mardi 19 mai 2026

La France, enfin !

Il était à peine huit heures lorsque ma carapace a repris le ruban noir de l’autoroute, toujours vers le Nord.

La nuit n’avait pas été très paisible. Entre les entrepôts et les hangars commerciaux, ma carapace a somnolé au son des poids lourds. Dès l’aube, les chariots élévateurs entamaient leur danse métallique sous les néons blafards, déchargeant déjà les marchandises qui, quelques heures plus tard, attendraient bien sagement dans les rayons des supermarchés.

Les yeux encore chargés de sommeil, j’avais programmé le GPS avec la précision d’une vieille horloge suisse : direction Capbreton. La France.

Et puis, il faut bien l’avouer, l’autoroute ménage davantage les forces de ma carapace. Avec le prix du carburant qui grimpe plus vite qu’un lièvre apeuré, elle préfère désormais les longues lignes droites aux détours trop gourmands.

Mon précieux carnet vert posé sur les genoux, un crayon de bois serré entre les doigts, je regardais défiler le paysage derrière le pare-brise. Je guettais les panneaux afin de confirmer à mon lièvre que le GPS ne nous égarait pas.

L’autoroute, toujours l’autoroute… Des camions. Encore des camions. Certains si immenses que ma carapace semblait soudain minuscule à côté d’eux. Les pneus ronflaient sur le goudron déjà tiède et cette odeur d’asphalte chaud annonçait les longs kilomètres de voyage.

Puis les Pyrénées sont apparues. Immenses. Boisées. Presque irréelles sous le ciel pâle. L’autoroute serpentait entre les montagnes, suspendue parfois sur de hauts viaducs, comme une fragile cicatrice tracée par l’homme au cœur de la roche.

Et moi, petite tortue derrière ma vitre, je regardais ce spectacle avec les yeux émerveillés d’un enfant.

Enfin, un panneau surgit : «Francia». Je crois que mon cœur a battu un peu plus fort.

Quelques kilomètres plus loin, les Landes nous accueillirent avec leur odeur reconnaissable entre mille : celle des pins chauffés par le soleil, des vacances et des longues promenades sous les aiguilles sèches. La route s’enfonçait désormais sous une cathédrale de verdure où la lumière jouait avec les feuillages.

Et nous voici enfin arrivés à Capbreton, dans les Landes.

Ma carapace va pouvoir se reposer quelques jours sous les pins en écoutant le bruissement des vagues qui me manquaient tant, pendant que moi, fidèle tortue au carnet vert, je continuerai de remplir mes pages d’odeurs, de lumière, de souvenirs… et de petites aventures à venir.

Mais tout cela n’est encore qu’une esquisse. Une simple toile préparatoire seulement. Car la véritable galerie prendra vie plus tard, dans mon roman… Je ne vais tout de même pas dévoiler toutes mes couleurs dès aujourd’hui.

***

«Le vrai voyageur ne sait pas où il va.»

Paul Morand (1888 – 1976), écrivain, diplomate et académicien français.

***

Voici le dernier quiz, il y a 8 indices. Vous pouvez indiquer autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées ! Attention, je me tairai sur vos réponses. Le résultat sera en ligne le 23 mai.

  1. Rare en Europe, on me trouve de façon industrielle en Suède ou en Finlande, et historiquement en Espagne.
  2. Je suis si malléable qu'une infime quantité de ma matière peut être étirée en un fil de plusieurs kilomètres.
  3. Ma structure atomique me rend quasi indestructible : je suis inoxydable et je résiste à presque tous les acides.
  4. J'ai longtemps servi de «langage silencieux» pour marquer l'appartenance aux classes sociales les plus privilégiées.
  5. Je nais dans les filons de quartz profonds avant d'être libéré par les mouvements tectoniques et l'érosion.

***







Enfin, la France !


Oh Paris est encore loin.
Mais... Je n'habite pas la capitale.

Les Landes

Nous sommes à Capbreton


La route est longue pour traverser l'Espagne

Mais où vas-tu ainsi, tu ne gardes pas des moutons...

À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !

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