vendredi 10 septembre 2021

En poursuivant le circuit des forges et des mines

Grace à l’association «Le Savoir et le Fer» nous étions arrivés à Dompierre et avons poussé la porte de la Maison du Fer. Elle offre un panorama de l’histoire des forges et des mines de fer du Bocage Ornais autour des 3 thèmes : la formation géologique du minerai de fer, la sidérurgie dans le Bocage du moyen-âge au XIXème siècle et les mines de fer de l’Orne entre 1901 et 1978.

Wagonnets, casques, lampes et outils des mineurs nous ont replongé dans l’épopée minière de la région. Une grande maquette de la mine de fer de Saint-Clair-de-Halouze (voir mes articles précédents) permet de comprendre le fonctionnement de la mine au fond : puits, galeries, tailles… et au jour : carreau de la mine, fours de calcination, liaisons ferroviaire...

À partir de témoignages d’anciens mineurs, retraçant l’histoire des mines de fer de l’Orne, j’ai été passionné par le film, réalisé à partir d’images d’archives des mines de Saint-Clair-de-Halouze et de La Ferrière-aux-Etangs.

«Grand-père était chargé de distribuer à chaque famille lits, draps, couvertures, tables, chaises, enfin l’essentiel.» «L’essentiel» c’était aussi cet indispensable poêle à charbon attribué par la société minière aux familles à leur installation dans les cités.

D’après la lettre de Gilberte et Mireille Rochet, citée dans Pierre Auvray (Un village minier en Normandie, 2018)

Dans les années trente, 1 mineur sur 2 était d’origine étrangère à la mine de St Claire de Halouze et on comptait alors 39 nationalités différentes à la mine de la Ferrière-aux-Etangs. Il s’agissait surtout de jeunes hommes célibataires qui étaient issus du monde ouvrier mais rarement de mineurs de profession.

Les compagnies minières faisaient bâtir des cités pour les mineurs, elles cherchaient à s’assurer la paix sociale. Elles attendaient en contrepartie, de la part des mineurs, la fidélité à l’entreprise, la productivité, l’assiduité au travail et le respect de l’autorité de la direction.

«On m’appelle vulgairement la fonte, Mais il faut que je vous raconte : Enfouie dans ma terre d’origine, Je n’ai pas vraiment bonne mine. Dissimulée dans mon minerai, Je ne divulgue que peu d’intérêt. En revanche lorsque l’on me charge, À bord de volumineuses barges, Déjà, ma médiocrité s’amenuise : La première étape, menée à guise, Ingurgitée par notre géant, Je suis dan smon élément. Durant ma croisière mouvementée, C’est la métamorphose convoitée. Mes impuretés chassées par le système, Mon identité atteint le suprême. Bientôt, je ressemble à l’or vénéré. Moins précieux, mais je le dépasse en quantité. Voici mon histoire, d’antant et du présent, Le futur me réserve encore un rôle éminent.»

Ode à la fonte (Louis Drieghe, fondeur en Nelgique au XX ème siècle (cité dans le Savoir… fer, glossaire du Haut-Fourneau, Jacques Corbion)

Louis XIV avait fait planter de nombreux arbres dans le bocage ornais afin d’alimenter les fours. Lorsque tout le bois a été épuisé toutes les forges ont fermé. Elles ont survécu grâce à une entreprise de «Calais», si je me souviens bien, qui a repris le flambeau et fourni du charbon de bois.

Avant de pousser la portes du musée un petit tour dans le village de Dompierre :











Et voici le musée 







Bas fourneau








Voir mon article "Le carreau de la mine "

Pour finir notre route du fer nous sommes allés à la Butte Rouge, un lieu-dit de Dompierre afin d’immortaliser les fours de calcination qui étaient en activité de 1901 à 1938, utilisés pour traiter le minerai extrait de la mine de fer de la Ferrière-aux-Etangs.

Les fours de la Butte Rouge ont été les premiers fours de calcination construits en Normandie. Formant une batterie de neufs fours, ils étaient utilisés pour calciner le minerai, afin d’enrichir sa teneur en fer, avant son expédition vers les hauts-fourneaux du Nord-Pas-de-Calais.

La colline de la Butte Rouge avait été choisie pour y aménager sur son flanc un site de calcination du minerai de fer car la déclivité naturelle du terrain permettait le fonctionnement «en cascade» des fours sur plusieurs niveaux.




Nous avons quitté la route du fer pour rentrer dans le cœur de la Suisse Normande. Il aurait été regrettable de ne pas arpenter le mont Cerisy, bordé de remarquables rhododendrons en buissons, à Cerisy Belle Étoile. Au sommet, à 265 mètres d’altitude, est dressé un château de style anglais du XIXème siècle, bombardé en 1944. En grimpant le chemin sinueux la vue sur le bocage normand était grandiose.









Et là c'est tout moi !


Je ne pouvais pas laisser passer cela !

Et nous voici installé à Pont d’Ouilly d’où je vous ferais découvrir un bien autre sujet.

Aujourd’hui des averses importantes sont tombées, entre, le soleil faisait son apparition. Il ne fait pas froid (22 degrés à l’abri).

À demain pour de nouvelles aventures et découvertes !

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