Capbreton est réputée pour ses séjours iodés entre océan et pins maritimes, mais cette fois nous n’y faisons qu’une courte halte. Il faut dire que nous connaissons déjà bien la région pour l’avoir tant de fois parcourue à vélo à l’automne, les mollets chauffés par les longues pistes landaises et le parfum résineux des forêts nous accompagnant à chaque détour.
Quel bonheur pourtant de retrouver ici une chose toute simple : parler sans chercher ses mots au fond d’un dictionnaire invisible. Après des mois passés à jongler avec les langues étrangères, entendre autour de soi des conversations familières ressemble presque à des vacances.
Et puis il y a les amis de passage. Eux descendent vers le Sud pendant que nous remontons obstinément vers le Nord, comme deux courants migrateurs se croisant le temps d’une marée. Pendant que nous parlions lectures, écriture et souvenirs de voyage, les hommes faisaient s’entrechoquer leurs boules de pétanque dans un joyeux concert métallique sous le soleil landais.
Pour rejoindre le restaurant, il nous fallait franchir le Boudigau. Comme souvent, je me suis arrêtée quelques instants. Impossible de résister à cette rivière paisible glissant entre les pins et les herbes folles. Son eau sombre reflétait le ciel pâle tandis que quelques rides de vent froissaient doucement sa surface. Mon lièvre, lui, hésitait entre contempler le paysage et rejoindre rapidement le restaurant. Mais chez les lièvres, l’appel de l’estomac finit souvent par gagner la course.
Dans les rues de Capbreton, les vitrines lumineuses succédaient aux odeurs chaudes de boulangerie. Je n’ai d’ailleurs pas résisté à un petit haut bleu marine aperçu dans une boutique avant de rejoindre nos amis au restaurant «La Place».
Pendant que les garçons savouraient leur bœuf façon thaï et que mon amie dégustait des chipirons, je me régalais d’un filet de merlu accompagné d’une purée de pommes de terre délicieuse. Quant au fondant au chocolat dont je rêvais… des gourmands étaient passés avant moi. Je me suis donc consolée avec une généreuse gaufre nappée de chocolat.
Autour de nous, les verres tintaient, les conversations se mêlaient au frottement des chaises sur la terrasse ensoleillée, tandis que la jeune serveuse virevoltait entre les tables avec une gentillesse naturelle qui rendait l’instant encore plus agréable.
Finalement, ce déjeuner avait surtout le goût des retrouvailles et de ces moments simples que seuls les vrais amis savent encore offrir.
Nous resterons ici quelques jours encore, sous les pins et les cris des mouettes.
Puis dimanche, ma carapace reprendra doucement la route.
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«Voyager est un triple plaisir : l’attente, l’éblouissement et le souvenir.»
Ilka Chase (1905 – 1978), actrice
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Voici le dernier quiz, il y a 8 indices. Vous pouvez indiquer autant de solutions que vous souhaitez, elles ne sont pas limitées ! Attention, je me tairai sur vos réponses. Le résultat sera en ligne le 23 mai.
- Rare en Europe, on me trouve de façon industrielle en Suède ou en Finlande, et historiquement en Espagne.
- Je suis si malléable qu'une infime quantité de ma matière peut être étirée en un fil de plusieurs kilomètres.
- Ma structure atomique me rend quasi indestructible : je suis inoxydable et je résiste à presque tous les acides.
- J'ai longtemps servi de «langage silencieux» pour marquer l'appartenance aux classes sociales les plus privilégiées.
- Je nais dans les filons de quartz profonds avant d'être libéré par les mouvements tectoniques et l'érosion.
- Considéré comme la «chair des dieux», j'étais sculpté en masques funéraires pour garantir l'immortalité des rois.
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| Dans les rues de Capbreton |
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| Une belle vitrine |
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| Le Boudigau |
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| Mon filet de poisson sur un lit de purée de pommes de terre |
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| Plus de fondant au chocolat ! |
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| Tu pointes ou tu tires ? |
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| Regarde, j'ai vraiment aimé ce livre. |
À demain, pour de nouvelles aventures et découvertes !








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