mercredi 13 mai 2026

L’Appel de la Gueule de Métal

Ce chapitre sera bref, car l’heure n’est plus aux longues tirades mais à l’action. Dans le ventre de ma carapace, le silence est enfin d'or : tout est calé, bridé, immobile. Mes «soldats de papier», passeports, certificats et billets, sont sagement alignés dans mon sac, prêts à être dégainés à la moindre injonction frontalière. La puce de mon téléphone, elle, attend son heure, tel un petit espion endormi prêt à reprendre du service sur l'autre rive.

Le GPS a déjà pris sa voix de commandement. Après une ultime halte à la station-service pour abreuver ma monture d'un dernier nectar local à l'odeur entêtante, nous mettrons le cap sur le tumulte de Tanger-Med. Là-bas, l'ambiance changera de ton : au milieu des sifflets des douaniers et du fracas des chaînes, ma jolie carapace subira l'indiscrétion du scan avant d'affronter le monstre. Une gueule d'acier, béante et sombre, s'ouvrira pour nous engloutir dans ses flancs métalliques. Puis, ce sera la danse des vagues sur le détroit, deux heures de flottement entre deux mondes, avant d'accoster à Algéciras.

Mon cœur joue encore une partition serrée, un mélange de nostalgie ocre et d'impatience tricolore. Je suis partagée entre le regret de quitter cette terre et la joie de retrouver les miens, hâte de troquer le thé à la menthe contre mes vieilles habitudes européennes.

Une fois la douane franchie et ma puce française remise en selle, le fil de la communication sera rétabli. D’ici là, je me fais discrète. Mais soyez sans crainte : dès que nous aurons retrouvé la terre ferme, je déploierai pour vous tous les reliefs de notre traversée dans le prochain chapitre !

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«Voyager, c’est naître et mourir à chaque instant. On quitte un monde pour en découvrir un autre, mais on garde en soi le parfum de celui qu’on laisse derrière.»

Victor Hugo (1802 - 1885), poète, dramaturge, romancier et dessinateur français

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Vous aviez les 10 indices de l'avant dernier quiz. Avez-vous trouvé ?

  1. Avant ma création, seule l’eau immobile permettait de me remplacer.
  2. Mes tout premiers ancêtres, vers 6000 av. J.-C., étaient faits d’obsidienne, une pierre issue des volcans.
  3. À l'époque de la Rome antique, on me fabriquait spécifiquement pour réfléchir les objets, mais j'étais souvent en métal poli.
  4. Bien que j'existe en verre depuis le Ier siècle, ma qualité est restée médiocre pendant très longtemps.
  5. À la Renaissance, les maîtres verriers de cette île vénitienne ont gardé ma recette secrète pendant un siècle.
  6. Pour me rendre efficace autrefois, on utilisait un amalgame d'étain et de mercure derrière une vitre.
  7. En 1835, Justus Von Liebig a inventé le nitrate d'argent, ce qui a permis de me produire en grande quantité.
  8. Autrefois très rare, je n'étais présent que chez les coiffeurs avant de rejoindre les chambres à coucher au XXème siècle.
  9. Aujourd'hui, mon «tain» est souvent fait d'aluminium pour éviter que je ne m'oxyde avec le temps.
  10. Je suis devenu indispensable dans les salles de bains depuis 1930 pour vous aider à vérifier l'image que vous renvoyez aux autres.

Je ne suis pas la tourmaline noire. Mais je suis bien le Miroir

Bravo Ahmed, Brigitte, Francine, Sylvie, Blandine, Lysiane, Amédée, Maman et toutes les personnes qui se reconnaîtront.

Si la définition d’un miroir est une surface polie permettant de refléter une image, on parlera de 6000 av. J.C.

La surface utilisée était souvent l’obsidienne, une pierre volcanique au pouvoir réfléchissant.

Avant cette époque, seule la surface de l’eau immobile permettait de voir son image

Si en échange on considère le miroir comme étant une invention telle que celle-ci est créée spécifiquement pour réfléchir la personne ou l’objet placé devant, on se situe à l’époque de la Rome antique (entre 27 avant J.C et l’an 476)

L’apparition du miroir en verre est une date très controversée par les historiens, qui s’accordent cependant pour la située entre le Ier et le IIIème siècle.

Dans un premier temps, on utilisait donc le verre pour des miroirs de très petites dimensions, en y opposant au dos une feuille de métal.

Mais la technique étant rudimentaire, à cette époque, ce type de miroir était de qualité très médiocre. Raison pour laquelle, les miroirs en métal étaient bien plus utilisés.

Il faudra attendre l’époque de la Renaissance (XVIème) et la passion des verriers de l’île de Murano pour voire les premiers miroirs en verre dont l’arrière était recouvert d’un amalgame d’étain et de mercure.

On sait que les maîtres verriers vénitiens on conservés la recette durant près de 100 ans, avant de partager ce savoir-faire à l’Europe.

C’est en 1835, que le chimiste allemand Justus Von Liebig inventa le nitrate d’argent qui permis la fabrication de miroir en grande quantité et à moindre coût.

Mais à cette époque, le miroir était encore considéré comme un objet de luxe et en posséder un, restait une chose assez rare. Seuls les coiffeurs en disposaient d’un ou deux dans leur salon.

Ce n’est qu’au début du XXème que le miroir se démocratise et apparaît sous forme de «miroir en pied» dans les chambre à coucher.

Puis vers 1930, le miroir envahi les salle-de-bains, permettant de visualiser l’image que l’on donne aux autres.

Aujourd’hui la technique à évoluée, délaissant l’argent qui a tendance à s’oxyder, au profit de l’aluminium et d’une couche de cuivre ou de plomb (le tain) donnant ainsi l’aspect opaque.

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De Assilah nous allons à Tanger-Med

Puis en bateau à Algéciras

Tu regarde le continent marocain s'éloigner ?

Oh lala c'est difficile de traverser le détroit !

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

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