptiste Alphonse Karr (1808-1890), romancier et journaliste français.

Aujourd’hui l’atmosphère est orageuse, une couverture nuageuse recouvre le ciel et dissimule le soleil. Des gouttes d’eau tombent parfois sans humidifier le sol. Ce vilain orage prendra le large en début de soirée. Demain, sous le soleil, nous profiterons une fois de plus d’aller faire un tour sur le marché et la plage de Notre-Dame-de-Monts, avant de plier, ranger, nettoyer…

Comme vous l’avez certainement compris, cette escapade était celle d’un repos pour nous ressourcer dans cette région que je connais très bien. Je n’ai pas ou peu partagé l’historique ou la géographie des lieux puisque je l’avais déjà fait dans des articles précédents. Il était plus judicieux de me taire que de passer pour une rabâcheuse.

À demain, pour les dernières aventures et découvertes de ce périple !

vendredi 3 juin 2022

Une journée sereine

Deux gouttes de pluie, trois coups de tonnerre et le calme était vite de retour. Le ciel s'était rapidement découvert laissant passer les rayons du soleil cuisants.

Nos amis sont repartis. Alors qu’ils sont sur la route nous continuons notre routine pour une journée sereine. Je poursuis la lecture : la trilogie sur le vignoble Vouvrillon en Touraine à la fin du XIXe siècle alors que Phil a repris un nouveau thriller, peut-être le dernier pendant cette escapade puisque nous envisageons de rentrer la semaine prochaine. Nous reprendrons notre rythme quotidien entre lecture, marche, balade à vélo, cinéma, rencontre avec les copains et les amis….

«Le zen n'est pas une forme d'excitation, mais la concentration sur notre routine quotidienne.»

Shunryu Suzuki (1904-1971), l'un des maîtres les plus marquants et les plus respectés de la lignée de Dôgen de l'école zen Sōtō il a influencé le bouddhisme aux U.S.A.

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

jeudi 2 juin 2022

Une journée au bord de mer

Entre amis, nous avons longé, à bicyclette, le côte de St Jean-de-Monts depuis la plage de l’Estacade jusqu’à St Hilaire de Rietz. Après un petit tour dans la rue semi-piétonne, où de nombreux petits commerces : vêtements, souvenirs… sont cantonnés dans des boxes de garages juxtaposés, nous nous sommes régalés au restaurant «La Belle Époque». Une ardoise de jambon de Vendée avec deux tranches de melon et quelques feuilles de salade verte pour deux d’entre nous, une autre ardoise de pâté également accompagné de salade verte, pour Phil. Ensuite une andouillette frites pour mon amie, une brandade de morue pour mon chéri et, pour mon ami et moi des moules marinières frites. Il aurait été dommage de ne pas terminer par un dessert comme une coupe de fruits frais dans laquelle était plongé une boule de glace au citron vert, pour une. Et, pour les trois autres une coupe de mousse au chocolat. C’était succulent.

Je n’écrirai aucun détails sur les plages, la rue commerciale, le restaurant puisque je l’ai déjà transcrit précédemment dans différents articles.

«Se souvenir des bons moments passés entre amis, est le plus beau voyage que l'on puisse faire.»

Manumax, Retraité Restauration, Géocaching.

Il faisait un peu frais le matin puis le soleil s’est levé et nous a accompagnés.

Une journée de bonheur partagé !











À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

mercredi 1 juin 2022

Entre amis

Un couple d’amis est venu nous rejoindre pour passer la journée complète demain. Quelle joie de nous retrouver. Évidemment je n’ai pas pu m’empêcher de leur parler des gambades et jeux de mon enfance, dans cette région boisé en bord de mer.

Ils ont loué des vélos ainsi nous pourrons leur faire visiter demain St Jean-de-Monts et partager un bon repas dans un des restaurants.

Nous avons passé l’après-midi à papoter autour d’un thé. Bien sûr nous avons été jusqu’à la plage sous le soleil et une température élevée puisque le thermomètre affiche à 18 heures 25 degrés. L’atmosphère est lourde, un orage devrait arriver en fin de semaine.

«L'amitié, c'est la fidélité, et si on me demandait qu’est-ce que la fidélité ? Je répondrais c'est l'amitié !»

Julio Iglesias, chanteur espagnol

Sentez-vous l'air iodé ?

L'Océan est toujours aussi paisible

Mais... où sont les propriétaires de ces bicyclettes ?

Deux pingouins à la mer...
À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

mardi 31 mai 2022

À petits pas

Chaque jour nous avançons lentement, nous profitons de la vie telle qu’elle vient. Le soleil, le calme, la mer, les pistes cyclables... un panaché qui nous enthousiaste. L'existence est si sereine ainsi. Chaque petit pas nous rapproche aussi du départ ! Rassurez-vous, je vais toujours partager mes clichés encore plusieurs jours.

«On marche dans la vie à petits pas pour que l'empreinte devienne un grand pas.»

Pensée de Sonia Lahsaini

Ce matin et en début d’après-midi nous avons fait un tour à St Jean-de-Monts puis, après déjeuner, sur la plage, une petite balade de 17 kilomètres sous le soleil ardent. Et, l’après-midi nous continuons notre lecture dans les transats. Ne rien faire !

La plage de la Parée du Jonc

Un équidé serait-il passé par là ?

Sérénité

Tranquillité

On peut apercevoir l'Estacade

Limite de baignade surveillée

Mais qui a oublié sa charrette ?

Il me semble, madame, que les chiens en liberté sont interdits sur cette plage...

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

lundi 30 mai 2022

Féministe

Lorsque je regarde tous les retraités qui m’entourent, les hommes, les femmes, je suis bien certaine que nombreuses ne touchent pas de retraite ou peu. Faisaient-elle parties des féministes ?

Un gros mot, ou presque. Lorsque Alexandre Dumas fils emploie pour la première fois, en 1872, le terme «féministe», c’est dans un pamphlet, afin de ridiculiser les hommes qui souhaitent donner plus de pouvoir aux femmes. Il faut attendre une dizaine d’années, et son appropriation par la journaliste Hubertine Auclert, pour que le mot se réfère à un mouvement pour l’égalité entre hommes et femmes. Mais les idées ont précédé le vocabulaire.

Retour en arrière : à la Révolution française souffle un vent d’universalisme qui donne des idées à certaines. Puisque «les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits», selon la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, comment expliquer que certains êtres, du fait de leur sexe ou de leur catégorie sociale, ne jouissent pas de cette égalité ? C’est ce paradoxe que pointe, en 1791, la femme de lettres Olympe de Gouges, en publiant la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. «La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune», prône l’article 10. Les revendications concernent alors les droits civiques, l’éducation, l’accès au travail...

Mais l’avènement de l’Empire douche les espoirs de ces révolutionnaires. «Le code Civil, en 1804, fait de la femme une mineure, sous la domination de son mari», résume Bibia Pavard, maîtresse de conférences en histoire à l’université Panthéon-Assas et coauteure de Luttes de femmes : 100 ans d’affiches féministes. Les idées féministes se font plus discrètes, affleurant parfois en filigrane dans la presse. «Des magazines féminins vont contrer la censure en publiant, entre deux historiettes morales ou sujets frivoles, un compte rendu de procès de violence conjugale, où le mari n’est pas condamné, ou un encart sur Mary Wollstonecraft, pionnière du féminisme en Angleterre, détaille Caroline Fayolle, maîtresse de conférences à l’université de Montpellier et auteure du livre Le Féminisme. D’autres publications font plus clairement de la résistance, comme L’Athénée des dames, qui contient un manifeste pour l’égalité des sexes. S'inspirant des utopies socialistes, quelques expériences contestataires, dans les années 1830, envisagent une égalité élargie en matière de droits civiques. «Elles prônent l’abolition des systèmes d’exploitation de l’homme par l’homme, pas seulement des hommes sur les femmes mais aussi, par exemple, des riches sur les pauvres», précise Caroline Fayolle. Dans ce cadre se forme la communauté mixte de Ménilmontant – quelques dizaines de personnes cohabitant selon les théories de Saint-Simon, avec l’idée de libérer la femme du carcan du mariage. Les Saint-Simoniennes y expérimentent une vie sexuelle et des enfants hors union. Mais l’utopie périclite après trois ans.

Nouvel appel d’air avec la révolution de février 1848, qui crée un moment d’espoir généralisé, rapidement déçu. Non seulement la IIe République ne confère pas le droit de vote aux femmes, mais les révoltes ouvrières de juin sont durement réprimées. Une double trahison pour les femmes proches du socialisme qui ont participé au mouvement. Estimant que leur émancipation ne viendra pas de la République, elles préfèrent dès lors s’organiser au sein d’associations de travailleurs.

La fin du 19e siècle et la création de la IIIe République changent la donne : ce qui n’était jusqu’à maintenant que le combat d’une poignée de personnalités devient un mouvement massif. Progressivement, sur le modèle des suffragettes anglaises, des associations d’envergure se montent, recrutant des milliers d’adhérentes et faisant émerger des figures comme Hubertine Auclert, qui anime le journal La Citoyenne. La question enflammant le débat public est celui du droit de vote, et les féministes rivalisent de créativité pour la relayer, usant parfois de coups d’éclat comme la grève de l’impôt ou le cassage d’urnes. «Il y a déjà l’idée de médiatiser et de mener une forme de lobbying auprès des politiciens», fait remarquer Bibia Pavard.

En parallèle aux associations de femmes républicaines et laïques s’organisent des groupes de femmes catholiques. «Celles-ci réclament aussi le droit de vote, arguant que les femmes sont porteuses de valeurs spécifiques, bonnes pour la société et susceptibles de moraliser la vie politique, souligne Caroline Fayolle. Il y a cette opposition entre les féministes universalistes, pour lesquelles les deux sexes sont égaux, et les différentialistes, qui érigent les différences entre les sexes en complémentarité.» Las, la Première Guerre mondiale signe le coup d’arrêt de cette mobilisation : les féministes se rallient à l’Union sacrée, mouvement de solidarité des Français contre l’oppresseur, que le président de la République, Raymond Poincaré, appelle de ses vœux le 4 août 1914.

Au sortir du conflit, c’est à nouveau la déception : alors que de nombreux pays européens octroient le droit de vote aux femmes en 1918 ou en 1919, la France botte en touche, plusieurs propositions de loi étant rejetées par le Sénat. En cause, l’alliance paradoxale des conservateurs et des républicains laïcs. «Les premiers redoutent une destruction de la cellule familiale, un danger pour la stabilité de la société. Les seconds pensent, eux, que le vote féminin sera nécessairement conservateur, du fait de l’éducation religieuse des femmes», décrypte Bibia Pavard. Le droit de vote est finalement obtenu en 1944, lors de la Seconde Guerre mondiale. Une réflexion plus globale sur la place des femmes dans la société s’amorce alors, incarnée dans l’essai de Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, publié en 1949. Pour la philosophe, qui exclut tout déterminisme, «on ne naît pas femme, on le devient».

Une nouvelle cause émerge dans les années 1950, celle du contrôle des naissances, portée par La Maternité heureuse. L’association, qui deviendra Le Mouvement français pour le planning familial, explique presque clandestinement à ses adhérentes, à travers des publications et des conférences, comment maîtriser sa sexualité pour éviter les grossesses... Fin 1967, l’Assemblée nationale adopte enfin la loi autorisant la contraception. Dans le sillage de mai 1968, des groupes non mixtes voient le jour. La rencontre de ces mouvements disparates, imprégnés des idées de gauche et d’extrême gauche, entraîne la création, en 1970, du Mouvement de libération des femmes (MLF) qui revendique la libre disposition du corps des femmes. Parmi les combats du MLF : les violences sexistes, le droit à l’avortement, la remise en question de la société patriarcale... Outre des manifestations et son journal Le Torchon brûle, le MLF mise sur de nouveaux modes d’action spectaculaires. Premier fait d’armes ? Déposer une gerbe sous l’Arc de triomphe... à la femme du soldat inconnu. Même volonté d’interpeller l’opinion publique avec «le manifeste des 343», publié le 5 avril 1971, dans Le Nouvel Observateur, dont les signataires, pour certaines célèbres, déclarent publiquement avoir eu recours à l’avortement. Autre levier mis en œuvre : la politisation de certains procès. À Bobigny, en 1972, l’avocate Gisèle Halimi plaide le cas d’une jeune fille ayant avorté illégalement à la suite d’un viol. Six ans plus tard, à Aix-en-Provence, elle défend deux homosexuelles, battues et violées par un groupe d’hommes alors qu’elles faisaient du naturisme.

«Une femme libre est exactement le contraire d'une femme légère." "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.»

Simone de Beauvoir (1908-1986, philosophe, romancière, mémorialiste et essayiste française.

Merci à nos aïeules de nous avoir défendues ! Gardons notre indépendance...


Je continue ma lecture, Phil commence un nouveau thriller
qui lui semble une légère copie sur le film "La ligne verte" de Franck Darabont

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

dimanche 29 mai 2022

Grand vent

Aujourd’hui il fait très beau, si le mercure n’était pas monté au-dessus de 12 degrés ce matin, il affiche désormais au milieu de l’après-midi 22. Cependant, le vent est très fort.

Lorsque nous sommes allés ce matin à Notre-Dame-de-Monts il soufflait latéralement. C’était bien difficile de conserver son alignement sur la chaussée. Car, si nous empruntons le chemin cyclable, très accidenté, dans le forêt dunaire, nous débouchons sur une route très fréquentée par les automobilistes.

Parfois nous roulons, à certains endroits, sur le trottoir, mais pas aujourd’hui jour de marché, où de nombreux badauds se précipitent pour rejoindre une foule déjà grouillante sur la petite place de l’église. Les commerçants attendent les touristes derrière leur étal et se frottent les mains : «approchez, approchez, aujourd’hui il y a des réductions…». Je ne sais vraiment pas de quelles réductions ils hurlent puisque j’ai aperçu une fois de plus le melon à 8,00 euros !

À la boulangerie pâtisserie du coin de la rue principale il y avait une queue interminable. Il fallait être vraiment patient pour acheter du pain ou une brioche tant renommée. Ma famille connaît bien ce commerce et devant lequel nous avons toujours vu, depuis de nombreuses années, un défilé de personnes. Il faut reconnaître que ce jour est la fête des mères, néanmoins il n’y avait personne devant le fleuriste !

Après avoir posé nos petites reines le long du mur, élevé en 1893, de l’église, nous avons parcouru les allées du marché rapidement pour reprendre nos bicyclettes et aller rejoindre le bord de mer. Je calme était revenu, dommage que le vent soufflait si fort.

«Sans le saule, comment connaître la beauté du vent.”

Lao She (1899-966), dont le nom de plume est Shu Qingchun, écrivain chinois.

La plage de Notre-Dame-de-Monts
au loin on peut apercevoir le pont de Noirmoutier

Les voiliers attendent la marée haute

C'est plus calme ici que dans les rues de la ville

Aujourd'hui c'est celui de Notre-Dame-de-Monts


Dès le Moyen Age il semblerait que les familles avaient pour tradition de préparer une «gâche» ou une «pacaude» lors des fêtes de Pâques. Au XIXe siècle, la brioche vendéenne se transforme et se présente «tressée». Sa recette évolue, la crème se retrouve désormais uniquement dans la «gâche», et la brioche est parfumée à la fleur d’oranger ou bien à l’eau-de-vie. En 1949, une association de boulangers créent le label «Brioche Vendéenne». Cette période de l’après-guerre voit sa réputation grandir avec le développement du tourisme. Aujourd’hui, vous ne pourrez pas traverser la Vendée, que ce soit sur la côte ou dans le bocage campagnard, sans croiser tous les kilomètres, soit une boulangerie artisanale qui fabrique sa brioche, soit une boutique d’un des 3 grands noms qui ont fait de ce bon produit une véritable industrie  (Sicard, l’Essartaise, La Tresse dorée) sans en dénaturer l’esprit.  





 

J'ai terminé mon livre et je commence un autre,
pendant que Phil termine également le sien.

Je ne pourrai pas terminer cet article sans souhaiter une

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

samedi 28 mai 2022

Plus de frein

En revenant, hier, de notre balade journalière, à vélo, la poignée de frein de ma petite reine n’avait plus de résistance. Le câble étant coupé la mâchoire de frein arrière ne fonctionnait plus. Je faisais très attention en serrant la poignée de frein avant, je n’avais pas l’intention d’un coup de passer par-dessus le guidon. Et, je ne possède pas une bicyclette à pignon fixe !

Après avoir téléphoné au «docteur vélo», ce dernier m’avait donné rendez-vous ce matin dès 9 heures. Il fallait donc se lever un peu plus tôt que d’habitude pour aller au centre-ville de St Jean-de-Monts en passant à travers le marché bihebdomadaire. D’autant plus que nous devions y aller doucement. Il faisait frais dans les pins dès 8 heures, les exposants sur la place de l’église et dans tous le centre de la ville déballaient leurs cartons et commençaient seulement à exposer leurs marchandises. Seuls les primeurs étaient déjà à l’œuvre.

J’ai déposé ma bicyclette chez le mécanicien et alors qu’il travaillait, nous avons fait le tour du marché. Comme très souvent, nous sommes revenus avec les sacoches de mon vélo pleines…

«J'aime la bicyclette pour l'oubli qu'elle donne. J'ai beau marcher, je pense. A bicyclette je vais dans le vent, je ne pense plus, et rien n'est d'un aussi délicieux repos.”

Émile Zola (1840-1902), considéré comme le chef de file du naturalisme, c'est l'un des romanciers français les plus populaires, les plus publiés, traduits et commentés dans le monde entier.

Aujourd’hui, s’il ne faisait frais ce matin et surtout à l’ombre dans les pins, il fait désormais chaud (25 degrés à l’abri), heureusement un léger vent nous rafraîchit. Nous bouquinons à l’ombre du camping-car.

Docteur vélo !


Toujours chargée comme un mulet !
À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

vendredi 27 mai 2022

Sépia

La photographie couleur est créé dans les années 1860, et n'obtient ses lettres de noblesses que dans le milieu des années 1970 quand les photographes auteurs s'en sont emparés. Mais, comment expliquer une si longue naissance de la photographie couleur ?

Dès 1860, Louis Ducos du Hauron, pionnier en la matière, avait décidé de faire des photographies couleurs en superposant trois images réalisées séparément avec un filtre rouge, bleu et jaune. Ce processus, qu'on a ensuite appelé la synthèse trichrome, fut amélioré par les frères Lumière qui, en 1907, commencent à commercialiser les plaques autochromes qui permettent de capter les couleurs en une seule prise de vue. Dès 1909, le mécène Albert Kahn envoie des photographes capturer le monde en couleur grâce à ce procédé. Il constitue ainsi le premier ensemble de photographie couleur d'une aussi grande envergure, appelé «les archives de la planète».

La complexité du procédé couleur permet de comprendre assez aisément pourquoi la pellicule couleur ne se démocratisa qu'à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Le prix des pellicules y est également pour quelque chose. Acheter et développer une pellicule couleur coûtait plusieurs fois le travail d'un film noir et blanc, et ce jusque dans les années 1970. Si bien que les premières années de la photographie couleur ont été écrites par les publicitaires et ensuite par la presse magazine. Ainsi, on comprend mieux pourquoi les photographes auteur ont mis de nombreuses années avant de travailler en couleur : l'association entre photographie couleur et publicité était quasi systématique. Walker Evans, par exemple, avait vivement critiqué la photographie couleur avant de s'y mettre dans les années 1970.

L'histoire de la photographie couleur a été largement influencée par des photographes américains comme Stephen Shore, Joel Meyerowitz, Saul Leiter ou William Eggleston. Raymond Depardon avouait lui même avoir commencé à photographier en couleur pour imiter ces regards. La reconnaissance de la photographie couleur passera également par eux notamment grâce l'exposition de 1976 au MoMa, présentant les œuvres de Stephen Shore et de William Eggleston. Dès lors, on reconnaîtra à la couleur le pouvoir de magnifier le banal.

Les années 1970 verront alors naître les grands de la photographie couleur (Martin Parr, Luigi Ghirri, John Batho, Walker Evans, et bien d'autres...) avant de devenir incontournable.

Toutefois, j’avoue que si la photo couleur existe depuis tant d’années, le cliché noir et blanc rend parfois un regard remarquable sur l’illustration.

«Ce que j’aime dans les photos en noir et blanc, c’est qu’elles donnent l’impression de lire un livre plutôt que de voir un film.” 

Jennifer Price

Je fais un flash-back sur quelques unes de mes photos :

Sur la plage de la Parée du Jonc en 1880, non en 2022

L'Océan Atlantique côté Vendée

La plage des Demoiselles

Une vue imprenable sur un Océan calme

Au loin c'est l'île d'Yeu

Une belle époque

Phil continue sa lecture alors que je commence
le 3ème et dernier tome de la série "Angélina"

Aujourd’hui, jusqu’à 15 heures le temps est très maussade le thermomètre affiche pas plus de 20 degrés à l’abri, de plus, un léger vent rafraîchit l’atmosphère. Pourtant la météo annonce du soleil pour l’après-midi et une hausse des températures pour les jours à venir...

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

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